Acquisition, agents IA, GEO, MCP et retour de l'humain : ce qui marche vraiment, ce qui est dangereux. Étude prospective du growth hacking et de la croissance numérique.
Le growth hacking n'est pas mort en 2026, mais son terrain a changé : la croissance se joue désormais autant auprès des machines (moteurs génératifs, agents, assistants) qu'auprès des humains. Les meilleurs growth hackers orchestrent des agents et réinvestissent ce que l'IA ne sait pas faire : la rencontre, la confiance, la lettre écrite à la main, la voix locale.

En bref
- Les trois growth hacks marquants de 2025-2026 sont des boucles de produit, pas des campagnes : la vague « Ghibli » de ChatGPT (1 million d'inscrits en une heure selon Sam Altman), la croissance « vibe coding » de Lovable et Cursor (Lovable a atteint 100 millions de dollars de revenu annuel récurrent (ARR) environ huit mois après son lancement, Cursor est passé de 100 millions en janvier 2025 à 500 millions en juin 2025, quasiment sans publicité) et l'explosion open source d'OpenClaw (plus de 100'000 étoiles GitHub et 2 millions de visiteurs en une semaine selon son billet de lancement du 29 janvier 2026, puis une crise de sécurité).
- Le canal de recherche se transforme en canal de citation : avec les AI Overviews (les résumés générés par IA en tête des résultats Google), le clic sur un résultat organique tombe de 15 % à 8 % des visites (Pew Research) et le taux de clic (CTR) de la position 1 baisse de 58 % (Ahrefs, février 2026). Il faut donc viser les requêtes courtes que les IA tapent elles-mêmes dans Google (le « fan-out »), être recommandé par des tiers plutôt que par soi-même (GEO, l'optimisation pour les moteurs génératifs), et rester utilisable par les agents (MCP, Agent Skills, WebMCP, protocoles de commerce agentique).
- Ma position : en 2026, un growth hacker doit (1) exposer son produit aux agents, (2) produire des données propriétaires citables, (3) réinvestir les canaux physiques et humains sous-exploités (événements, courrier manuscrit, radio locale), et (4) tracer des lignes rouges nettes sur les données volées, la manipulation et les ambassadeurs IA non déclarés, désormais encadrés par l'article 50 du règlement européen sur l'IA (AI Act), appliqué depuis le 2 août 2026.
Chaque section s'ouvre sur un « quick take », la leçon à retenir en quelques lignes, et se ferme sur ce qui attend dans la suivante. À partir de la section 8, les leviers sont appliqués à LEEZ, le cas pratique de ce guide.
Section 1
Introduction au growth hacking
Quick take
Je garde le mot « hacking », parce qu'il décrit une manière d'aborder un problème : le prendre dans son ensemble, le démonter, puis en trouver les failles. L'éthique fait le reste. Un hacker, c'est aussi quelqu'un qui travaille à la cybersécurité et à la protection des données. C'est cette méthode que ce guide applique à la croissance de 2026, des agents IA à la lettre manuscrite.
D'où vient le terme « growth hacking » ?
Le terme a été popularisé en 2010 par Sean Ellis, qui avait piloté la croissance précoce de Dropbox, pour décrire un profil dont « le vrai nord est la croissance ». Andrew Chen l'a ensuite diffusé en 2012 avec l'essai « Growth Hacker is the new VP Marketing ». L'idée fondatrice : dans une startup sans budget, la croissance ne vient pas d'abord des campagnes, mais de l'intersection entre produit, données et marketing.
Définition opérationnelle
Le growth hacking est une méthode d'expérimentation rapide et mesurée, appliquée à l'ensemble du parcours client, pour trouver les leviers de croissance les plus efficaces au coût le plus bas. Il se distingue du marketing classique sur trois points :
- Le périmètre : le marketing classique s'arrête souvent à l'acquisition et à la notoriété ; le growth couvre aussi l'activation, la rétention, la recommandation et le revenu, donc le produit lui-même.
- La méthode : hypothèse, test, mesure, itération, avec des cycles de quelques jours plutôt que des plans annuels.
- Le profil : un mélange de compétences techniques (code, données, automatisation) et de compréhension du comportement humain.
En 2026, je m'attends à un regain du growth hacking. Grâce aux IA, la création numérique est plus abordable que jamais : construire un produit n'est plus l'obstacle. L'acquisition, elle, reste un défi, et c'est là que la méthode redevient précieuse.
Le framework AARRR (« pirate metrics »)
Formalisé par Dave McClure en 2007, AARRR découpe le parcours en cinq étapes : Acquisition (comment les gens vous trouvent), Activation (la première expérience réussie, le « aha moment »), Rétention (ils reviennent), Referral (ils recommandent), Revenue (ils paient). En 2026, j'ajoute deux étages implicites : la découvrabilité par les machines (être cité par une IA ou appelé par un agent) avant l'acquisition, et la confiance comme condition transverse.
L'évolution jusqu'en 2026
- 2010-2015 : l'âge des hacks spectaculaires, étudiés comme des cas d'école : le parrainage de Dropbox, Airbnb et Craigslist, et avant eux la signature « PS: I love you » de Hotmail (1996).
- 2015-2020 : professionnalisation, équipes « growth », product-led growth, A/B testing industrialisé.
- 2020-2023 : saturation des canaux payants, hausse des coûts d'acquisition, fin des cookies tiers annoncée, durcissement du RGPD européen et de la loi suisse sur la protection des données (nLPD).
- 2024-2026 : l'IA générative fait chuter le coût d'expérimentation et de production de contenu, mais fait aussi chuter la valeur du contenu générique ; les moteurs deviennent des moteurs de réponse ; les agents deviennent des « utilisateurs » à part entière.
Pourquoi le terme est contesté
Le mot « hack » a mal vieilli : il évoque des raccourcis, parfois des pratiques limites (scraping sauvage, spam, dark patterns). Beaucoup d'entreprises parlent aujourd'hui de « growth marketing », « growth engineering » ou « lifecycle ». Je garde le terme pour la raison donnée en ouverture : il décrit un état d'esprit, trouver le levier asymétrique que les autres n'ont pas vu. À condition de l'assumer avec une éthique explicite : ce guide est construit sur cette ligne.
Trois coups récents montrent cet état d'esprit à l'œuvre. Le premier a commencé par de simples portraits façon dessin animé.
Section 2
Top 3 des growth hacks 2025-2026
Quick take
Les trois coups marquants de 2025-2026 ne sont pas des campagnes. Ce sont des produits qui se diffusent tout seuls : quand utiliser le produit, c'est déjà le montrer, l'acquisition ne coûte presque rien. Chacun rappelle aussi le prix d'une croissance trop rapide : le droit d'auteur, la rétention, la sécurité.
2.1 ChatGPT et la vague « Ghibli » : 1 million d'utilisateurs en une heure
Contexte. Fin mars 2025, OpenAI intègre la génération d'images native de GPT-4o dans ChatGPT. En quelques jours, les réseaux sociaux se remplissent de portraits dans le style du Studio Ghibli.
La mécanique. Une fonctionnalité qui transforme une donnée personnelle (votre photo) en un objet partageable, reconnaissable et flatteur. Chaque image publiée est une publicité pour l'outil, avec une signature visuelle identifiable instantanément. Le coût marginal d'acquisition est quasi nul : l'utilisateur est le média.
Les chiffres. Le 31 mars 2025, Sam Altman écrit sur X qu'au lancement de ChatGPT, 26 mois plus tôt, l'outil avait gagné un million d'utilisateurs en cinq jours, et qu'il venait d'en gagner un million en une heure. Reuters, citant Similarweb, rapporte que les utilisateurs actifs hebdomadaires moyens ont dépassé pour la première fois de l'année la barre des 150 millions, et, selon Sensor Tower, que les téléchargements de l'application ont progressé de 11 % sur une semaine. OpenAI revendiquait alors environ 500 millions d'utilisateurs hebdomadaires. Altman a dû demander publiquement aux utilisateurs de se calmer parce que les GPU « fondaient ».
Pourquoi ça a marché. Trois ingrédients : un résultat immédiatement montrable (identité visuelle), une esthétique partagée qui crée un effet de tendance, et une friction nulle (gratuit, dans un outil déjà installé). C'est la boucle virale parfaite : utiliser = partager.
La part d'ombre. L'esthétique empruntée à un studio dont le fondateur est connu pour son hostilité à l'art généré a ouvert un débat sur le droit d'auteur, que les décisions européennes de fin 2025 (voir section 20) rendent encore plus sensible.
Ce qu'on peut répliquer. Concevez une fonctionnalité dont le résultat est un artefact partageable et identifiable (une carte, un score, un portrait, un bilan annuel). Mesurez le « share rate » par utilisateur activé, pas les impressions. Et vérifiez la légalité du style ou des contenus que votre fonctionnalité imite.
2.2 Lovable et Cursor : la croissance « vibe coding » sans publicité
Contexte. Le « vibe coding » (décrire en langage naturel l'application qu'on veut et laisser une IA l'écrire) est la catégorie logicielle à la croissance la plus rapide de l'histoire récente.
Les chiffres.
- Lovable (Stockholm) a levé 200 millions de dollars en juillet 2025 à 1,8 milliard de valorisation, atteint environ 100 millions de dollars d'ARR environ huit mois après son lancement, puis 200 millions d'ARR en novembre 2025 selon Bloomberg, avant une Série B de 330 millions à 6,6 milliards de valorisation en décembre 2025 (TechCrunch). L'entreprise disait approcher 8 millions d'utilisateurs en novembre 2025.
- Cursor (Anysphere) est passé de 100 millions d'ARR en janvier 2025 à 500 millions en juin, 1 milliard en novembre 2025, puis plus de 2 milliards début 2026 selon Bloomberg et TechCrunch.
La mécanique. Une boucle produit où chaque utilisateur crée un artefact public (une application, un site, un dépôt) qui démontre la valeur de l'outil. Selon Bloomberg, cité par Entrepreneur (avril 2025), Cursor est devenu en janvier 2025 le produit le plus rapide à atteindre 100 millions d'ARR sans dépenser un centime en marketing, la quasi-totalité du chiffre d'affaires venant alors de particuliers, porté par le bouche-à-oreille des développeurs sur X, Reddit, Hacker News et YouTube. Le freemium à crédits crée une conversion naturelle : on paie quand on est déjà en train de construire.
Pourquoi ça a marché. Le « time-to-wow » se compte en minutes ; la démonstration se fait en public ; la communauté de créateurs devient le canal d'acquisition.
Les limites. Selon des analystes de Barclays cités par TechCrunch (novembre 2025), le trafic de Lovable avait reculé de 40 % en septembre 2025 et celui de v0 (Vercel) de 64 % depuis mai, rappel que la rétention reste le vrai juge. Les valorisations à plus de 30 fois l'ARR sont des paris, pas des faits.
Ce qu'on peut répliquer. Réduisez le délai jusqu'à la première réussite à moins de cinq minutes ; faites de chaque création d'utilisateur une vitrine publique (badge, galerie, lien partageable) ; mesurez la rétention par cohorte avant de célébrer l'acquisition.
2.3 OpenClaw et Moltbook : la viralité open source et son revers
Contexte. OpenClaw est un agent IA personnel open source, hébergé localement, piloté via des messageries (WhatsApp, Telegram, Signal, Discord), créé par Peter Steinberger fin 2025. Il a changé deux fois de nom en quelques jours (Clawdbot, puis Moltbot le 27 janvier 2026 après une plainte en contrefaçon de marque d'Anthropic, puis OpenClaw quelques jours plus tard).
Les chiffres. Selon le billet de lancement d'OpenClaw du 29 janvier 2026, le dépôt avait déjà dépassé 100'000 étoiles GitHub et attiré 2 millions de visiteurs en une seule semaine ; il comptait 247'000 étoiles et 47'700 forks au 2 mars 2026. Moltbook, un réseau social réservé aux agents lancé le 30 janvier 2026, revendiquait 1,4 million d'agents actifs début février. Le 15 février 2026, Steinberger a rejoint OpenAI et le projet est passé sous une fondation indépendante.
La mécanique. Une combinaison rare : une promesse tangible (« un assistant qui agit pour vous via WhatsApp »), un récit feuilletonnant (les changements de nom, le conflit de marque), et un spectacle public (Moltbook, où les humains ne peuvent qu'observer des agents discuter). Chaque rebondissement relançait l'attention.
Le revers. En quelques semaines, une faille d'exécution de code à distance (CVE-2026-25253), des dizaines de milliers d'instances exposées sur Internet (Censys en a compté plus de 21'000 fin janvier) et des extensions malveillantes dans son marketplace de « skills ». En mars 2026, les autorités chinoises ont restreint son usage dans les entreprises publiques.
Pourquoi c'est un cas d'école. Il montre la puissance d'un récit sériel et d'une communauté de développeurs, mais aussi que la croissance sans sécurité détruit la confiance des entreprises en quelques jours.
Ce qu'on peut répliquer. Feuilletonnez votre lancement ; donnez à voir le produit en action (un « spectacle » public) ; et budgétez la sécurité avant le pic, pas après.
Ces trois coups ont l'air d'accidents heureux. On peut pourtant en provoquer de plus modestes avec méthode, et cette méthode tient en une boucle de trois temps.
Section 3
La mécanique en un graphique : idéation, expérimentation, analyse
Quick take
La croissance ne naît pas d'une bonne idée, mais d'une boucle : une hypothèse, un test, une mesure, puis l'hypothèse suivante. Une seule métrique arbitre ce qui mérite d'être testé. La boucle n'a rien de magique : elle oblige à mesurer avant de croire.

La boucle se lit dans le sens des flèches : chaque analyse produit un apprentissage qui devient l'hypothèse suivante, et la métrique North Star, l'indicateur unique qui résume la valeur livrée aux clients, arbitre ce qui mérite d'être testé.
Les corps de métier à connaître
| Pan | Compétences / métiers | Rôle concret |
|---|---|---|
| Idéation | Psychologie comportementale, recherche utilisateur (interviews, jobs-to-be-done), copywriting, product management, veille concurrentielle et technologique, analyse de données qualitatives, connaissance juridique de base | Formuler des hypothèses fortes et priorisées (par exemple avec ICE : impact, confiance, facilité) |
| Expérimentation | Développement (TypeScript, Python), no-code/low-code, automatisation (n8n, Make, Zapier), design UX/UI, CRO (optimisation de conversion), media buying, email/CRM, rédaction de prompts et orchestration d'agents | Construire vite le test minimal, dans le respect du droit |
| Analyse | Data analyse, statistiques (significativité, puissance, biais), tracking et tag management, attribution et modélisation marketing (MMM), SQL, BI (Looker Studio, Metabase, Power BI), conformité des données | Décider : garder, tuer ou itérer |
Mon conseil : personne ne maîtrise tout. Un bon growth hacker est expert dans un pan, solide dans un deuxième, et sait parler au troisième. En 2026, les agents IA comblent une partie des trous techniques, ce qui rend le jugement et l'idéation plus déterminants.
Une précision qui change l'état d'esprit : la plupart des expériences échouent. Chez Microsoft, environ un tiers des idées testées améliorent la métrique visée ; chez Bing, 15 % ; chez Booking.com, 10 %, selon les chiffres rassemblés par Ronny Kohavi. Un taux d'échec élevé est normal, et un taux de succès trop beau signale souvent des tests trop prudents ou des faux positifs.
Quick take
La plupart des tests échouent, et c'est normal. Je ne cherche donc pas à avoir raison à chaque fois : je construis un environnement où tester une hypothèse coûte peu. En 2026, l'IA fait tomber ce coût : celui qui teste le plus a le plus de chances de débloquer un relais de croissance inédit.
Une boucle se juge sur le terrain. Le mien a commencé avec une plateforme d'enchères qui perdait son public, et un passeport à burgers.
Section 4
Application : Cronodeal SA et Burgerpass
Quick take
Une place de marché qui perd son audience ne se relance pas par la publicité, mais par un produit d'appel que sa communauté a envie de posséder. Chez Cronodeal, c'était un passeport à burgers : 1'100 exemplaires vendus en 24 heures. En 2026, un objet physique, local et collectionnable reste un levier que l'IA ne banalise pas.

Le problème : ni clients, ni produits
Cronodeal était une plateforme suisse d'enchères inversées, créée fin 2013 par Alessandro Soldati à Bussigny (VD) et inspirée de la bourse aux fleurs d'Aalsmeer, aux Pays-Bas : le prix d'un produit baissait au fil du temps, jusqu'à ce qu'un acheteur se décide. J'y ai travaillé de 2015 à 2017 comme associé, en charge de la croissance de la place de marché.
À mon arrivée, nous avions le problème typique des places de marché : pas assez de clients pour obtenir de bons produits, et pas assez de bons produits pour attirer des clients. Selon PME, la plateforme avait connu des pics de 20'000 utilisateurs uniques par jour à son lancement ; quatre mois plus tard, il ne restait que 500 visiteurs très fidèles. 24 heures évoquait de son côté 17'000 utilisateurs conquis.
La méthode : idéation, analyse, MVP
Je sortais du programme marketing et innovation de la HES-SO, mis sur pied par Nathalie Nyffeler. J'en ai appliqué les étapes de la création de produit : idéation, analyse, puis MVP (produit minimum viable). L'idée retenue surfait sur la vague des burgers gourmets de l'époque, lancée par Holy Cow en 2009 à Lausanne.
Le produit : un passeport pour les burgers gourmets
Le principe du Burgerpass tenait en une ligne : chez chaque restaurant partenaire, deux burgers pour le prix d'un, le reste de l'addition à la charge du client.
C'était aussi un moyen simple de promouvoir les produits locaux. Nous n'acceptions que des restaurants qui servaient des burgers gourmets, c'est-à-dire qui se fournissaient chez le boucher, le maraîcher, le fromager et le boulanger.
Le lancement : un prix fixé par les enchères
Six mois plus tard, je tenais le premier Burgerpass entre mes mains. Deux semaines après, nous le mettions en vente sur Cronodeal, pour que les enchères inversées fixent son prix : 1'100 exemplaires vendus en 24 heures, à 58 francs en moyenne. C'était le début d'un renouveau pour Cronodeal, et de cinq éditions annuelles pour le Burgerpass.
La presse a documenté la suite. Selon Largeur, le Burgerpass a été conçu comme une solution de growth hacking pour contrer des ventes en stagnation, en renforçant la communauté autour du site. Une campagne de financement participatif sur wemakeit a récolté un peu plus de 4'600 francs. La communauté a atteint environ 4'500 personnes selon le programme de l'événement « Business Ideas » de la HES-SO Valais, et environ 50 établissements partenaires pour la quatrième édition selon PME, qui indiquait un chiffre d'affaires de 450'000 francs pour Cronodeal en 2016. Le projet a été repris par Michael Dusong le 13 mai 2019. Le modèle a été décliné en Escapegamepass (31 escape games affiliés, 327 équipes lors du championnat suisse), revendu depuis au Groupement des escape games romands.
Ce que j'en retiens : le Burgerpass est un cas de « communauté comme produit d'appel », un objet physique, local et collectionnable qui crée du trafic récurrent vers une plateforme qui en manquait. C'est exactement le type de levier que l'IA ne banalise pas (voir sections 22 et 33).
Un burger se vend presque tout seul. Le cas suivant est l'inverse : un service dont personne ne veut entendre parler, parce qu'il traite de la mort.
Section 5
Application : Tooyoo SA
Quick take
Un sujet dont personne ne veut parler ne se vend pas par la publicité. Il se diffuse par un outil utile et gratuit, et par une voix qui ose l'aborder là où on ne l'attend pas. Chez Tooyoo, qui traite des dernières volontés, cela a donné plus de 100'000 documents téléchargés et des publications LinkedIn vues plusieurs millions de fois.

Le problème : un sujet dont personne ne veut parler
Tooyoo est une plateforme numérique suisse qui permet de documenter ses dernières volontés (directives anticipées, don d'organes, gestion des comptes en ligne, éléments de succession) et de les transmettre de manière sécurisée à ses proches après le décès. Initiée par La Mobilière (Mobilière Services SA) et développée à l'EPFL Innovation Park, elle a été lancée fin juillet 2017 en français, allemand et anglais. Elle a remporté le Gold Award Innovation au Best of Swiss Web 2018.
J'ai rejoint la cellule d'innovation de La Mobilière en mars 2018 pour travailler sur Tooyoo, avec le titre de « Digital Happyender in Chief » ; le cofondateur Ralph Rimet portait celui d'« Executive Happyender in Chief ». Notre réponse a été un moteur de croissance complet, qui a permis d'acquérir des milliers d'utilisateurs.
Le papier d'abord
Nous avons lancé des campagnes qui invitaient à télécharger et à imprimer les documents importants, afin de diffuser la marque auprès des personnes âgées. Résultat : plus de 100'000 téléchargements de mandats pour cause d'inaptitude, de directives anticipées et de testaments. Le logiciel s'est d'abord fait connaître par le papier.
Un tabou brisé sur LinkedIn
L'autre campagne passait par le profil LinkedIn d'Anna Aker, Chief Ambassador Officer de Tooyoo, et ses plus de 10'000 abonnés. La fin de vie est un sujet délicat ; nous l'avons abordé dans un cadre professionnel. Certains posts ont atteint plusieurs millions de vues : ils brisaient un tabou dans un environnement qui n'attendait pas ce type de publication.
Les résultats
La plateforme a dépassé 20'000 membres en 2019. La solution est aujourd'hui distribuée par le Groupe Mutuel dans toute la Suisse. La société a été reprise par ses cadres en 2023 (MBO) : Ralph Rimet en est toujours le CEO et l'un des associés, avec les autres cadres du projet de l'époque.
Ce que j'en retiens : les produits « à faible fréquence et forte charge émotionnelle » croissent par les tiers de confiance (assureurs, notaires, médias) et par le contenu utile, bien plus que par la publicité directe. En 2026, c'est aussi un candidat idéal au GEO : les questions du type « comment rédiger des directives anticipées en Suisse » se posent aux assistants IA.
Tooyoo avait au moins un public qui se savait concerné. Chez Tayo, personne ne demandait rien.
Section 6
Application : Tayo SA
Quick take
À un secteur qui ne demande rien, on ne vend pas un logiciel : on devient le média qu'il regarde. Chez Tayo, une websérie tournée dans les bureaux des clients a touché 1,2 million de personnes. En 2026, ce contenu fait de vrais visages est celui que l'IA ne sait pas fabriquer de façon crédible.

Le problème : un secteur qui ne demandait rien
Tayo (Tayo Software SA) est une start-up romande, créée par Etienne Friedli et Claude Frey, qui édite une solution cloud de gestion technique du patrimoine immobilier, reliant régies, locataires, concierges et fournisseurs sur une même plateforme. J'en étais le Head of Growth. Retraites Populaires a annoncé un partenariat avec Tayo pour digitaliser entièrement la gestion technique de son parc locatif.
Le moteur : un média complet
Notre réponse a été la création d'un média complet : Tayo Tayo, « Le Média Immo », le moteur de croissance de Tayo SA. Il a permis d'atteindre plus d'un million de Suisses sur LinkedIn, dont des milliers de professionnels de l'immobilier. La série « Moteur! » et l'œuvre « Rohr Kreuz 01 » en sont issues.
La série « Moteur! »
J'ai réalisé la websérie « Moteur! », tournée directement dans les bureaux des directeurs de gérances, nos clients. Elle a touché 1'200'000 personnes à elle seule.
Autre production de Tayo Tayo : l'œuvre « Rohr Kreuz 01 », créée avec le Studio Raphaël Lutz pour illustrer le code source de Tayo. Elle a été présentée en exclusivité à IMMO22. Le 22 février 2022, je l'ai présentée sur Product Hunt, où elle a pris la 30e place mondiale du jour, toutes catégories confondues, et la 1re en design (79 votes). Un documentaire lui est consacré.
Ce que j'en retiens : en B2B de niche, le contenu « humain » (série vidéo avec des clients réels, objet d'art) crée de la preuve sociale que l'IA ne peut pas fabriquer de façon crédible. C'est un actif média (section 26) autant qu'un actif commercial.
Ces trois cas appartiennent au passé. Pour mettre les leviers de 2026 à l'épreuve, il me fallait un terrain d'aujourd'hui, et le plus exigeant possible.
Section 7
LEEZ : le cas fil rouge de ce guide
Quick take
Pour éprouver une tactique de croissance, je la teste sur le terrain le plus dur : une place de marché. Deux publics aux intérêts opposés au départ, qui doivent se rejoindre en tout point ; un achat unique ; et le risque que chacun se passe d'elle après la mise en relation. C'est pourquoi LEEZ, place de marché suisse de la transmission d'entreprises, sert de cas pratique à ce guide.

Le but
Tout ce que LEEZ entreprend sert un seul but : permettre à des milliers d'entrepreneurs suisses de prendre leur retraite sereinement, et offrir à une nouvelle génération l'occasion de reprendre leurs entreprises pour les faire durer.
L'enjeu dépasse la plateforme. Les PME forment plus de 99 % des entreprises du pays et fournissent deux tiers de ses emplois, selon l'Office fédéral de la statistique. Quand une PME saine ferme faute de repreneur, des emplois, un savoir-faire et des clients disparaissent avec elle. Quand elle est transmise, elle garde tout cela, et l'avance qu'elle avait sur ses concurrents.
Les chiffres donnent la mesure. Plus d'une PME suisse sur six cherche aujourd'hui un successeur, selon le président de la faîtière suisse de la succession d'entreprise. Environ un tiers des successions échouent, d'après la plateforme KMU Next, et la Banque cantonale de Zurich estime qu'un tiers des PME sont liquidées au moment de régler leur succession. Pourtant, une entreprise reprise tient mieux qu'une entreprise créée : plus de 95 % sont encore actives cinq ans après, contre moins d'une création sur deux, selon le Centre Patronal.
C'est tout cela que LEEZ aspire à améliorer. Derrière ces chiffres, il y a des milliers de Suisses qui ont consacré des pans entiers de leur vie à leur entreprise. Ce travail mérite le respect : celui de ne pas le laisser s'éteindre faute de repreneur.
Ce qu'est LEEZ
LEEZ (leez.ch) est une place de marché suisse de la transmission d'entreprises. Elle met en relation des patrons de PME qui veulent céder leur société et des repreneurs, avec les experts qui les accompagnent. Elle a été fondée par quatre entrepreneurs suisses qui ont chacun créé, développé puis transmis leur PME, et qui avaient constaté combien l'exercice était complexe et peu visible.
Ce qu'elle fait
| Pour qui | Ce que LEEZ apporte |
|---|---|
| Le cédant | Une estimation gratuite en cinq minutes, une annonce anonymisée dont la localisation s'arrête au canton, une data room sécurisée (un espace de documents à accès contrôlé) |
| Le repreneur | Des annonces triées par canton, secteur et budget, après vérification de son identité et signature en ligne d'un accord de confidentialité |
| Les experts (fiduciaires, courtiers, avocats) | Un annuaire, et un outil commun pour suivre les dossiers |
Début octobre 2026, le site affiche environ 3'300 entreprises à vendre dans 25 cantons, plus de 300 repreneurs inscrits et quatre langues.
Ce qu'elle veut devenir
L'ambition affichée par LEEZ tient en trois points : donner plus de visibilité aux entreprises qui cherchent un successeur, rassembler tout l'écosystème sur une seule plateforme, et offrir aux cédants, aux repreneurs et aux intermédiaires un outil simple, structuré et sûr. Le but est de devenir l'acteur de référence de la transmission en Suisse. LEEZ chiffre l'enjeu ainsi : plus de la moitié des dirigeants suisses ont plus de 55 ans, et environ 75'000 entreprises, soit quelque 400'000 emplois, devront changer de mains d'ici 2030. D'autres estimations existent : Dun & Bradstreet recensait 90'667 PME en besoin de succession en 2025.
Ma lecture, côté croissance : passer du site d'annonces à l'infrastructure de la transmission. Celle que les IA citent, et dont les données font référence.
Qui affiche le plus d'entreprises à vendre : le classement des plateformes
Pour situer LEEZ, j'ai compté les entreprises à remettre affichées sur chaque plateforme d'achat et de vente. Voici les dix plus gros stocks d'annonces que j'ai trouvés, relevés sur les sites le 5 octobre 2026. Je n'ai retenu que les plateformes qui publient leurs propres annonces, pas les agrégateurs qui reprennent celles des autres.
| Rang | Plateforme | Pays | Entreprises à vendre affichées |
|---|---|---|---|
| 1 | CessionPME | France | 62'187 |
| 2 | BusinessesForSale.com | Royaume-Uni, portée mondiale | 51'906 |
| 3 | BizBuySell | États-Unis | Environ 42'000 |
| 4 | Place des Commerces | France | 35'456 |
| 5 | BusinessBroker.net | États-Unis | Plus de 28'000 |
| 6 | RightBiz | Royaume-Uni | 19'640 |
| 7 | DealStream | États-Unis, portée mondiale | 17'438 |
| 8 | IndiaBizForSale | Inde | 17'013 |
| 9 | SEEK Business | Australie | 16'392 |
| 10 | CommercialRealEstate.com.au | Australie | 15'279 |
Ce classement se lit avec quatre réserves.
- Une annonce n'est pas une PME. Les plus gros stocks sont faits de fonds de commerce, de cafés et de restaurants. Sur CessionPME, la rubrique des entreprises à reprendre compte 3'361 annonces, contre 58'826 pour les commerces.
- Les mêmes annonces circulent d'un site à l'autre. Un courtier publie le même mandat sur plusieurs plateformes. Ces stocks ne s'additionnent pas.
- Les compteurs ne mesurent pas la même chose. Certains incluent des franchises à créer, des murs ou des recherches d'investisseurs. Trois chiffres sont des calculs de ma part à partir des compteurs des sites : CessionPME, BizBuySell et Place des Commerces.
- Le stock bouge d'heure en heure. BusinessesForSale.com a affiché 51'879, 51'906 puis 51'949 annonces dans la même journée.
Juste sous le top 10, on trouve Bsale en Australie (13'595 annonces) et Daltons Business au Royaume-Uni (13'208). Au Japon, BATONZ revendique plus de 10'000 dossiers en ligne.
Hors classement, les agrégateurs affichent davantage : Kumo en affiche 101'453 et la Bourse de la transmission de Bpifrance 42'054. Les bourses centrées sur les PME sont bien plus petites : 6'387 offres sur nexxt-change en Allemagne, 2'008 sur Fusacq en France, 1'189 sur Brookz aux Pays-Bas.
Le classement suisse
J'ai fait le même relevé en Suisse le 5 octobre 2026, sur les places de marché et sur les courtiers qui publient leur catalogue en ligne.
| Rang | Plateforme | Type | Entreprises à remettre affichées |
|---|---|---|---|
| 1 | LEEZ | Place de marché | 3'306 |
| 2 | Remicom | Réseau de courtiers | Environ 1'000 |
| 3 | Firm4sale | Place de marché | 390 |
| 4 | Capital First | Courtier | 365 |
| 5 | Nachfolgeportal | Place de marché | 351 |
| 6 | Firmo | Place de marché | 307 |
| 7 | companymarket.ch | Place de marché | 268 |
| 8 | Relève PME | Place de marché romande | Plus de 160 |
| 9 | Business Broker AG | Courtier | 59 |
| 10 | Nachfolger-Börse | Courtier | Environ 47 |
Les plateformes étrangères pèsent peu en Suisse : 73 annonces suisses sur DealStream, 17 sur BusinessesForSale.com.
Les réserves du classement mondial valent ici aussi. Trois chiffres ne sont pas des compteurs lus tels quels : ceux de Remicom et de Nachfolger-Börse sont des estimations, celui de Relève PME vient d'une présentation.
Ma lecture : LEEZ affiche le plus gros stock du pays, plus de huit fois celui de la deuxième place de marché. C'est un chiffre que personne d'autre ne peut publier, donc une raison d'être cité. Mais un stock ne dit pas ce qui se vend : aucune place de marché suisse ne publie de nombre de transmissions abouties. La première qui le fera tiendra le chiffre que la presse et les assistants IA reprendront.
Pourquoi une place de marché est le cas le plus exigeant
| Difficulté | Ce que cela veut dire | Chez LEEZ |
|---|---|---|
| Deux publics à convaincre en même temps | Sans annonces, pas de repreneurs ; sans repreneurs, pas d'annonces | Environ 3'300 annonces pour un peu plus de 300 repreneurs : le côté difficile est la demande qualifiée |
| Des intérêts divergents | Le cédant veut un bon prix, de la discrétion et peu de dérangement. Le repreneur veut un prix bas, de l'information et de la vitesse | L'anonymat et l'accord de confidentialité servent d'arbitre |
| Un troisième public | Les intermédiaires peuvent être des partenaires ou des concurrents | Fiduciaires et courtiers apportent des dossiers, ou les gardent |
| La désintermédiation | Une fois mis en relation, les deux côtés n'ont plus besoin de la plateforme | La cession se conclut chez le notaire ou la fiduciaire, hors de LEEZ |
| Le détournement de trafic | Agrégateurs, moteurs, IA et concurrents reprennent les annonces et répondent à votre place | Les annonces de LEEZ peuvent être reprises ailleurs |
| Un achat unique, un cycle long | On vend son entreprise une fois, et cela prend des mois, souvent plus d'un an | La récurrence ne vient pas du client, elle vient des partenaires |
| La confiance | Faux acheteurs, annonces vides, identité qui fuite | La vérification d'identité et la qualité des annonces sont le produit |
Comment lire la suite
À partir d'ici, les leviers sont appliqués à LEEZ en deux temps. D'abord ce que le levier apporte au but : en quoi il aide un patron à transmettre, ou un repreneur à trouver. Ensuite ce que cela donne en pratique.
Je n'ai pas choisi ce cas par commodité. Une tactique qui fonctionne sur une place de marché, avec deux publics aux intérêts opposés qui doivent se rejoindre en tout point, fonctionnera sur un modèle plus simple. L'inverse n'est pas vrai.
Premier levier, et le plus puissant : celui qui a porté les trois hacks de la section 2. Reste à savoir s'il fonctionne dans un métier où personne ne partage rien.
Section 8
La croissance par le produit
Quick take
Le meilleur canal d'acquisition est un produit que l'on diffuse en s'en servant : c'est ce qui a porté les trois hacks de la section 2. Dans un métier confidentiel, où rien ne se partage en public, la boucle passe par les personnes que le processus oblige à faire venir : la contrepartie, les conseillers, les experts. C'est le pari de LEEZ.
Ce que les trois hacks ont en commun
| Cas | Ce que fait l'utilisateur | Ce que son usage produit | Qui cela attire |
|---|---|---|---|
| ChatGPT et la vague « Ghibli » | Il transforme sa photo | Une image reconnaissable, qu'il publie | Ses contacts, qui veulent la leur |
| Lovable et Cursor | Il décrit une application et l'obtient en quelques minutes | Une application ou un site public | D'autres créateurs, par le bouche-à-oreille |
| OpenClaw | Il installe un agent et le montre en action | Des démonstrations et un spectacle public | Les développeurs, puis la presse |
Dans chacun de ces trois cas, utiliser le produit, c'est déjà le diffuser.
Ce que veut dire « croissance par le produit »
L'expression traduit product-led growth, forgée en 2016 par Blake Bartlett, du fonds OpenView. Dans ce modèle, le produit fait lui-même le travail d'acquisition, d'activation et de fidélisation. Une croissance classique le confie à la publicité ou à une force de vente.
Trois conditions reviennent dans les cas qui marchent.
- Une valeur immédiate. L'utilisateur obtient un premier résultat en quelques minutes, sans parler à personne.
- Un usage qui en amène un autre. Chaque utilisation expose le produit à quelqu'un de nouveau : une image partagée, une invitation envoyée, ou une personne qui doit venir sur la plateforme pour répondre.
- Un parcours lisible. L'utilisateur sait où il en est, ce qui vient ensuite et ce que cela coûte.
Les limites
- La rétention reste le juge. Un produit qui se diffuse vite peut se vider aussi vite : le trafic de Lovable l'a montré (section 2).
- La confiance se perd en quelques jours. OpenClaw a grandi plus vite que sa sécurité, et les entreprises s'en sont détournées.
- Tout ne se partage pas. Un patron ne publiera jamais sur les réseaux qu'il vend son entreprise. Dans un métier confidentiel, la boucle ne passe pas par le partage public. Elle passe par les personnes que le processus oblige à faire venir : la contrepartie, les conseillers, les experts.
Mon conseil
Avant d'investir dans un canal, je pose trois questions au produit. Que reçoit l'utilisateur dans ses cinq premières minutes ? Qui d'autre doit venir sur le produit pour qu'il avance ? L'utilisateur sait-il où il en est, ce qui vient ensuite et ce que cela coûte ?
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Transmettre une entreprise coûte cher, en partie parce que le marché est opaque. Le cédant ne sait ni quelles étapes l'attendent, ni de quel expert il a besoin, ni ce que cet expert devrait coûter. Le repreneur non plus. Un outil qui rend le chemin lisible et qui met les experts en concurrence leur évite des frais importants, et laisse davantage de transmissions aller jusqu'au bout.
Les ordres de grandeur. Pour une vente de 15 millions de francs, il faut compter environ 300'000 francs de frais de transmission, soit 2 % du prix. Pour les plus petites transmissions, c'est en général 10 % du prix de vente final, avec un minimum de 15'000 francs, commission et frais compris. En proportion, la petite entreprise paie donc cinq fois plus que la grande.
Ces montants varient beaucoup selon le secteur, la complexité de la due diligence (l'audit approfondi de l'entreprise avant l'achat), le nombre d'employés et la préparation faite en amont par le cédant et le repreneur. Remettre son entreprise à un employé ou à ses directeurs allège la facture et l'accompagnement, parce qu'une bonne partie des connaissances est déjà entre les mains des repreneurs.
Ce que l'opacité coûte. Le guide de référence 2026 de LEEZ sur le financement de la reprise a relu 141 témoignages de cédants, de repreneurs, de banques, de courtiers et de fiscalistes. Quatre constats en ressortent.
- Les prix ne se publient pas. Aucune des fiches nominatives de banques, de garants et de courtiers consultées n'affiche un prix. Le cabinet Auditrium est l'un des rares à chiffrer la commission de succès d'un conseiller : souvent 2 à 5 % du prix pour une entreprise moyenne.
- Les délais sont longs. Vendre à un tiers prend cinq à dix-neuf mois dans les cas relus. Une transmission familiale dure plus de six ans en moyenne, selon la Banque cantonale de Zurich.
- Les erreurs se paient. Dans un cas publié par VZ, un cédant qui s'y est pris trop tard n'a plus pu racheter d'années de caisse de pension et a manqué près de 100'000 francs d'économies d'impôt. Dans une affaire jugée par le Tribunal fédéral (arrêt 4A_220/2013), une garantie donnée sur le carnet de commandes a coûté 1,39 million de francs au vendeur.
- Chacun ignore ce que l'autre accepterait. Deux tiers des cédants seraient prêts à financer une partie du prix, mais un repreneur sur huit seulement envisage de le demander, selon l'étude KMU Spiegel 2015 de la Haute école spécialisée de Saint-Gall.
Pourquoi cela marche sur une place de marché. La croissance par le produit suppose du volume, et une place de marché l'a : environ 3'300 entreprises affichées, plus de 300 repreneurs inscrits. Le volume amène les rencontres. Ce qui se joue ensuite, c'est l'expérience une fois le cédant et le repreneur mis en relation. C'est elle qui crée l'effet « wow », qui fait rester les deux parties et qui évite la désintermédiation.
Ce qui est déjà automatisé. Une partie du chemin se fait déjà sans papier ni rendez-vous. C'est utile dès la première étape : selon l'Observatoire BCV des entreprises 2025, une entreprise vaudoise à transmettre sur deux n'a pas encore estimé sa valeur.
| Étape | À la main | Sur LEEZ aujourd'hui |
|---|---|---|
| Estimer l'entreprise | Un rendez-vous et un mandat d'évaluation | Une fourchette de valorisation en cinq minutes, avec un rapport d'estimation |
| Publier sans se dévoiler | Une annonce rédigée et diffusée par un intermédiaire | Une annonce anonymisée, localisée au canton |
| Écarter les curieux | Des appels et des vérifications au cas par cas | L'identité de chaque repreneur est vérifiée avant tout contact |
| Signer l'accord de confidentialité | Un document envoyé, imprimé, signé, scanné et renvoyé | L'accord se signe en ligne, avant l'accès au dossier complet |
| Partager les documents | Des pièces jointes envoyées par email | Une data room sécurisée |
| Suivre le marché | Des recherches répétées sur plusieurs sites | Des alertes par critères, sur des annonces mises à jour chaque heure |
L'accord de confidentialité montre ce que l'automatisation change. Dans une vente classique, c'est le premier ralentisseur : chaque repreneur intéressé reçoit un document, le signe à la main et le renvoie, et le cédant ou son courtier tient la liste de qui a signé quoi. Sur LEEZ, le repreneur vérifié signe en ligne. Chaque accès au dossier est ainsi rattaché à une identité contrôlée et à un accord signé. La confidentialité devient une étape du produit, et non plus une formalité entre deux emails.
Quatre langues. LEEZ fonctionne en français, en allemand, en italien et en anglais. Cela lui permet de couvrir toute la Suisse, de faire travailler ensemble un cédant romand et un repreneur alémanique, et d'attirer des capitaux étrangers pour les rachats plus importants.
En pratique. L'ambition de LEEZ est de construire le meilleur outil numérique de transmission de Suisse. Deux briques sont en développement.
- Un parcours personnalisé, visible des deux côtés. L'expérience s'adapte à la taille de l'entreprise, à sa forme juridique et à sa situation. La forme juridique change réellement le chemin : le 2e pilier, par exemple, peut financer la reprise d'une raison individuelle, pas l'achat direct des actions d'une SA. Le parcours complet est visible par le cédant comme par le repreneur. Chacun sait ce qu'il doit faire, ce que l'autre doit faire et à quel moment. Cela apporte de la clarté et de la certitude, à un moment où personne n'a envie de se tromper.
- Un outil d'appel d'offres, à chaque étape. Certaines étapes demandent une expertise précise, la due diligence par exemple. L'entrepreneur y publie son besoin, les experts branchés sur la plateforme répondent, et il choisit parmi plusieurs offres. L'appel d'offres est anonyme : l'identité du cédant ou du repreneur n'est dévoilée qu'au moment où il accepte une offre, pour garder une discrétion maximale.
Accompagné ou seul. Chaque partie choisit. Le cédant comme le repreneur peut se faire accompagner par un professionnel du début à la fin, ou mener sa transmission lui-même et lancer un appel d'offres seulement aux étapes où il a besoin d'un expert.
Moins de 500'000 francs : le même soin. Une PME de 15 millions a les moyens de s'entourer : un courtier, un avocat, un fiscaliste, et l'accès à des repreneurs choisis. Une entreprise qui vaut moins de 500'000 francs ne les a pas, et c'est elle qui paie le plus cher en proportion. C'est pourtant le cœur du marché : environ trois quarts des annonces affichées sur LEEZ demandent moins de 250'000 francs (section 16). LEEZ veut développer pour ces petites entreprises un produit qui leur donne une qualité de service et un accès aux repreneurs proches de ce qu'obtient une PME de 15 millions.
La boucle. Chaque dossier fait venir sur la plateforme sa contrepartie et ses conseillers. Chaque appel d'offres donne aux experts une raison de revenir, et d'y amener leurs propres clients. Plus les experts sont nombreux, plus le choix est large et les prix lisibles, ce qui attire de nouveaux cédants et de nouveaux repreneurs.
Cette boucle répond à deux difficultés décrites en section 7. La désintermédiation : le dossier reste sur LEEZ parce que ses étapes s'y déroulent. La récurrence : elle vient des experts, qui reviennent à chaque dossier.
Un parcours lisible ne suffit pourtant pas à conclure. Entre le repreneur décidé et la signature, il reste un obstacle qu'aucune annonce ne règle : l'argent. Pour le lever, il faut entrer dans le métier.
Section 9
Financer un rachat : comprendre les besoins
Quick take
On ne trouve un levier de croissance que dans un métier qu'on comprend en détail. Je cherche l'endroit où le parcours du client se bloque vraiment. Dans la transmission, ce n'est pas l'annonce qui manque, c'est le financement : les banques demandent au moins 30 % de fonds propres, et beaucoup de repreneurs ne les ont pas. LEEZ veut lever ce verrou, parce qu'un repreneur qui sait financer un rachat peut en financer un deuxième.
Pourquoi le financement bloque
Les banques demandent au moins 30 % de fonds propres, dont une part qui ne vient pas de la prévoyance. Beaucoup de repreneurs ne les ont pas. Selon une étude de la Banque cantonale de Bâle publiée en 2025, 37 % des PME du Nord-Ouest de la Suisse n'ont pas encore résolu le financement de leur succession. Aucun instrument ne suffit seul : une reprise se finance toujours par une combinaison.
Les repères de cette section viennent du guide de référence 2026 de LEEZ sur le financement de la reprise, qui décrit 22 méthodes. J'en retiens sept. Ce sont des ordres de grandeur, qui ne remplacent pas un conseil fiscal. L'EBITDA, qui revient souvent, est le résultat avant intérêts, impôts et amortissements.
Sept façons de réunir les fonds
| Méthode | Ce qu'elle apporte | Ordre de grandeur | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Fonds propres du repreneur | La base que la banque exige | Au moins 30 % du prix | Le patrimoine personnel est engagé |
| Crédit bancaire d'acquisition | La plus grande part du financement | 2 à 3 fois l'EBITDA, pour des reprises de 0,5 à 20 millions de francs | Les engagements pris envers la banque et la hausse des taux |
| Cautionnement | Une garantie qui décide la banque quand les sûretés manquent | Jusqu'à 1 million de francs par entreprise ; environ 1 % de frais d'étude, puis 1,25 % par an | Réservé aux PME viables |
| Crédit vendeur | Le cédant accepte d'être payé en partie plus tard | 10 à 30 % du prix | Sa créance passe après celle de la banque |
| Earn-out | Une part du prix dépend des résultats futurs | Transactions de 1 à 20 millions, surtout dans les services | Requalifié en salaire s'il rémunère le vendeur et non l'entreprise |
| 2e pilier du repreneur | Son épargne de prévoyance sert d'apport | Petites reprises, jusqu'à 2 millions environ | Possible seulement pour reprendre une raison individuelle, avec un blocage de cinq ans |
| Investisseurs | Des fonds propres extérieurs : private equity, search funds, family offices | 20 à 50 % de fonds propres ; search funds pour un EBITDA de 2 à 7 millions | La gouvernance et la sortie |
Comment se compose un montage
Pourquoi entrer dans ce détail dans un guide de croissance ? Parce qu'on ne trouve une faille que dans un système qu'on comprend. Un growth hacker qui connaît en profondeur le secteur, le terrain et le métier voit où le parcours se bloque vraiment, et c'est là qu'il agit. Sans méta-vision, c'est-à-dire sans vue d'ensemble du système, pas de hack possible : il ne reste que des tactiques posées au hasard.
Dans la grande majorité des reprises de PME suisses, le montage de référence est le même. Le vendeur cède des actions qu'il détient dans sa fortune privée, ce qui exonère en principe son gain en capital. L'acheteur les rachète par une holding d'acquisition, financée par environ 30 % de fonds propres, 50 à 70 % de dette bancaire et 10 à 30 % de crédit vendeur ou d'earn-out. Cette exonération tient à une condition : pendant cinq ans, la dette ne doit pas être remboursée avec les réserves non nécessaires à l'exploitation qui existaient au moment de la vente.
Les proportions changent avec la taille de la transaction.
| Taille | Véhicule | Composition indicative |
|---|---|---|
| Moins de 1 million | Raison individuelle ou petite holding | Fonds propres 15 %, 2e pilier 15 %, banque cautionnée 50 %, crédit vendeur 20 % |
| 1 à 5 millions | Holding d'acquisition | Fonds propres 30 %, banque 50 %, crédit vendeur 15 %, earn-out 5 % |
| 5 à 20 millions | Reprise par les cadres avec un investisseur | Cadres 10 %, investisseur 25 %, banque 45 %, crédit vendeur 10 %, earn-out 10 % |
| Plus de 20 millions | Private equity | Private equity 40 %, dette senior 40 %, mezzanine 10 %, réinvestissement du vendeur 10 % |
Un exemple chiffré : une PME valorisée 3 millions de francs, soit cinq fois son EBITDA de 600'000 francs. Le repreneur apporte 900'000 francs, la banque prête 1,8 million et le vendeur accorde un crédit de 300'000 francs. La dette bancaire se rembourse en six ans, à raison de 300'000 francs par an.
Le canton change la facture
Le canton n'interdit aucune méthode, mais il en modifie le coût. Dans l'exemple ci-dessus, l'impôt sur le bénéfice passe de 102'700 francs par an si l'entreprise est à Berne à 58'300 francs si elle est à Lucerne. Sur six ans, l'écart représente environ 266'000 francs, soit près de 15 % de la dette bancaire.
| Ce qui varie | Canton qui compte | Écart relevé en 2026 |
|---|---|---|
| Impôt sur le bénéfice de l'entreprise reprise | Siège de l'entreprise | 11,66 % à Lucerne, 20,54 % à Berne |
| Dividende versé au vendeur avant la vente | Domicile du vendeur | Imposable à 50 % ou jusqu'à 80 % selon le canton |
| Retrait de 500'000 francs du 2e pilier | Domicile du repreneur | 25'703 francs d'impôt en Appenzell Rhodes-Intérieures, 49'545 en Appenzell Rhodes-Extérieures |
| Transmission à un enfant | Domicile du cédant | Imposée dans les cantons de Vaud, Neuchâtel, Appenzell Rhodes-Intérieures, Lucerne et Soleure ; exonérée dans la plupart des autres |
| Droits de mutation sur l'immobilier | Lieu de l'immeuble | De 0 à 33 ‰ |
La retraite du cédant fait partie du montage
Le prix de vente est souvent le capital de retraite du cédant. Un bon montage regarde donc aussi ce qui lui reste après impôt, et cela se prépare jusqu'à dix ans à l'avance.
- Vendre des actions plutôt qu'une raison individuelle. Le gain sur des actions détenues à titre privé est en principe exonéré. La transformation en société anonyme doit avoir lieu au moins cinq ans avant la vente.
- Racheter des années de caisse de pension. Ces rachats se déduisent du revenu, à condition de ne pas retirer le capital dans les trois ans qui suivent.
- Sortir ce qui ne sert pas à l'exploitation. Séparer l'immobilier et la trésorerie excédentaire réduit le prix à financer pour le repreneur.
- Distribuer régulièrement plutôt que thésauriser.
Le bon montage concilie deux besoins : ce que le repreneur peut rembourser, et ce dont le cédant a besoin pour sa retraite.
Sur le terrain : ce que j'ai entendu à la Foire du Valais
Un bon growth hacker écume son secteur et l'observe. Il en rapporte des témoignages et des leçons, puis les transforme en réponses à des besoins, sous la forme d'un produit. Le 2 octobre 2026, j'ai suivi le Rendez-vous de la transmission d'entreprise à la Foire du Valais. Voici mes notes, et ce que j'en tire.
| Ce que j'ai entendu | Ce que j'en retiens | La réponse à apporter dans le produit |
|---|---|---|
| Dans un rachat par les cadres, le cédant craint les fonds de private equity. Il met le fonds et son management en concurrence, et veut être rassuré sur l'équipe. | Le cédant choisit un repreneur autant qu'un prix. | Présenter côte à côte plusieurs types de repreneurs : cadres, tiers, investisseurs. |
| La rencontre avec le repreneur ressemble à un entretien d'embauche. Il faut analyser l'entreprise et tout se dire. | La confiance se construit par étapes, et la transparence en est la condition. | Un parcours visible des deux côtés, où chaque étape dit ce que chacun doit montrer (section 8). |
| Autour de la table : un conseiller financier, un conseiller légal, et une agence de communication pour annoncer la vente. | Une transmission mobilise plusieurs métiers, y compris la communication, qu'on oublie souvent. | Un appel d'offres à chaque étape, communication comprise. |
| Il y a beaucoup d'émotion chez le cédant. Et une question revient : que faire après la transmission ? | La vente est aussi une affaire personnelle. | Un parcours qui ne s'arrête pas à la signature. |
| Selon Bastien Emery, de la Banque cantonale du Valais, la moitié des quelque 100'000 PME à transmettre n'ont rien préparé, et 42 % sont transmises aux enfants. | Le besoin commence bien avant la mise en vente. | Une estimation gratuite et un parcours ouverts dès les premières réflexions. |
| Toujours selon lui : commencer par les besoins de retraite du propriétaire, et financer la retraite sans traiter seulement la transmission. | Le montage part du cédant, pas de l'entreprise. | Intégrer la retraite du cédant au montage, comme décrit plus haut. |
| Les outils cités : crédit d'acquisition, crédit d'exploitation, leasing, holding d'acquisition. | Le repreneur doit financer l'achat, mais aussi l'exploitation. | Un montage qui couvre les deux besoins. |
| Si le salaire du propriétaire ne correspondait pas au marché, la caisse de compensation peut revenir sur les années passées lorsque des dividendes ont été versés. | Certains risques se cachent dans le passé de l'entreprise. | Une liste de points à vérifier avant la vente. |
| David Martinetti : on n'a pas toutes les cordes à son arc. Il faut s'entourer, chercher un autre regard et écouter ce qui s'est fait ailleurs. | Personne ne transmet seul, et les erreurs des autres sont instructives. | Donner accès aux experts et aux retours d'expérience. |
C'est ce type d'écoute qui nourrit un bon produit, comme ceux décrits dans cette section et dans la précédente.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Un repreneur qui a réussi un premier montage peut en réussir d'autres. Il devient multipreneur : un entrepreneur qui a racheté plusieurs entreprises. Chaque reprise financée en prépare une autre, et chaque cédant y gagne un acheteur de plus.
En pratique. Le parcours de transmission (section 8) a vocation à réunir ces paramètres au même endroit : la taille de l'entreprise, sa forme juridique, les cantons concernés, les fonds du repreneur et les besoins de retraite du cédant. L'objectif est d'optimiser l'ensemble, et pas chaque élément séparément.
Une IA propre à LEEZ. Une intelligence artificielle entraînée sur les transmissions réalisées sur LEEZ affinera l'expérience à mesure que les dossiers aboutissent. Chaque transmission améliore les recommandations, ce qui amène d'autres transmissions.
Rien de tout cela ne se réalise sans volume. C'est pourquoi la suite de ce guide se concentre sur la croissance et l'acquisition. Et en 2026, toute acquisition commence par la même question : qu'est-ce que l'IA a vraiment changé ?
Section 10
Le growth hacking à l'heure de l'IA : le point complet
Quick take
En 2026, l'IA a rendu l'exécution presque gratuite : un prototype se construit en une journée, des dizaines de variantes en une heure. Ce qui devient rare, donc précieux, c'est la distribution et la confiance.
Ce que l'IA change, étape par étape
Acquisition. La recherche devient conversationnelle : les AI Overviews et les assistants répondent sans renvoyer de clic (voir section 15). Le contenu générique produit en masse par IA perd de la valeur ; les données originales, les avis d'experts et les mentions de marque en gagnent. Les agents de navigation et d'achat deviennent un nouveau « segment » à servir.
Activation. L'onboarding peut être personnalisé en temps réel par un assistant intégré ; le « time-to-value » se raccourcit. Lovable et Cursor (section 2) livrent leur premier résultat en quelques minutes.
Rétention. L'IA permet de détecter le churn (le départ des clients) plus tôt et d'automatiser des relances pertinentes ; mais les résumés IA dans les boîtes de réception réduisent la visibilité des emails (section 21).
Tests. On peut générer des dizaines de variantes de pages ou d'annonces en une heure. Le goulot d'étranglement devient le trafic disponible pour atteindre la significativité statistique, et le jugement pour choisir quoi tester.
Coût d'expérimentation. Un prototype qui demandait deux semaines de développement peut se construire en une journée avec Cursor, Claude Code ou Lovable. Conséquence : la vitesse n'est plus un avantage concurrentiel durable ; la distribution et la confiance le sont.
Outils de référence en 2026
- Construction : Cursor, Claude Code, Lovable, v0, Replit.
- Automatisation : n8n, Make, Zapier, et les agents capables d'appeler des serveurs MCP.
- Recherche et contenu : ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity, avec des Agent Skills pour standardiser les procédures.
- Mesure de visibilité IA : une nouvelle catégorie d'outils de suivi des citations dans les moteurs génératifs (section 15).
Les limites (à prendre au sérieux)
- Saturation : quand tout le monde peut produire, le contenu moyen devient du bruit.
- Confiance : la préférence des consommateurs pour le contenu de créateurs généré par IA est tombée de 60 % en 2023 à 26 % en 2025 (section 30).
- Réglementation : l'article 50 de l'AI Act impose depuis le 2 août 2026 de signaler les chatbots et les contenus synthétiques susceptibles de tromper (section 30).
- Coûts cachés : les appels aux modèles, les erreurs d'agents et la sécurité (le cas OpenClaw) ont un prix.
- Plateformes : Google, Meta et les places de marché ajustent sans cesse leurs règles contre le contenu de faible qualité et les automatisations abusives.
Mon verdict : l'IA est un multiplicateur, pas une stratégie. Elle multiplie un bon positionnement comme un mauvais.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Un patron qui songe à vendre veut d'abord un chiffre, sans s'exposer ni payer un expert. En rendant l'estimation immédiate, l'IA fait du premier pas une affaire de cinq minutes. C'est souvent ce qui sépare une retraite préparée d'une fermeture subie.
En pratique.
- L'estimation gratuite est le moment où le cédant reçoit quelque chose d'utile. C'est elle que l'IA doit accélérer et expliquer, pas la production d'annonces en série.
- Les annonces sont traduites en quatre langues, sous relecture humaine. Une PME romande peut ainsi trouver son repreneur à Zurich ou au Tessin.
- Une IA répond déjà à « combien vaut mon entreprise ? » sans passer par LEEZ. Il faut que sa réponse s'appuie sur une source sérieuse (section 16).
Si l'IA rédige, teste et répond à la place du site, à quoi sert encore un site ? À une seule chose, et les chiffres de 2026 la désignent.
Section 11
Comment on arrive encore sur un site en 2026
Quick take
On me demande si les gens vont encore sur les sites. Oui, mais ils y arrivent en dernier, pour agir, après avoir posé leur question à Google ou à une IA. Un site ne sert plus à être trouvé, il sert à conclure.

Mobile ou ordinateur
| Zone | Mobile | Ordinateur | Tablette |
|---|---|---|---|
| Monde | 58,99 % | 39,26 % | 1,76 % |
| Suisse | 46,59 % | 51,71 % | 1,70 % |
Part des pages vues en septembre 2026, selon StatCounter.
Trois lectures :
- La Suisse reste un pays d'ordinateur. C'est l'un des marchés où l'écran de bureau devance encore le téléphone, et l'écart se creuse en B2B, où les décisions se prennent au travail.
- Le mobile, c'est surtout des applications. L'essentiel du temps passé sur téléphone se déroule dans des apps, pas dans le navigateur. Un site mobile se consulte entre deux apps, vite, souvent depuis un lien reçu.
- Le mobile découvre, l'ordinateur conclut. Les benchmarks sectoriels donnent un taux de conversion deux à trois fois plus élevé sur ordinateur. C'est un ordre de grandeur, à mesurer dans vos propres statistiques.
Par où arrivent les visites
| Porte d'entrée | Ce que disent les chiffres | Ce que ça change |
|---|---|---|
| Recherche Google | 68 % des recherches américaines se terminent sans aucun clic (SparkToro et Similarweb, janvier à avril 2026). Sur 1'000 recherches, 276 clics vont vers le web ouvert, contre 374 en 2024 | Google reste la première source de visites, mais chaque position rapporte moins |
| Réponses IA dans Google | Les AI Overviews apparaissent sur plus de 20 % des recherches. AI Mode ne capte que 0,34 % des recherches, mais Google lui attribue plus d'un milliard d'utilisateurs mensuels | La réponse est lue sans visite : il faut y être cité |
| Assistants IA | ChatGPT représentait 0,32 % du trafic référent des sites en mai 2026, contre 0,23 % en avril (SE Ranking). Conductor mesure 1,08 % chez les grandes entreprises, dont l'essentiel vient de ChatGPT | Petit en volume, en forte hausse, et mieux qualifié : selon Adobe, ces visiteurs convertissaient 54 % mieux que les autres dans le commerce américain en mai 2026 |
| Accès direct | Une partie des visites venues d'une IA arrive sans référent et se range dans le trafic direct | La marque que l'on tape de mémoire redevient un canal de premier plan |
| Robots | 57,5 % des requêtes de pages web venaient de robots en juin 2026, selon Cloudflare. La mesure porte sur les pages HTML, pas sur tout Internet | Vos statistiques comptent des machines, et les IA lisent beaucoup plus de pages qu'elles ne renvoient de visiteurs |
Un détail compte pour la conception d'un site : selon SE Ranking, 60 % des visites envoyées par une IA arrivent sur la page d'accueil, contre 17 % pour la recherche classique. La page d'accueil redevient une page d'atterrissage.
En Suisse
Le Digimonitor 2026 de l'IGEM, fondé sur 1'957 personnes interrogées au printemps, donne la mesure locale.
- 80 % de la population utilise l'IA, contre 40 % en 2024.
- 77 % utilisent le mode IA des moteurs de recherche classiques.
- 57 % cherchent directement dans une plateforme d'IA, davantage que sur YouTube (34 %) ou les réseaux sociaux (28 %).
- ChatGPT touche 67 % de la population, soit 4,3 millions de personnes, dont 17 % chaque jour. Gemini suit à 32 %, Copilot à 30 %.
Ce que j'en conclus
- Le site n'est plus la première page lue, c'est la dernière. On y vient pour agir. Les pages d'action (estimation, devis, alerte, prise de contact) méritent plus de soin que le blog.
- Il faut gagner deux fois. Une première fois dans la réponse de Google ou de l'IA, pour être nommé. Une seconde sur le site, pour convertir celui qui a retenu le nom.
- La mesure change. Les sessions organiques baissent même quand la notoriété monte. Je suis les recherches de marque, le trafic direct, les citations par les IA, et je filtre les robots.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Le repreneur est souvent un salarié qui cherche le soir, sur son téléphone. Le cédant, lui, prépare un dossier lourd à son bureau. Si chacun trouve la plateforme sur l'écran qu'il utilise, aucune rencontre possible ne se perd pour une raison technique.
En pratique. C'est une hypothèse à tester : des alertes et des fiches d'annonce conçues pour le mobile, une estimation et un dépôt d'annonce conçus pour l'ordinateur. Et puisque 4,3 millions de personnes utilisent ChatGPT en Suisse, la question « comment vendre mon entreprise ? » se pose désormais à une IA avant de se poser à Google. Y être la réponse citée est l'objet de la section 16.
Le visiteur de 2026 arrive donc tard, et déjà renseigné. Reste à savoir quoi lui montrer, et à quel instant.
Section 12
Crédibilité d'une plateforme numérique : que montrer, à qui et à quel moment
Quick take
La confiance ne se décrète pas sur la page d'accueil. En 2026, le visiteur a déjà lu ce que Google ou une IA dit de moi : je distribue donc les preuves le long du parcours. La bonne preuve, au moment où le doute apparaît, vérifiable d'un clic.
Pourquoi c'est devenu décisif
- Le visiteur arrive pour vérifier. Il s'est déjà renseigné auprès de Google ou d'une IA (section 11). Le site doit confirmer, pas séduire.
- Ce que la marque dit d'elle-même pèse peu. Le baromètre de confiance 2026 d'Edelman conclut que la parole de tiers non rémunérés compte bien plus que celle de la marque.
- L'absence de preuve tierce éveille le soupçon. Dans une enquête 2026 de TrustedSite, 40 % des acheteurs disent se méfier d'un site inconnu qui n'affiche aucun indicateur de confiance vérifié par un tiers. TrustedSite vend ces badges : je retiens le sens, pas le chiffre.
- Les machines raisonnent de même. Les IA citent surtout des sources que la marque ne possède pas et ne paie pas (section 29).
Quoi montrer, à quel moment
| Moment | Le doute du visiteur | La preuve à montrer | À éviter |
|---|---|---|---|
| La première seconde, sur la page d'arrivée | Est-ce sérieux, est-ce pour moi ? | Une phrase claire, des chiffres datés, trois à cinq logos de partenaires institutionnels connus localement, chacun lié à la page du partenaire qui vous cite | Le mur de quarante logos, le logo sans autorisation |
| La découverte, sur les pages d'offre | Est-ce que ça marche pour des gens comme moi ? | Des cas datés et signés, des témoignages avec nom, fonction et entreprise, des avis hébergés sur une plateforme tierce | Les témoignages anonymes, les étoiles sans source |
| Avant de donner ses données | Que deviennent mes informations ? | À côté du bouton : qui verra quoi, où c'est hébergé, un lien vers la politique de confidentialité | Les badges décoratifs que n'importe qui peut coller |
| Avant de s'engager | Puis-je leur confier une affaire sérieuse ? | Une page sécurité : attestation d'audit à télécharger, certifications, sous-traitants, raison sociale, adresse, équipe | Le rapport d'audit complet en libre accès |
| Après l'action | Ai-je bien fait ? | Un récapitulatif, un interlocuteur nommé, la prochaine étape | Le silence |
Les logos de partenaires institutionnels
- Une autorisation écrite pour chaque logo.
- Le mot exact : « partenaire », « membre » et « soutenu par » ne disent pas la même chose, et la loi contre la concurrence déloyale (LCD) sanctionne l'indication trompeuse.
- Une preuve en miroir : le logo renvoie à la page où l'institution vous mentionne. Sans elle, le logo ne prouve rien.
- Le local d'abord : pour une PME romande, une chambre de commerce cantonale rassure plus qu'un média américain.
L'audit de sécurité à télécharger : oui, en deux niveaux
- En accès libre : une attestation ou un résumé du test d'intrusion (date, périmètre, prestataire, conclusion générale), les certifications obtenues, la liste des sous-traitants, une adresse pour signaler une faille.
- Sur demande, sous accord de confidentialité : le rapport complet. Publié tel quel, il sert de plan à un attaquant.
- Daté et renouvelé : un audit de 2023 affiché en 2026 dessert.
- Rien qu'on n'a pas : ni label, ni certification en cours présentée comme acquise.
En Suisse, l'hébergement dans le pays et des labels comme swiss made software ou le Swiss Digital Trust Label parlent aux clients locaux.
Le livre blanc et la feuille de route, façon web3, pour une solution web2
Les projets web3 publient un livre blanc, une feuille de route par trimestre et des audits de code parce qu'ils demandent de l'argent à des inconnus sans avoir d'historique. Le document compense l'absence de passé. La méthode a aussi produit ses excès : des feuilles de route jamais tenues et des livres blancs qui n'étaient que des brochures.
| Pratique web3 | Ce qu'on garde en web2 | Ce qu'on laisse |
|---|---|---|
| Le livre blanc | Un document de méthode : comment la plateforme fonctionne, comment elle calcule, comment elle protège les données, qui paie qui | Le jargon, les promesses de rendement, la brochure déguisée |
| La feuille de route publique | Trois colonnes sans dates (maintenant, ensuite, plus tard) et surtout un journal de ce qui a été livré | Les dates fermes, qui deviennent des engagements non tenus |
| Les audits publiés | L'attestation de sécurité décrite plus haut | — |
| La gouvernance par la communauté | Un tableau où les utilisateurs votent pour les prochaines fonctions | Le jeton |
Mon avis : pour une plateforme qui traite des affaires sérieuses, le livre blanc de méthode est pertinent, parce qu'il sert trois lecteurs à la fois : le client qui vérifie, le journaliste qui cherche une source, et l'IA qui cherche un texte à citer. Le journal des livraisons vaut plus que la feuille de route : il prouve qu'on avance, là où la feuille de route promet. Une feuille de route publique renseigne aussi les concurrents, et chaque retard se voit.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Vendre l'entreprise d'une vie demande une confiance totale. Au moindre doute, le patron renonce, repousse, et finit parfois par fermer. Chaque preuve placée au bon moment retire une raison de renoncer.
En pratique.
- Sur l'accueil : un compteur d'annonces daté, et les logos des associations professionnelles à mesure que les partenariats se signent.
- Avant l'estimation : une phrase sur l'anonymat, qui dit ce qu'un repreneur verra et ne verra pas.
- Avant le dépôt d'une annonce : une page sécurité, avec l'attestation d'audit, les sous-traitants et l'identité de la société.
- Un livre blanc, « Comment LEEZ estime une entreprise », pour que la méthode soit vérifiable par n'importe qui.
- Un guide de référence, sur le modèle de l'édition 2026 du guide de LEEZ sur le financement de la reprise : il cite ses bases légales en entier, relie chacun de ses 141 témoignages à sa source et consacre un chapitre à ses propres limites.
Toutes ces preuves s'adressent à un lecteur humain. Or le prochain visiteur ne lira peut-être pas la page : il la parcourra en une fraction de seconde, parce que c'est un programme.
Section 13
Ce qu'est un agent IA et comment créer des sites qui parlent sa langue
Quick take
Plus d'une requête de page web sur deux vient désormais d'un robot. Un agent ne regarde pas une page, il la lit : du HTML clair, des données structurées, des actions déclarées. Je construis donc des pages qu'une machine comprend sans avoir à deviner.

Qu'est-ce qu'un agent IA ?
Un agent IA est un système fondé sur un modèle de langage qui reçoit un objectif, planifie des étapes, utilise des outils (navigateur, API, fichiers, paiements) et agit de manière semi-autonome jusqu'à atteindre le résultat ou demander une validation. La différence avec un chatbot : le chatbot répond, l'agent fait.
En 2026, on rencontre trois familles d'agents qui visitent votre site :
- Les crawlers des moteurs génératifs (pour l'entraînement ou la recherche en temps réel).
- Les agents de navigation intégrés aux navigateurs et aux assistants, qui lisent et cliquent pour le compte d'un utilisateur.
- Les agents transactionnels qui comparent, remplissent un panier et paient via des protocoles dédiés.
Comment un agent « lit » un site
Un agent préfère les structures explicites aux interfaces visuelles. Il lit le HTML, les données structurées, les attributs d'accessibilité et, de plus en plus, des points d'entrée dédiés (API, serveurs MCP, outils déclarés via WebMCP). Un site qui repose sur du JavaScript lourd, des boutons sans libellé ou des contenus en image est un site partiellement illisible pour un agent.
Les briques pour parler la langue des agents
| Brique | À quoi ça sert | Niveau de maturité en 2026 |
|---|---|---|
| HTML sémantique et accessibilité (ARIA, libellés) | Permet aux agents de comprendre les rôles des éléments | Fondamental, mature |
| Données structurées schema.org (JSON-LD) | Décrit entités, produits, prix, auteurs, FAQ | Mature, essentiel pour SEO et GEO |
| robots.txt et gestion des crawlers IA | Autoriser les crawlers de recherche, décider pour les crawlers d'entraînement | Mature, devenu stratégique |
| llms.txt | Fichier Markdown listant les pages clés pour les LLM | Proposition communautaire ; adoption réelle par les grands moteurs non démontrée, utile mais pas magique |
| Pages Markdown / versions texte | Rendre le contenu lisible sans rendu JavaScript | Bonne pratique émergente |
| API publiques documentées | Permettre aux agents d'agir de manière fiable | Mature |
| Serveur MCP | Exposer les fonctions de votre produit aux assistants | En forte adoption (section 14) |
| WebMCP | Déclarer des outils directement dans la page pour les agents du navigateur | Projet de Community Group du W3C porté par Google et Microsoft ; en essai dans Chrome (section 14) |
| NLWeb | Proposition de Microsoft pour rendre un site interrogeable en langage naturel | Expérimental, à surveiller |
| A2A (Agent2Agent) | Communication entre agents, avec des « Agent Cards » | Adopté dans des écosystèmes d'entreprise |
| Protocoles de commerce agentique : ACP, UCP, AP2 | Permettre aux agents d'acheter | En construction, concurrence active |
Le commerce agentique en 2026
Trois protocoles se disputent l'achat par agent : ACP (OpenAI et Stripe), UCP (Google et Shopify) et AP2 (Google, pour les mandats de paiement délégués aux agents). La section 14 détaille les deux premiers. La standardisation n'est pas terminée : miser sur un seul protocole reste risqué.
Bonnes pratiques concrètes
- Auditez votre site avec un navigateur sans JavaScript : ce que vous voyez est à peu près ce que voit un agent pressé.
- Ajoutez des données structurées complètes (Organization, Person, Product, Article, FAQPage, BreadcrumbList).
- Écrivez une politique claire dans robots.txt : autorisez les crawlers de recherche (par exemple OAI-SearchBot, PerplexityBot, Googlebot), décidez consciemment pour les crawlers d'entraînement (GPTBot, ClaudeBot, Google-Extended).
- Publiez une API ou un serveur MCP minimal pour les actions clés (rechercher, réserver, demander un devis).
- Si vous faites de l'e-commerce, suivez UCP et ACP via votre plateforme (Shopify, Stripe) plutôt que de développer vous-même.
Mon avis sur l'adoption réelle : en Suisse romande, la grande majorité des sites PME ne sont même pas à jour en schema.org. L'avance se prend donc là, bien avant WebMCP ou les protocoles d'achat.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Demain, un jeune repreneur demandera à son assistant : « trouve-moi une menuiserie à reprendre dans le canton de Fribourg ». Si l'agent ne sait pas lire les annonces de LEEZ, la menuiserie reste invisible, et elle fermera faute d'avoir été vue.
En pratique.
- Chaque annonce se lit sans JavaScript, avec ses données structurées : canton, secteur, fourchette de prix, date de mise à jour.
- Le fichier robots.txt est une décision commerciale. La porte est ouverte aux robots de recherche des IA, qui citent et renvoient. Elle est fermée aux robots d'entraînement, qui aspirent les annonces sans rien rendre : c'est le détournement de trafic décrit en section 7.
- Un agent peut chercher une annonce et préparer une demande d'accord de confidentialité. La signature reste humaine, parce que c'est elle qui protège le cédant.
Lire un site n'est que le premier pas. Quatre protocoles permettent désormais aux agents d'agir, chacun par une porte différente, et toutes ne mènent pas chez vous.
Section 14
MCP, skills, plugins, API : qu'est-ce qui change ?
Quick take
MCP, WebMCP, ACP et UCP ne sont pas quatre versions de la même chose, ce sont quatre portes d'entrée. MCP branche un produit sur les assistants, WebMCP rend une page utilisable par l'agent du navigateur, ACP et UCP font entrer un catalogue dans le commerce des agents. Je n'ouvre jamais les quatre à la fois : je choisis celle par laquelle mes clients arrivent.
Quatre protocoles, quatre portes d'entrée
Chaque ligne se lit de gauche à droite : l'agent se trouve quelque part, le protocole lui dit comment vous parler, et vous n'exposez que ce que vous choisissez.
| Protocole | La question à laquelle il répond | Qui le porte | État en octobre 2026 |
|---|---|---|---|
| MCP (Model Context Protocol) | Comment un assistant utilise-t-il mon produit et mes données ? | Anthropic à l'origine, aujourd'hui l'Agentic AI Foundation (Linux Foundation) | Standard ouvert, spécification 2026-07-28, pris en charge par Claude, ChatGPT, Gemini, Copilot, Cursor et VS Code |
| WebMCP | Comment l'agent du navigateur utilise-t-il ma page sans deviner où cliquer ? | Proposition de standard web, mise en œuvre par Chrome | Essai d'origine à partir de Chrome 149, susceptible de changer |
| ACP (Agentic Commerce Protocol) | Comment mon catalogue apparaît-il dans ChatGPT ? | OpenAI et Stripe | Bêta, licence Apache 2.0, recentré en mars 2026 sur la découverte de produits |
| UCP (Universal Commerce Protocol) | Comment un agent achète-t-il chez moi, de la recherche à l'après-vente ? | Google et Shopify à l'origine, conseil technique de dix entreprises | Standard ouvert, paiement actif surtout aux États-Unis, extension à l'hôtellerie et à la restauration |
MCP : brancher votre produit sur les assistants
Ce que c'est. Publié par Anthropic en novembre 2024, le Model Context Protocol est un standard ouvert qui décrit vos outils et vos données de façon que n'importe quel assistant puisse s'en servir. On le compare souvent à une prise USB-C pour les IA : un seul branchement, tous les assistants.
Comment ça marche. Trois rôles :
- L'hôte : l'application d'IA (Claude, ChatGPT, Cursor, VS Code…).
- Le client : le connecteur que l'hôte crée pour chaque serveur.
- Le serveur : votre programme, qui expose des outils (actions), des ressources (données) et des prompts (modèles d'instructions). Il tourne en local ou à distance.
Où il en est.
- Adoption. En décembre 2025, le blog officiel comptait plus de 97 millions de téléchargements mensuels des SDK et 10'000 serveurs actifs. En juillet 2026, les SDK principaux approchent le demi-milliard de téléchargements par mois, et ceux de TypeScript et de Python ont chacun passé le milliard de téléchargements cumulés.
- Spécification 2026-07-28. Le protocole devient sans état : chaque requête se suffit à elle-même, sans session à maintenir. Un serveur MCP distant s'héberge désormais comme n'importe quelle API web, derrière un répartiteur de charge ordinaire. Pour un petit éditeur, le coût d'entrée baisse nettement.
- Extensions officielles. MCP Apps (des interfaces interactives affichées dans la conversation), Tasks (des tâches longues) et l'autorisation gérée par l'entreprise.
- Gouvernance. Le 9 décembre 2025, Anthropic a donné MCP à l'Agentic AI Foundation, un fonds de la Linux Foundation cofondé avec Block et OpenAI et soutenu par Google, Microsoft, AWS, Cloudflare et Bloomberg. Un registre officiel des serveurs existe depuis septembre 2025.
Comment en tirer parti.
- Occuper les annuaires de connecteurs. Ce sont les nouveaux app stores. Être présent quand un utilisateur demande « réserve-moi une table » ou « crée un visuel » vaut la première position Google de 2010. Canva, Figma, Notion, Stripe, Zapier et Atlassian s'y sont placés tôt.
- Commencer par trois outils à forte valeur (rechercher, créer, consulter un statut), avec une authentification OAuth. La description de chaque outil se rédige comme du copywriting : c'est ce que le modèle lit pour décider de vous appeler.
- Montrer, pas seulement répondre. Avec MCP Apps, votre configurateur, votre simulateur ou votre devis s'affiche dans la conversation, là où la décision se prend.
- Lire les journaux d'appels comme une étude de marché. Quels outils sont appelés, avec quels paramètres, lesquels manquent : c'est une mesure directe de l'intention. Honeycomb indique que près de 20 % de ses requêtes interactives mensuelles viennent déjà d'agents.
- Automatiser sa propre stack growth. Un agent connecté à vos serveurs MCP (CRM, analytics, emailing, Search Console) produit le rapport hebdomadaire, repère une anomalie et propose une expérience. La section 15 en donne un exemple complet appliqué au GEO.
WebMCP : rendre vos pages actionnables par l'agent du navigateur
Ce que c'est. Une proposition de standard web. Le site déclare lui-même ses « outils » (chercher, réserver, demander un devis), et l'agent intégré au navigateur les appelle directement au lieu de simuler des clics en devinant le rôle de chaque bouton. Selon la documentation de Chrome, c'est plus fiable que le pilotage classique, où chaque étape est laissée à l'interprétation de l'agent.
Comment ça marche. Deux API :
- Déclarative : on ajoute des attributs à un formulaire HTML existant.
toolnameettooldescriptionsur le formulaire,toolparamdescriptionsur un champ pour préciser son sens,toolautosubmitpour autoriser l'envoi automatique. Sans ce dernier, l'utilisateur clique lui-même sur Envoyer. - Impérative : en JavaScript, on enregistre un outil avec un nom, une description, un schéma des entrées et une fonction à exécuter.
L'outil s'exécute dans la page, sous les yeux de l'utilisateur. Votre interface et votre marque restent intactes.
La différence avec MCP. MCP tourne sur un serveur : un assistant vous utilise sans jamais visiter votre site. WebMCP vit dans la page : l'agent doit déjà s'y trouver. Il n'existe donc pas d'annuaire d'outils WebMCP, et être trouvé reste l'affaire du SEO et du GEO (section 15).
Où il en est. Préversion dans Chrome 146 en février 2026, puis essai d'origine à partir de Chrome 149. La mise en œuvre est aujourd'hui celle de Chrome, et Google prévient que l'API peut encore changer. Angular en propose une prise en charge expérimentale, et la documentation développeurs d'OpenAI comporte une page « Site tools (WebMCP) » pour Codex.
Comment en tirer parti.
- Annoter d'abord les formulaires qui font votre chiffre : devis, réservation, inscription, estimation. Deux attributs suffisent, et c'est une amélioration progressive : rien ne change pour les humains ni pour les autres navigateurs.
- Écrire la description comme une annonce. Elle dit à l'agent quand utiliser l'outil et ce qu'il obtient.
- Mesurer les conversions pilotées par un agent. L'événement d'envoi du formulaire porte un indicateur
agentInvoked: vous pouvez créer un segment « agent » dans vos analytics et comparer son taux de conversion à celui des humains. - Réduire les échecs invisibles. Un agent qui bute sur un sélecteur de dates ou un parcours en cinq étapes abandonne sans laisser de trace. Un outil dédié règle le problème.
- Garder la confirmation humaine pour les actions sensibles. Pas d'envoi automatique sur un paiement ou une signature.
Limites. C'est un essai, conçu pour un navigateur local avec un humain présent, pas pour des robots sans interface. Et dans une iframe d'un autre domaine, les outils sont désactivés par défaut, sauf si le site hôte ajoute allow="tools" : cela compte pour les embeds (section 17).
ACP : faire entrer votre catalogue dans ChatGPT
Ce que c'est. L'Agentic Commerce Protocol est un standard ouvert (licence Apache 2.0, encore en bêta) maintenu par OpenAI et Stripe. Il a été annoncé le 29 septembre 2025 avec Instant Checkout, l'achat dans ChatGPT, d'abord auprès de vendeurs Etsy américains.
Ce qui a changé en 2026. En mars 2026, OpenAI a changé de cap. Selon un porte-parole cité par Digital Commerce 360, la priorité va à la recherche et à la découverte de produits, ACP sert d'infrastructure entre utilisateurs et marchands, et Instant Checkout passe dans les apps de ChatGPT. OpenAI décrit aujourd'hui ACP comme la couche qui permet à ChatGPT d'ingérer un catalogue structuré, de comprendre le stock et de faire remonter les bons produits dans la conversation. La version 2026-04-17 de la spécification couvre le panier, le flux, les commandes, l'authentification et l'intégration avec MCP.
En six mois, ACP est donc passé du moteur de l'achat direct dans ChatGPT à un protocole de catalogue.
Comment ça marche. Le marchand transmet son flux produits, par fichier ou par API, ainsi que ses promotions. ChatGPT s'en sert pour répondre. Le paiement se fait sur le site du marchand ou dans une app ChatGPT.
Comment en tirer parti.
- Traiter le flux produits comme une page d'atterrissage. Les consignes d'OpenAI portent sur la rédaction des fiches, la modélisation des variantes et l'attribution : c'est du merchandising, pas de la plomberie.
- Pousser ses promotions par le flux, puisque le protocole les transporte.
- Passer par sa plateforme (Shopify, Stripe et d'autres) plutôt que développer soi-même.
- Si vous vendez un service, regarder du côté des apps. La documentation des apps ChatGPT décrit des parcours de conversion pour la réservation de restaurant, la demande de devis et le paiement d'un produit. Une entreprise de services convertit donc par une app, c'est-à-dire un serveur MCP, pas par ACP.
Limites. Le protocole est en bêta et a déjà changé de rôle une fois.
UCP : laisser les agents acheter chez vous
Ce que c'est. L'Universal Commerce Protocol est un standard ouvert lancé par Google le 11 janvier 2026 pour couvrir tout le parcours d'achat, de la découverte à l'après-vente. Son conseil technique réunissait Google, Shopify, Etsy, Target et Wayfair ; Amazon, Meta, Microsoft, Salesforce et Stripe l'ont rejoint le 24 avril 2026, ce qui le porte à dix entreprises.
Comment ça marche.
- Un profil public. Le commerçant publie à l'adresse
/.well-known/ucpun fichier lisible par les machines qui déclare ce qu'il sait faire et les moyens de paiement qu'il accepte. - Des capacités. Recherche et consultation du catalogue, panier, paiement, liaison d'identité (par OAuth), suivi de commande.
- Une négociation. L'agent et le commerçant ne retiennent que les capacités qu'ils ont en commun.
- Plusieurs transports. REST, MCP, A2A ou intégration embarquée : UCP s'appuie sur MCP, il ne le remplace pas.
- Le commerçant reste le vendeur. Il conserve la responsabilité de la vente et la relation client. Le paiement passe par des « payment handlers » et, pour les achats autonomes, par les mandats du protocole AP2.
Où il en est. Mars 2026 : panier à plusieurs articles, catalogue en temps réel, liaison d'identité. Mai 2026 : panier universel entre enseignes, publicités achetables sur YouTube, paiement fractionné dans Google Pay. Une spécification pour l'hôtellerie est en brouillon et la restauration est annoncée. Le paiement par UCP reste surtout disponible aux États-Unis ; Google annonce une extension internationale.
Comment en tirer parti.
- Passer par Merchant Center ou sa plateforme e-commerce, où Google intègre l'activation.
- Soigner prix, stock et délais. L'agent compare ces données en temps réel ; une donnée fausse vous élimine.
- Activer la liaison d'identité. Vos membres gardent leurs avantages de fidélité et vous gardez la relation client, même quand l'achat se fait hors de votre site.
- Exploiter l'attribution. Le panier UCP transporte la source, le support, la campagne et l'identifiant de clic : les surfaces IA se mesurent comme un canal d'acquisition.
- Regarder au-delà du commerce de détail. Hôtels et restaurants arrivent, et les rôles du protocole sont définis par le sens de l'échange, pas par le secteur : il s'applique aussi à l'approvisionnement entre entreprises.
ACP ou UCP ? Les deux coexistent, et Stripe siège des deux côtés. Mon conseil : ne choisissez pas, laissez votre plateforme parler les deux.
Par où commencer selon votre activité
| Votre activité | En premier | Ensuite | À laisser pour plus tard |
|---|---|---|---|
| SaaS ou outil en ligne | Un serveur MCP avec trois outils, listé dans les annuaires de connecteurs | WebMCP sur les formulaires d'inscription et d'essai | ACP et UCP, sauf si vous vendez des produits physiques |
| E-commerce | Des flux produits irréprochables, activés pour ACP et UCP par votre plateforme | WebMCP sur la recherche et les filtres du site | Un serveur MCP propre, sauf catalogue très technique |
| Services, génération de contacts, places de marché | WebMCP sur le formulaire de devis ou d'estimation | Un serveur MCP qui expose la recherche dans votre offre | ACP et UCP, pensés pour le panier et le paiement |
| Commerce local (restaurant, hôtel) | Des données à jour chez vos plateformes de réservation, par où UCP arrivera | WebMCP sur le formulaire de réservation | Un serveur MCP |
Les Agent Skills
Lancées par Anthropic en octobre 2025, puis publiées comme standard ouvert le 18 décembre 2025 sur agentskills.io, les Agent Skills sont des dossiers contenant un fichier SKILL.md (instructions) et des ressources (scripts, modèles) qu'un agent charge à la demande pour accomplir une tâche spécialisée. Microsoft les a adoptées dans VS Code et GitHub, et OpenAI utilise une architecture structurellement identique dans ChatGPT et Codex. Un annuaire de skills partenaires a été lancé avec Atlassian, Figma, Canva, Stripe, Notion et Zapier.
Selon Mahesh Murag (Anthropic), MCP fournit la connectivité sécurisée aux logiciels et aux données externes, tandis que les skills fournissent la connaissance procédurale pour utiliser ces outils efficacement. Pour un growth hacker, une skill fige une procédure maison (un audit, un contrôle mensuel) pour qu'elle soit exécutée toujours de la même façon.
API, connecteur, plugin, skill, app : qui fait quoi
| Brique | Ce que c'est | Qui l'exécute | Exemple growth |
|---|---|---|---|
| API | Interface programmatique classique (REST, GraphQL) | Un développeur ou un agent | Synchroniser un CRM et un outil d'emailing |
| Serveur MCP | Couche standard qui décrit vos outils pour n'importe quel assistant | L'assistant IA via un client MCP | Permettre à Claude ou ChatGPT de créer un devis dans votre produit |
| Connecteur | Un serveur MCP (ou équivalent) packagé et listé dans l'annuaire d'un assistant | L'utilisateur l'active en un clic | Être listé dans l'annuaire de connecteurs de Claude ou de ChatGPT |
| Plugin | Extension packagée pour un outil précis (Claude Code, navigateur, CMS) qui regroupe souvent skills, commandes et serveurs MCP | L'outil hôte | Un plugin qui installe vos skills et votre serveur MCP d'un coup |
| Agent Skill | Procédure écrite (SKILL.md) et ressources | L'agent, quand la tâche correspond | « Rédiger un audit SEO selon notre méthode » |
| App dans un assistant (Apps SDK / MCP Apps) | Interface interactive affichée dans la conversation | L'assistant | Un configurateur produit directement dans ChatGPT |
Les risques de sécurité
L'injection de prompt (une instruction cachée dans une page ou un document qui détourne l'agent), les permissions trop larges, les serveurs MCP non vérifiés et les skills malveillantes sont des risques réels : le cas OpenClaw l'a montré début 2026 (section 2). Règles minimales : moindre privilège, validation humaine pour toute action irréversible (paiement, envoi massif, suppression), serveurs issus de sources vérifiées, et journalisation.
Mon avis : MCP est en 2026 ce que les API ouvertes étaient en 2008. Les entreprises qui exposent leur produit aux agents maintenant capteront une part disproportionnée de l'usage futur. Celles qui attendent devront payer pour y être. WebMCP est le pari le moins cher des quatre, ACP et UCP concernent surtout ceux qui vendent des produits.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Aujourd'hui, seuls ceux qui connaissent LEEZ y cherchent une entreprise. Un connecteur ouvre les annonces à toute personne qui confie sa recherche à un assistant, et à chaque fiduciaire qui veut vérifier, depuis son propre outil, si un client pourrait trouver preneur. Plus une annonce est vue par des repreneurs sérieux, plus la transmission devient probable.
En pratique.
- En premier, WebMCP sur les formulaires d'estimation et d'alerte, pour un coût faible.
- Ensuite, un serveur MCP avec trois outils : chercher une annonce, lancer une estimation, créer une alerte.
- ACP et UCP restent hors sujet : on n'achète pas une PME comme on remplit un panier.
Ouvrir une porte aux agents ne sert à rien si aucun ne vient y frapper. Reste donc la question la plus disputée de 2026 : comment une IA choisit-elle qui elle cite ?
Section 15
SEO et GEO en 2026
Quick take
En 2026, je ne cherche plus seulement à me classer sur une requête. Je cherche à être nommé par un tiers, sur les requêtes courtes que l'IA tape dans Google à la place de mon client. Le SEO reste le socle, parce que l'IA cherche encore dans Google. Et rien n'est acquis : les sources citées changent chaque mois.
D'où viennent les données de cette section
Cette section s'appuie sur deux publications de Nicholas Dulait, cofondateur de ChatSEO, parues sur X en 2026 (adresses en fin de guide). Elles relaient le panel de Jacky, de la plateforme française de netlinking Links Garden : le même million de prompts envoyé à ChatGPT chaque mois pendant cinq mois, soit 5 millions de réponses dont chaque marque et chaque source sont extraites. Ces données ont été discutées dans le podcast MVP avec Paul Vengeons (cofondateur de ChatSEO).
Trois réserves s'imposent :
- Ce sont des données françaises, sur ChatGPT seul ; la collecte sur Gemini vient de commencer, et Claude ou Gemini peuvent pondérer autrement.
- Le panel est privé et non publié : je ne peux pas le vérifier de manière indépendante.
- Il est relayé par des vendeurs d'outils SEO et de liens, qui ont un intérêt commercial à ces conclusions.
Nicholas Dulait reconnaît lui-même que les schémas bougent et qu'une partie de son analyse vieillira en quelques mois. Je traite donc ces chiffres comme la meilleure mesure disponible, pas comme une vérité établie.
L'état du SEO en 2026
Le zéro-clic devient la norme. L'étude du Pew Research Center (juillet 2025, 900 adultes américains, 68'879 recherches réelles) montre que les utilisateurs cliquent sur un résultat traditionnel dans 8 % des visites quand un résumé IA est affiché, contre 15 % sans résumé ; ils cliquent sur un lien cité dans le résumé IA dans seulement 1 % des cas, et terminent plus souvent leur session (26 % contre 16 %).
La baisse s'accélère. Ahrefs mesurait en avril 2025 un CTR de la position 1 inférieur de 34,5 % en présence d'un AI Overview ; sa mise à jour de février 2026, sur 300'000 mots-clés, mesure une baisse de 58 %. Nuance importante, soulignée dans la même étude : le CTR des requêtes informationnelles sans AI Overview a aussi fortement baissé (de 7,6 % à 3,9 %), signe d'un changement global des comportements.
La France rattrapée. Les organisateurs du SEO & GEO Summit (Disneyland Paris, 15-16 octobre 2026) évoquent le déploiement des AI Overviews en France à l'été 2026. Pour un site francophone, l'impact sur le trafic est donc en cours, pas derrière nous.
GEO : être cité plutôt que classé
Le Generative Engine Optimization (GEO) vise à être cité comme source dans les réponses de ChatGPT, Claude, Perplexity, Gemini, Copilot et des AI Overviews. L'Answer Engine Optimization (AEO) en est une variante centrée sur les réponses directes. La métrique change : on passe du taux de clic au taux de référence, la part des réponses génératives d'un panel de requêtes qui mentionnent ou citent votre marque.
Comment ChatGPT choisit ses sources
| Constat du panel Links Garden | Ce que ça change |
|---|---|
| Deux types de réponses : avec sources (le modèle a cherché sur le web) ou sans (il répond depuis ses données d'entraînement) | Sans recherche web, seules les marques présentes dans les données d'entraînement existent |
| Le décalage d'entraînement est de 1 à 2 ans, 18 mois en moyenne | Une marque lancée en janvier 2026 n'apparaît que lorsque le modèle cherche, soit 30 % à 90 % des requêtes selon les mois. Les citations d'aujourd'hui sont le ticket d'entrée dans les données de 2027 |
| Le modèle cherche dans Google, et ses requêtes suivent de près les classements Google | Le SEO classique reste le socle du GEO |
| Environ 50 sources tournent sur un même prompt, 10 à 15 par réponse, rebattues chaque mois | Une citation n'est jamais acquise : on reste dans une rotation, on ne tient pas un rang |
| Un site à 5 domaines référents est cité 200 fois ; un site à 200 domaines référents ne l'est jamais | L'autorité de domaine est un signal Google, pas le filtre des modèles : les petits sites de niche, précis, sont repris en permanence |
| Le sentiment est noté de -9 à +9, avec une moyenne autour de 2 ; presque rien n'est négatif | Les modèles sont consensuels : un outil de suivi vaut pour les citations, pas pour son score de sentiment |
Le fan-out : la vraie recherche de mots-clés du GEO
Quand ChatGPT décide de chercher, il ne recherche pas le prompt : il le réécrit en deux à cinq requêtes Google courtes. L'exemple donné par Jacky : une personne raconte s'être blessé le dos au judo, avoir vu son médecin et mal dormir depuis ; le modèle ne cherche ni le judo ni le médecin, il cherche le meilleur matelas pour le mal de dos, avec l'année.
On m'objecte souvent que chaque prompt est unique. C'est vrai, mais les requêtes que le modèle en tire, les fan-outs, convergent. Trente personnes écrivent trente prompts différents, et le modèle les ramène aux mêmes trois recherches. La liste de mots-clés GEO est la liste de ces requêtes courtes, et elle ressemble beaucoup à du SEO classique.
| Forme de la requête générée | Exemple pour LEEZ |
|---|---|
| meilleur + mot-clé + année + pays | meilleure plateforme vente entreprise 2026 Suisse |
| top + catégorie | top plateformes transmission PME Suisse |
| marque + avis | LEEZ avis |
| alternative à + concurrent | alternative à companymarket |
| comment + problème | comment estimer une PME en Suisse |
Le mot « meilleur » vient de ce que l'utilisateur veut une recommandation ; l'année, de ce que le modèle veut des sources fraîches.
Reddit : un levier qui s'éteint
Miser sur Reddit était le réflexe GEO de 2025 ; les données du panel le contredisent. Fin 2025, Reddit apparaissait dans environ 80 % des réponses de ChatGPT. Dans les données françaises, sa part de citations est passée d'environ 30 % au printemps 2026 à 9 % en juillet, puis autour de 5 % en août, et elle baisse encore. Dans certains secteurs, cela n'a jamais fonctionné : en assurance auto, Reddit reste à 3 % depuis cinq mois.
La règle derrière ces chiffres : toute source devenue trop efficace est spammée par les SEO, puis le modèle la rétrograde. Une stratégie GEO qui se résume à poster sur Reddit optimise pour décembre 2025.
Mieux vaut choisir trois ou quatre réseaux, ceux de vos acheteurs :
- Cosmétique, alimentation, lifestyle : Instagram et TikTok.
- Services et B2B : LinkedIn, X, Reddit.
- Logiciel : X, YouTube, GitHub, Reddit.
Il faut les animer comme un vrai compte : la plupart des publications servent l'audience, une sur trois à une sur cinq vise une requête que le modèle recherche.
Ne plus se classer premier soi-même
Se placer numéro un dans son propre classement des « meilleurs » était l'astuce GEO la moins chère ; c'est devenu le moyen le plus sûr d'être ignoré. Paul Vengeons l'a pratiqué pendant des années sur son site de consultant, et ChatGPT le citait avec sa propre page comme source. Il est toujours cité, mais la source est désormais le classement publié par une autre entreprise, Convertix. Une infographie de l'agence Eskimoz résume le mécanisme : quand un site se classe premier, le modèle tend à citer les numéros deux et trois et à sauter le premier.
C'est un arbitrage, pas une règle :
- Sur Google classique, une page auto-classée peut encore gagner.
- Pour le GEO, elle ne vous fait plus nommer.
- Auprès du lecteur, elle coûte de la confiance, et dans certains métiers elle est exclue (une pharmacie ne peut pas se proclamer la meilleure).
La méthode retenue par ChatSEO : ne pas toucher aux pages où l'on est premier et qui reçoivent des clics, réécrire au mérite celles qui n'en reçoivent pas, une page à la fois. La réécriture par un agent coûte cher en usage et peut supprimer des tableaux sans erreur visible : il faut comparer l'ancienne et la nouvelle version avant de publier.
Être classé par des tiers : l'échange et l'échelle
Un classement sur le site d'un autre vaut plus que dix sur le vôtre, pour le modèle comme pour le lecteur. Un restaurant qui se dit le meilleur ne convainc personne ; un guide local qui le nomme en premier, si.
L'échange de classements. Paul Vengeons liste des agences dans ses classements et demande en retour un classement sur leur site qui le cite. Deux règles font durer l'effet : la fraîcheur (reprendre l'échange chaque année, avec la nouvelle année dans le titre) et le volume (la plupart des entreprises auraient au moins 20 requêtes GEO qui méritent un échange).
L'échelle des placements, du moins cher au plus exigeant :
| Échelon | Type de site | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| 1. Liens de réseau à bas prix | Petits blogs SEO et réseaux de sites privés (PBN) | Rapide et bon marché (ordre de grandeur cité : 7 € le lien sur une place de marché), mais la citation peut ne pas tenir : tester un lien, suivre la requête, décider |
| 2. Articles invités chez des entreprises | Sites de votre niche qui vendent un produit, pas de la visibilité | Demander un échange ou un prix |
| 3. Relations presse chez les pure players | Médias en ligne spécialisés dans une niche (un guide de sorties local avant un quotidien national) | La presse nationale coûte plus cher et refuse souvent tout ce qui dit « meilleur » ; vérifier que la page n'est pas derrière un paywall, invisible pour les robots |
| 4. Devenir auteur | Tribunes et comptes contributeurs dans des médias reconnus | Aucun éditeur ne laisse passer « meilleure agence », mais votre signature et votre marque figurent sur un domaine de confiance ; l'accès dépend souvent d'une seule personne |
La citation chère ne vaut pas mieux. Selon Jacky, une mention à 1'000 ou 2'000 € dans un grand média est citée un à trois mois puis sort de la rotation ; un placement à 10 ou 20 € sur un petit site pertinent fait la même chose. Ses sites de réseau apparaissent dans environ 30 % des réponses, les sites d'éditeurs « réels » aussi. La prime du grand média paie surtout un logo.
Avis, Wikipédia et rencontres
- Avis clients : une seule plateforme, pas trois. Service local : fiche Google Business Profile. SaaS et e-commerce : Trustpilot. Des avis dispersés font trois profils faibles au lieu d'un fort.
- Wikipédia : ne pas demander. Les modérateurs savent pourquoi les marketeurs se présentent ; on y entre quand quelqu'un d'autre estime que vous y avez votre place.
- La rencontre : un message à une personne croisée dans un événement vaut plus que n'importe quel email à froid. Allez aux événements de votre niche avec la liste des cinq sites où vous voulez figurer (voir section 22).
Mes réserves sur ces tactiques
Je reprends la mesure, pas toutes les méthodes. Quatre limites :
- Un classement échangé ou payé reste une communication commerciale. Présenté comme un avis indépendant, il peut constituer une indication trompeuse au sens de la LCD suisse (art. 3), et le droit européen des pratiques commerciales déloyales vise la publicité déguisée en contenu éditorial. Mentionnez le partenariat, et faites valider par un juriste.
- Les liens achetés et les échanges de liens à grande échelle sont contraires aux règles antispam de Google. Or le modèle ouvre encore Google : une pénalité Google coûte aussi la citation.
- La prospection que décrit Nicholas Dulait repose sur des boîtes email créées sur un domaine ressemblant au vôtre, puis « chauffées ». C'est un dispositif conçu pour préserver la réputation du domaine principal, et il se heurte en Suisse à l'art. 3 al. 1 let. o LCD (voir section 21). En Suisse romande, cinq emails personnels par jour depuis votre vraie adresse, ou une rencontre, font mieux.
- Le modèle a appris à ignorer l'auto-classement ; il apprendra à ignorer les classements de complaisance. Ce qui se généralise, et Nicholas Dulait le dit lui-même, c'est qu'un tiers qui dit du bien de vous vaut mieux que vous-même. Autant le mériter : données originales, clients réels, avis réels.
Mesurer : rester dans la rotation
Le GEO n'est pas un rang que l'on tient, c'est une rotation dans laquelle on reste. La routine mensuelle minimale :
- Pour chaque requête de fan-out, relever le top 10 Google et les classements ou comparatifs qui y figurent.
- Vérifier que vous êtes toujours listé dans les classements tiers, et à quelle position.
- Repérer les titres qui portent encore l'année précédente et proposer une mise à jour.
- Tester dix requêtes à la main dans ChatGPT, déconnecté, et noter : cité ou non, par quelle source.
Le quatrième point reste manuel à dessein : l'API de ChatGPT ne renvoie pas les mêmes sources que l'application web, donc un tableau de bord construit sur l'API ne mesure pas la même chose. Côté analytics, segmentez aussi le trafic référent venant de chatgpt.com, perplexity.ai, gemini.google.com et copilot.microsoft.com.
Automatiser le GEO avec des agents
Nicholas Dulait décrit une organisation où Claude Code tient le rôle de « Chief of GEO » : l'agent planifie, rédige, trouve les prospects et prépare les relances ; ChatSEO, branché par MCP, sert d'analyste (Search Console, volumes, résultats Google en direct) ; un outil d'envoi expédie les emails ; l'humain approuve tout ce qui touche une page en ligne ou part sous son nom. Les procédures sont des Agent Skills (section 14), dont quatre sont détaillées dans ses publications : construire la liste des requêtes, auditer les auto-classements, préparer la prospection, faire le contrôle mensuel.
Trois garde-fous de ces skills méritent d'être repris tels quels dans n'importe quelle automatisation growth :
- Ne jamais inventer un volume ou un classement : une case vide vaut mieux qu'un chiffre plausible.
- Lister tout ce qui disparaît entre l'ancienne et la nouvelle version d'une page, et ne rien publier sans accord.
- Ne jamais deviner une adresse email, et faire approuver chaque réponse avant envoi.
Erreurs à éviter
- Suivre des prompts plutôt que des fan-outs.
- Bâtir sa stratégie sur Reddit, ou sur toute source unique que les SEO sont en train de saturer.
- Se classer premier dans ses propres classements.
- Payer la prime d'un grand média en espérant une citation durable.
- Acheter un outil pour son score de sentiment.
- Produire en masse du contenu IA générique : il ne sera ni classé ni cité.
- Bloquer par erreur les crawlers de recherche IA en voulant bloquer les crawlers d'entraînement.
- Croire qu'un fichier llms.txt suffit.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Un patron de 62 ans qui demande à une IA comment vendre son entreprise doit recevoir une réponse fiable, pas un silence. Chaque fois que LEEZ est citée, un entrepreneur de plus découvre qu'une sortie organisée existe, assez tôt pour la préparer.
En pratique.
- Viser les requêtes courtes, dans les quatre langues : « meilleure plateforme vente entreprise Suisse », « Firma verkaufen Plattform », « LEEZ avis ».
- Ne publier aucun comparatif où LEEZ se classe première. Obtenir sa place dans les listes tenues par des tiers.
- Publier une donnée que personne d'autre ne possède : le baromètre de la transmission. Chaque trimestre, il donnerait les annonces actives par canton et par secteur, les prix demandés et le rapport entre repreneurs et annonces. Le guide 2026 de LEEZ sur le financement de la reprise, avec son classement des 26 cantons, est un premier actif de ce type.
- Soigner les fiches et les avis sur les plateformes que les IA lisent.
- Tourner une vidéo par question de cédant, et en publier la transcription sur le site.
- Dater chaque page, comme le font déjà les compteurs d'annonces.
- Contrôler chaque mois vingt requêtes par langue, en notant qui est cité.
La méthode est posée. Que répondent Google et les IA, aujourd'hui, quand on cherche une plateforme de transmission en Suisse ? J'ai fait le test, requête par requête.
Section 16
Cas pratique : le SEO/GEO
Quick take
Avoir les bonnes données ne suffit pas pour être cité, il faut qu'un tiers les reprenne. LEEZ en est l'exemple : des chiffres frais, ventilés par canton et par secteur, et pourtant aucune citation sur les requêtes génériques. Un audit GEO commence toujours ainsi : taper les requêtes, noter qui ressort, repérer le vide à combler.

Ce que LEEZ montre publiquement
J'ai relu leez.ch comme le ferait un crawler, sans rien ajouter à ce qui est visible.
| Élément | Ce qui est public (octobre 2026) |
|---|---|
| Positionnement | Entreprises à vendre en Suisse, mise en relation de cédants de PME et de repreneurs vérifiés, annonces anonymisées, accord de confidentialité en ligne, data room |
| Volume | 3'317 entreprises à vendre dans 25 cantons au 3 octobre 2026, décompte mis à jour chaque heure |
| Répartition | Hôtellerie-restauration 1'465, informatique 356, commerce de détail 337, beauté et bien-être 276, construction 156. Genève 614, Vaud 578, Zurich 415, Valais 165, Neuchâtel 147, Fribourg 130, Tessin 62 |
| Prix demandés | 1'439 annonces sous 100'000 francs, 1'054 entre 100'000 et 250'000 francs |
| Repreneurs | Plus de 300 inscrits |
| Langues | Français, allemand, italien, anglais |
| Offre | Estimation gratuite en cinq minutes, annonce anonymisée, accord de confidentialité électronique, data room, annuaire d'experts, blog |
| Experts affichés | PME Successions SA, Experts-Transmission Sàrl, BBX SA, AAM Capital, Experts Suisses, Valcoris Fiduciaire |
LEEZ a déjà ce que les IA aiment citer : des données chiffrées, fraîches, ventilées par canton et par secteur. Il lui manque des tiers qui le disent à sa place.
Les requêtes à viser
| Langue | Requêtes de fan-out prioritaires |
|---|---|
| Français | meilleure plateforme vente entreprise Suisse 2026 · vendre son entreprise Suisse · reprise d'entreprise Suisse plateforme · transmission PME Suisse · entreprise à vendre Genève, Vaud, Valais · estimer valeur entreprise Suisse · LEEZ avis · alternative à un concurrent |
| Allemand | Firma verkaufen Schweiz Plattform · Unternehmensnachfolge Plattform Schweiz 2026 · Nachfolgebörse Schweiz · KMU Nachfolge · Firma kaufen Schweiz · Firmenbewertung kostenlos |
| Italien | vendere azienda Svizzera · cessione azienda Ticino · aziende in vendita Svizzera |
| Anglais | best platform to buy a business in Switzerland 2026 · businesses for sale Switzerland · Swiss SME succession platform |
Qui ressort aujourd'hui
| Requête testée | Qui ressort | LEEZ ? |
|---|---|---|
| Firma verkaufen Schweiz Plattform 2026 | swisspeers (deux guides), UBS, firmo.ch, nachfolgeportal.ch, firm4sale.ch | Non |
| vendre son entreprise Suisse plateforme | UBS, vendre-entreprise.ch, deal-house.ch, relevepme.ch, businessbroker.ch, firm4sale.ch | Non |
| Nachfolgeplattformen Schweiz Vergleich | Aucun comparatif suisse ; le comparatif de New Mittelstand cite companymarket.ch pour la Suisse | Non |
| meilleures plateformes vendre entreprise Suisse comparatif | Aucun comparatif suisse ; un classement français | Non |
| LEEZ plateforme vente entreprise Suisse | leez.ch | Oui |
Ces relevés donnent une tendance. Les positions exactes, par langue et par canton, se lisent dans Search Console.
L'enseignement : en français, il n'existe aucun comparatif suisse des plateformes de transmission. Quelqu'un comblera ce vide. Mieux vaut que ce soit un tiers crédible, nourri par les données de LEEZ, plutôt qu'un concurrent.
Si aucun tiers ne cite encore LEEZ, il reste à aller là où se trouvent déjà les tiers de confiance. Un vieux hack le permet : installer un morceau de son produit sur leurs sites.
Section 17
Le hack par l'embed
Quick take
Plutôt que d'attirer les gens chez soi, on installe un morceau de son produit chez ceux qui ont déjà leur confiance. L'embed distribue, à une condition en 2026 : livrer du HTML statique, parce que la plupart des robots des IA n'exécutent pas JavaScript.
La mécanique : le produit vit chez les autres
Chaque installation est à la fois un canal de distribution, une preuve sociale et une mention de marque.
| Cas | Ce qui est documenté | Leçon |
|---|---|---|
| Hotmail (1996) | La signature ajoutée à chaque email a fait passer le service de zéro à 12 millions d'utilisateurs en 18 mois, chiffre attribué à l'investisseur Steve Jurvetson | Chaque usage du produit expose la marque à un nouveau public |
| BizBuySell (cession d'entreprises, États-Unis) | Les courtiers affichent leurs annonces BizBuySell sur leur propre site, et un outil de diffusion les publie sur les sites d'associations professionnelles sans surcoût | La place de marché fournit le contenu, l'intermédiaire garde sa marque |
| IDX Broker (immobilier, États-Unis) | Un widget d'annonces à copier-coller, dont les styles sont isolés du site hôte | Le flux d'annonces en widget est le standard de l'immobilier |
| Boutons sociaux | Diffusion massive, puis l'arrêt Fashion ID de la Cour de justice de l'UE (2019) a rendu le site hôte coresponsable des données collectées | Le revers juridique de l'embed |
| YouTube, Typeform, Calendly, Trustpilot, portails immobiliers | Mécanique connue : lecteur intégrable, mention « Powered by », badges, calculateurs | Pas de chiffres publics fiables |
Les formats techniques
| Format | Effort pour le partenaire | Mesure des contacts | Lisible par Google | Lisible par les robots des IA |
|---|---|---|---|---|
| Iframe | Très faible, un copier-coller | Excellente, tout se passe chez l'éditeur | En partie, et le contenu est attribué à la source | Non |
| Script JavaScript qui injecte le contenu | Faible | Excellente | Oui, si Google exécute le script | Non |
| Web Component | Faible à moyen | Excellente | Comme le script | Non |
| Flux rendu côté serveur (API, JSON, RSS) dans le HTML du partenaire | Moyen, il faut un CMS ou un développeur | Par liens tracés avec un identifiant partenaire | Oui | Oui |
| Plugin WordPress qui rend le flux côté serveur | Faible, installation en un clic | Liens tracés et formulaire hébergé | Oui | Oui |
| Simple badge-lien | Nul | Clics référents | Oui | Oui |
Ce que l'embed fait vraiment au SEO
Ce qui marche. Le contenu servi en HTML chez le partenaire : la documentation de Google rappelle que le rendu côté serveur reste préférable, parce que tous les robots n'exécutent pas JavaScript. S'y ajoutent la mention de marque et le trafic référent, même avec un lien non suivi.
Ce qui marche mal. L'iframe comme support de contenu à classer. Google ne publie pas de règle générale, mais son conseil constant est d'inclure directement dans la page ce que l'on veut voir indexé. Mon interprétation : une iframe ne transmet pas d'autorité utile à l'éditeur et n'enrichit pas la page du partenaire de façon fiable.
Ce qui est risqué.
- Les liens de widget optimisés. Les règles antispam de Google visent explicitement les liens riches en mots-clés ou cachés, intégrés à des widgets diffusés sur de nombreux sites.
- Le lien imposé par contrat. Google range aussi parmi le spam le fait d'exiger un lien sans laisser à l'éditeur du site le choix de le qualifier.
- Le lien contre commission. Un lien obtenu contre un avantage doit porter l'attribut
nofollowousponsored. - Le contenu dupliqué. Si cinquante partenaires republient intégralement les mêmes annonces, on fabrique cinquante copies concurrentes de ses propres pages.
Mon lien d'attribution. Une mention visible, dont l'ancre est la marque et jamais un mot-clé. Le partenaire peut la modifier ou la retirer. Elle est marquée sponsored dès qu'il existe une rétrocession. Je renonce sciemment à l'autorité du lien de widget : le risque de pénalité pèse plus que le gain, et l'effet GEO ne dépend pas de cet attribut.
Ce que voient les IA
L'étude de Vercel et MERJ, publiée en décembre 2024, reste la mesure publique la plus large : elle n'a observé aucune exécution de JavaScript par les robots de ChatGPT, de Claude ou de Perplexity. Gemini s'appuie sur l'infrastructure de Googlebot, qui exécute les scripts. La mesure date, mais à la mi-2026 aucun éditeur d'IA n'a documenté de changement. Je pars donc du principe qu'un widget en JavaScript ou en iframe est invisible pour ces trois assistants.
Trois conséquences :
- Le bloc doit exister en HTML statique chez le partenaire, lisible sans script.
- Les mentions répétées font le travail. Cinquante pages de partenaires qui disent, chacune avec ses mots, qu'elles travaillent avec vous : c'est exactement ce que la section 15 décrit comme décisif, être recommandé par un tiers.
- La page du partenaire peut elle-même se classer sur une requête locale. C'est plus qu'un lien : une page tierce de plus dans les sources que le modèle fait tourner.
Le cadre légal
| Sujet | Règle | Conséquence pour un embed |
|---|---|---|
| Rôles selon la nLPD | Le responsable du traitement choisit, instruit et surveille ses sous-traitants | Dire clairement qui est responsable de quoi, entre l'éditeur de l'embed et le site hôte |
| Devoir d'informer (art. 19 nLPD) | Information active lors de la collecte | Mention dans le formulaire embarqué, avec lien vers la politique de confidentialité |
| Visiteurs de l'UE et arrêt Fashion ID | Le site qui intègre un module tiers est coresponsable de la collecte et de la transmission des données | Un embed sans cookie tiers, pour ne rien collecter au chargement |
| Cookies en Suisse | Régime plus souple que le RGPD, avec consentement pour les usages qualifiés | Mesurer par un identifiant partenaire dans l'adresse plutôt que par cookie |
| Secret professionnel du partenaire | Obligations contractuelles et déontologiques | Aucun mandat client publié sans consentement écrit |
| LCD | Transparence commerciale | Rétrocession déclarée au client final, mention de partenaire rémunéré visible |
Distribuer chez les autres ne dispense pas de tenir sa propre maison. Encore faut-il savoir ce qui y cloche.
Section 18
Auditer son site, et nettoyer ses backlinks
Quick take
En 2026, je confie l'audit d'un site à un agent IA comme à un analyste : il lit mes exports, mesure et classe les corrections, et je décide. J'exige une preuve par constat, et une case vide plutôt qu'un chiffre plausible. Quant aux backlinks, je n'y touche presque jamais : le désaveu ne sert qu'après une action manuelle de Google ou des liens achetés.
Ce qu'on mesure
| Passe | Ce qu'on vérifie | Repère | D'où viennent les données |
|---|---|---|---|
| Performance | Les trois Core Web Vitals : affichage du contenu principal (LCP), réactivité (INP), stabilité visuelle (CLS) | LCP sous 2,5 s, INP sous 200 ms, CLS sous 0,1, pour 75 % des visites réelles | PageSpeed Insights, rapport Search Console |
| Exploration et indexation | Pages en erreur, redirections en chaîne, pages orphelines, plan de site, robots.txt, balises canoniques | Aucune page utile hors de l'index | Search Console, exploration du site |
| Contenu | Pages sans clics, pages qui se concurrencent sur la même requête, titres dupliqués, contenus datés | Une page par intention | Export Search Console sur seize mois |
| Liens | Liens internes cassés, pages supprimées qui reçoivent encore des liens, domaines référents | Aucun lien entrant perdu sur une page morte | Rapport de liens de Search Console, outil tiers |
| Lisibilité par les agents | Contenu visible sans JavaScript, données structurées valides, robots des IA autorisés, formulaires annotés | La page d'action se comprend sans script | Test sans JavaScript, validateur de données structurées |
Trois façons de le faire avec Claude
- Dans la conversation, avec vos exports. Vous joignez l'export Search Console, le rapport PageSpeed et la liste des liens, et vous demandez un classement. Aucun accès au site n'est nécessaire. La limite : Claude n'analyse que ce que vous lui donnez.
- Avec Claude Code et un navigateur piloté. Le serveur MCP Chrome DevTools, maintenu par l'équipe de Chrome, donne à l'agent un vrai navigateur : audit Lighthouse, trace de performance, Core Web Vitals, console, réseau. Il fonctionne avec Claude Code comme avec les autres agents. On lui confie dix pages d'atterrissage, il mesure et il propose les corrections.
- En routine, avec une skill. La procédure s'écrit une fois dans une Agent Skill (section 14), sur le modèle du contrôle mensuel de la section 15 : mêmes pages, mêmes mesures, comparaison au mois précédent, cinq actions classées.
Les consignes qui font un bon audit
- Donner le contexte : le type de site, les pages qui rapportent, l'objectif du trimestre.
- Exiger des preuves : chaque constat avec son adresse et sa mesure, et une case vide plutôt qu'un chiffre plausible.
- Demander un classement par gain attendu et par effort, pas une liste de quatre-vingts points.
- Séparer le constat de la correction : l'audit ne modifie rien. Chaque changement passe par une validation, page par page, avec la liste de ce qui disparaît.
- Faire remesurer après correction.
Trois demandes qui fonctionnent :
- « Voici l'export Search Console des seize derniers mois. Classe les vingt pages qui ont perdu le plus de clics, et dis pour chacune si la cause probable est la position, le taux de clic ou la demande. »
- « Audite ces dix pages en mobile. Donne pour chacune le LCP, l'INP et le CLS mesurés, la cause principale et la correction au meilleur rapport gain sur effort. »
- « Ouvre ces cinq pages sans JavaScript et dis-moi ce qu'un robot d'IA peut encore y lire. »
Les limites
- Laboratoire contre terrain. Lighthouse mesure en laboratoire, alors que Google juge sur les visites réelles. Les deux chiffres diffèrent, et c'est le second qui compte.
- Une cause proposée reste une hypothèse tant que la mesure d'après ne l'a pas confirmée.
- Les accès. Lecture seule sur Search Console, aucun mot de passe dans la conversation. Le serveur Chrome DevTools expose à l'agent tout ce que le navigateur affiche : je lui réserve un profil de navigation séparé.
Nettoyer les mauvais backlinks : presque jamais
Google ignore de lui-même la plupart des liens de spam, et ses porte-parole le répètent : la grande majorité des sites n'a jamais besoin de l'outil de désaveu, qui reste disponible en 2026. « Lien toxique » n'est pas un terme de Google, et les scores de toxicité des outils tiers ne reflètent pas son algorithme. Une agence qui vend un nettoyage de liens comme prestation d'entretien vend surtout de la peur.
Le désaveu se justifie dans deux cas :
- Une action manuelle pour liens artificiels apparaît dans Search Console.
- Vous savez que des liens ont été achetés ou fabriqués pour le site, par vous ou par un prestataire passé, et vous voulez prendre les devants.
Dans ces deux cas, la marche à suivre :
- Vérifier la rubrique des actions manuelles dans Search Console. S'il n'y a rien et aucun passif, on s'arrête là.
- Exporter les liens depuis Search Console et un outil tiers.
- Faire trier par Claude, domaine par domaine : lien acheté ou échangé connu, réseau de sites, annuaire, spam automatique, lien légitime. Un humain relit chaque domaine avant toute décision.
- Demander d'abord le retrait des liens que vous avez vous-même créés.
- Déposer le fichier de désaveu, une ligne par domaine, dans l'outil de Google, et en garder une copie datée : chaque nouveau fichier remplace le précédent.
- Demander un réexamen s'il y avait une action manuelle.
Le risque est réel : désavouer un bon lien, c'est demander à Google de l'ignorer. L'outil fait plus de mal que de bien quand on s'en sert par précaution.
Le nettoyage qui rapporte est ailleurs : rediriger les pages supprimées qui reçoivent encore des liens, réparer les liens internes cassés, supprimer les chaînes de redirections, corriger les fiches d'annuaires obsolètes. C'est aussi l'argument le plus simple contre les liens achetés de la section 15 : ce qu'on n'achète pas, on n'a pas à le nettoyer.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Une annonce que Google n'indexe pas, ou une page qui met six secondes à s'afficher sur un téléphone, c'est une entreprise que son repreneur ne verra jamais. L'audit ne sert pas le site : il sert chaque dossier publié.
En pratique. Sur une plateforme d'annonces, quatre points méritent un contrôle régulier : les annonces qu'un courtier publie aussi sur d'autres plateformes et la page que Google doit retenir, le sort des annonces expirées, la cohérence entre les quatre langues, et la vitesse des pages de liste, les plus consultées sur mobile.
L'agent mesure, trie et propose. Mais pour le diriger et relire son travail, faut-il encore savoir coder ?
Section 19
Langages de programmation : étude comparative à l'ère du vibe coding
Quick take
À l'ère du vibe coding, l'IA écrit le code ; il reste à savoir quoi lui demander, et à relire ce qu'elle rend. Je ne demande donc à personne de devenir développeur. Je demande de savoir interroger ses données en SQL, puis de comprendre assez de TypeScript et de Python pour relire.
Le contexte 2025-2026
Selon le rapport Octoverse 2025 de GitHub, TypeScript est devenu en août 2025 le langage le plus utilisé sur GitHub pour la première fois, avec 2'636'006 contributeurs mensuels (+66 % sur un an), soit environ 42'000 de plus que Python. GitHub attribue cette croissance aux outils d'IA, qui produisent du code plus fiable avec des types stricts, et note que Python reste dominant dans l'IA et le machine learning. Le même rapport indique que 80 % des nouveaux développeurs utilisent Copilot dès leur première semaine.
Tableau comparatif pour un growth hacker
| Critère | Python | JavaScript / TypeScript | SQL | Go | Rust | Bash | No-code (n8n, Make, Zapier) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Courbe d'apprentissage | Douce | Moyenne (TS ajoute les types) | Douce pour l'essentiel | Moyenne | Raide | Douce mais piégeuse | Très douce |
| Écosystème IA / agents | Excellent (SDK officiels, frameworks d'agents) | Excellent (SDK MCP, Apps SDK, front-end) | Indirect | Bon côté infrastructure | Limité | Glue | Bon (nœuds IA, MCP) |
| Scraping | Excellent (Playwright, BeautifulSoup, Scrapy) | Excellent (Playwright, Puppeteer) | Sans objet | Bon (performances) | Possible | Basique (curl) | Limité |
| Automatisation | Excellent | Excellent | Sans objet | Bon | Moyen | Bon pour scripts système | Excellent pour flux simples |
| Data | Excellent (pandas, notebooks) | Moyen | Indispensable | Moyen | Moyen | Faible | Faible |
| Qualité du code généré par IA | Très bonne | Très bonne, renforcée par le typage | Très bonne | Bonne | Correcte mais exigeante | Risquée | Sans objet |
| Déploiement web | Bon | Excellent (Vercel, Cloudflare Workers) | Sans objet | Excellent (binaire unique) | Excellent mais complexe | Sans objet | Hébergé |
Recommandation finale
- SQL d'abord : c'est le langage de la vérité. Sans SQL, vous dépendez de quelqu'un pour savoir si votre test a marché.
- TypeScript ensuite : le meilleur choix pour construire des sites, des serveurs MCP, des apps dans les assistants et des automatisations déployées. Le typage rend le vibe coding plus sûr.
- Python en complément : pour l'analyse de données, le scraping et les prototypes d'agents.
- n8n ou Make pour orchestrer sans coder ce qui doit l'être.
- Go et Rust : seulement si vous construisez de l'infrastructure. Bash : assez pour lire et lancer des scripts.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Pour aider un patron à transmettre, il faut savoir où le marché se bloque : dans quel canton, dans quel métier les repreneurs manquent. Ces réponses sont dans les données, à condition de savoir les interroger.
En pratique.
- SQL d'abord : le nombre de repreneurs par annonce dans chaque canton et chaque secteur, le délai jusqu'au premier contact et le nombre de mises en relation par semaine se calculent en quelques requêtes.
- TypeScript ensuite : c'est le langage d'un serveur MCP.
- Python pour le baromètre : nettoyer les annonces, dédoublonner celles qu'un courtier a publiées plusieurs fois, produire les séries par trimestre.
Savoir interroger des données suppose d'en avoir. La tentation est alors d'aller les prendre chez les autres, et c'est là que le droit commence.
Section 20
Le scraping : bonnes pratiques à l'heure de l'IA
Quick take
Collecter des données publiques n'est pas interdit, mais ce n'est jamais gratuit en droit. La bonne question n'est pas « puis-je collecter ? », mais « que vais-je en faire ? ». En 2026, le web se ferme aux robots des IA, et une place de marché a surtout à se protéger : ses annonces sont ce que les autres viennent prendre.
Le cadre légal
Suisse. La nouvelle loi sur la protection des données (nLPD), en vigueur depuis le 1er septembre 2023, s'applique dès que des données personnelles sont collectées, y compris si elles sont publiques ; les principes de transparence, de proportionnalité et de finalité s'appliquent, et les amendes pénales (jusqu'à 250'000 francs) visent les personnes physiques responsables. La loi contre la concurrence déloyale (LCD) peut sanctionner la reprise d'un résultat de travail d'autrui par des procédés techniques sans effort propre approprié (art. 5 let. c LCD). Le droit d'auteur protège les contenus originaux.
Union européenne. Le RGPD s'applique aux données personnelles collectées par scraping. Le droit sui generis des bases de données protège les investissements substantiels. L'exception de fouille de textes et de données (TDM) de la directive 2019/790 permet l'extraction, sauf si le titulaire s'y est opposé de manière lisible par machine (par exemple via robots.txt ou des métadonnées).
Jurisprudences récentes notables.
- GEMA c. OpenAI (Tribunal régional de Munich I, 11 novembre 2025, 42 O 14139/24) : le tribunal a jugé que la mémorisation de paroles de chansons dans les modèles et leur reproduction dans les réponses constituent des atteintes au droit d'auteur, et que l'exception TDM ne couvre pas cette situation. Le jugement n'est pas définitif.
- Getty Images c. Stability AI (High Court d'Angleterre, 4 novembre 2025) : Stability AI l'a largement emporté sur le droit d'auteur, le tribunal estimant que le modèle ne stocke ni ne reproduit les œuvres de Getty, avec une contrefaçon de marque limitée liée aux filigranes ; Getty avait abandonné son grief principal sur l'entraînement.
Lecture : l'Europe continentale se montre plus stricte que le Royaume-Uni. Pour un growth hacker, la question n'est pas seulement « ai-je le droit de collecter ? », mais « que vais-je faire des données, et est-ce que je reproduis des contenus protégés ? »
Le web se ferme aux bots IA
Le 1er juillet 2025, Cloudflare a commencé à bloquer par défaut les crawlers IA sur les nouveaux domaines et lancé « Pay per Crawl », qui permet de facturer l'accès via le code HTTP 402. Ses données de juin 2025 montraient des ratios crawl/visite renvoyée d'environ 14 pour 1 pour Google, 1'700 pour 1 pour OpenAI et 73'000 pour 1 pour Anthropic. Le 1er juillet 2026, Cloudflare a annoncé l'étape suivante, appliquée depuis le 15 septembre : le blocage par défaut des robots d'IA sur les pages financées par la publicité. Selon plusieurs sources secondaires, Pay per Crawl doit aussi laisser place à un modèle « Pay per Use », qui rémunère les éditeurs quand leur contenu sert à une réponse. Les réglages qui en découlent sont décrits en section 28.
Bonnes pratiques
- Préférez l'API officielle ou un flux de données licencié chaque fois qu'il existe.
- Respectez robots.txt et les CGU ; identifiez votre bot avec un user-agent honnête et un contact.
- Limitez la fréquence pour ne pas dégrader le service visé.
- Minimisez les données personnelles : collectez seulement ce qui est nécessaire, documentez la base légale, informez si vous recontactez.
- Ne contournez jamais une authentification, un paywall ou un blocage technique.
- Ne reproduisez pas des contenus protégés ; extrayez des faits, pas des œuvres.
- Avec les LLM : l'extraction assistée par IA (des outils qui transforment une page en données structurées) est puissante, mais les mêmes règles s'appliquent ; les navigateurs agentiques qui agissent « comme un humain » ne vous exonèrent pas des CGU.
Alternatives
Données ouvertes (opendata.swiss, registres du commerce via Zefix), partenariats d'échange de données, enquêtes propriétaires, achat de jeux de données licenciés, et données zero-party déclarées par vos utilisateurs.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Plus une annonce circule, plus l'entreprise a de chances d'être reprise. Mais l'identité du patron ne doit jamais circuler avec elle. Tout l'enjeu est de laisser passer l'une sans laisser fuir l'autre.
En pratique. Pour une place de marché, la question se pose surtout dans un sens : celui où l'on vient prendre ses annonces.
- Quand elle est aspirée, ses annonces nourrissent des agrégateurs et des réponses d'IA qui ne renvoient personne. La parade : un extrait public, le détail derrière l'accord de confidentialité, et des conditions d'utilisation claires.
- Mieux vaut offrir un flux que subir un pillage : un flux officiel et tracé (section 35).
- Quand elle collecte à son tour, la règle est celle de toute cette section : des sources ouvertes ou des partenaires qui ont donné leur accord, l'origine mentionnée, et jamais le travail d'un concurrent repris tel quel (art. 5 let. c LCD).
Les données des autres se prennent sous conditions. Il existe pourtant un canal dont les données vous appartiennent entièrement, et qu'on enterre chaque année : l'email.
Section 21
Le mailing : automation, newsletter, délivrabilité
Quick take
L'email reste le seul canal qui m'appartient. En 2026, une IA le résume avant que mon lecteur l'ouvre : l'objet et la première phrase portent tout le message. Je l'écris donc comme une lettre, pas comme une affiche.
L'état en 2026
Deux forces ont transformé l'email : les exigences d'authentification des grands fournisseurs et les résumés IA dans les boîtes de réception.
Délivrabilité : les règles du jeu
- Google et Yahoo imposent depuis février 2024 aux expéditeurs de plus de 5'000 messages par jour : SPF, DKIM, DMARC, désinscription en un clic et taux de plaintes bas.
- Microsoft applique depuis le 5 mai 2025 des exigences similaires pour Outlook.com, Hotmail.com et Live.com : SPF et DKIM doivent passer, et un enregistrement DMARC d'au moins p=none, aligné sur SPF ou DKIM, est requis pour les expéditeurs de plus de 5'000 emails par jour ; les messages non conformes sont rejetés.
Mon conseil : configurez SPF, DKIM et DMARC même si vous envoyez 50 emails par semaine. C'est gratuit et c'est devenu une condition d'existence.
Les résumés IA dans les boîtes de réception
Gmail, Apple Mail et Outlook proposent désormais des résumés générés par IA. Conséquences : votre objet et votre première phrase doivent porter le message essentiel ; un email clair et structuré sera mieux résumé ; les taux d'ouverture deviennent encore moins fiables comme indicateur, privilégiez clics, réponses et conversions.
La newsletter comme média possédé
Une newsletter est un actif qui ne dépend ni d'un algorithme ni d'un moteur de recherche. En 2026, c'est aussi une source de contenu original que vous pouvez republier sur votre site pour nourrir le GEO.
Séquences d'automation qui fonctionnent
- Bienvenue (3 à 5 emails) : promesse, meilleur contenu, première action.
- Activation : déclenchée par le comportement (pas d'usage après 3 jours).
- Réactivation : avant de supprimer les inactifs (ce qui protège votre délivrabilité).
- Transactionnel enrichi : confirmations et récapitulatifs qui apportent une valeur.
Cold emailing : le cadre légal
- Suisse : l'art. 3 al. 1 let. o LCD interdit l'envoi de publicité de masse par voie électronique sans consentement préalable, sans indication correcte de l'expéditeur ou sans possibilité de refus simple et gratuit ; une exception existe pour les clients existants concernant des produits similaires. La nLPD s'applique au traitement des adresses.
- Union européenne : la directive ePrivacy impose le consentement préalable pour les personnes physiques ; les règles B2B varient selon les pays (la France, par exemple, tolère la prospection B2B sur une adresse professionnelle si le message est en rapport avec la fonction et qu'un droit d'opposition est offert). Le RGPD s'applique à toute donnée personnelle.
Mon avis : le cold emailing de masse est en 2026 un pari perdant (juridiquement risqué et techniquement filtré). Le cold emailing ultra-ciblé, personnalisé et peu volumineux reste viable en B2B.
Outils
Brevo (origine française, adapté au contexte RGPD), Mailchimp, Klaviyo (e-commerce), Customer.io (produit), Beehiiv et Substack (newsletters média), ainsi que des solutions hébergées en Suisse ou dans l'UE pour les données sensibles.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Une transmission se prépare pendant des années et se joue en quelques semaines. L'email est le seul canal qui tient cette durée : il accompagne le patron tant qu'il hésite, et il prévient le repreneur le jour où l'entreprise qu'il attendait apparaît.
En pratique. Trois publics, donc trois listes et trois tons.
- Aux repreneurs, une alerte par critères (canton, secteur, budget) et un récapitulatif hebdomadaire.
- Aux cédants, une séquence lente après l'estimation. La décision de vendre mûrit pendant des mois : des repères pour se préparer, jamais de relance pressante.
- Aux partenaires, une lettre mensuelle des nouveaux dossiers par canton.
- Ce que LEEZ ne fait pas : écrire en masse à des dirigeants dont l'adresse vient d'un registre. La LCD l'encadre, et la réputation de la plateforme ne s'en remettrait pas.
L'email entretient une relation, il ne la crée pas. Pour la créer, rien n'a remplacé ce que les machines ne savent pas faire : réunir des gens dans une même pièce.
Section 22
Créer une communauté : le besoin de rencontre entre humains
Quick take
Plus les échanges passent par des machines, plus une poignée de main vaut cher. Une communauté ne naît pas sur Discord : je commence toujours par vingt personnes dans une salle, à date fixe. Le groupe en ligne vient ensuite.

Les données sur la solitude
Le rapport de la Commission de l'OMS sur le lien social (30 juin 2025) estime qu'une personne sur six dans le monde souffre de solitude, et que la solitude est associée à environ 871'000 décès par an, soit environ 100 décès par heure. Les adolescents de 13 à 17 ans sont les plus touchés (20,9 %). L'Assemblée mondiale de la santé a adopté en mai 2025 sa première résolution sur le lien social.
Interprétation pour un growth hacker : la rencontre devient rare, donc précieuse. C'est un avantage concurrentiel que l'IA ne peut pas copier.
Le retour des événements physiques
Run clubs, dîners entre inconnus, meetups thématiques, communautés de fondateurs : le format importe moins que trois constantes : un rituel régulier (même jour, même lieu), une barrière d'entrée légère mais réelle (inscription, petite participation), et un rôle pour chaque membre.
La mécanique de croissance par la communauté
- Noyau : 10 à 20 personnes engagées qui reviennent.
- Rituel : un rendez-vous récurrent et un format reconnaissable.
- Identité : un nom, un symbole, un langage partagé.
- Contribution : les membres créent du contenu, organisent, invitent.
- Amplification : chaque événement produit des contenus (photos, récits, témoignages) qui recrutent les suivants.
Le Burgerpass (section 4) en est un exemple local : une communauté de « burgerlovers » qui rapproche consommateurs et restaurateurs.
Mon conseil
Ne lancez pas une « communauté » sur Discord en espérant qu'elle vive seule. Commencez par un événement physique mensuel de 20 personnes ; la communauté en ligne suivra.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Une entreprise ne se transmet pas à un inconnu. La décision se prend entre deux personnes qui se sont vues et se font confiance. Créer ces rencontres, c'est raccourcir le chemin entre un patron qui veut partir et quelqu'un qui veut continuer.
En pratique. Les deux publics n'ont pas le même rapport à la visibilité : le repreneur veut être vu, le cédant surtout pas.
- Un cercle de repreneurs par canton, avec des rencontres ouvertes.
- Des rencontres fermées pour les cédants, sur invitation, organisées avec leur fiduciaire.
- Des soirées avec les associations de fiduciaires de chaque canton, où LEEZ présente ses chiffres sur la transmission.
C'est aussi la meilleure réponse à la désintermédiation : on revient sur la plateforme pour ce qu'elle rassemble, pas seulement pour une annonce.
Vingt personnes dans une salle, c'est un début. Combien en faut-il pour faire vivre une entreprise ? Moins qu'on ne le croit, et un essai de 2008 a donné le chiffre.
Section 23
Les 1'000 vrais fans
Quick take
Je n'ai pas besoin d'un million d'utilisateurs. J'ai besoin de mille personnes qui ne se passeraient plus du produit, et de les connaître par leur nom. En B2B, quelques dizaines de comptes suffisent. Et en 2026, quand un algorithme ou une IA peut s'interposer, la relation directe est ce qu'il y a de plus difficile à garder.
L'idée de Kevin Kelly
En 2008, Kevin Kelly, cofondateur du magazine Wired dont il fut le premier rédacteur en chef exécutif, publie un essai devenu classique : « 1,000 True Fans ». Sa thèse : pour vivre de son travail, un créateur n'a pas besoin d'un succès de masse. Il lui suffit de mille vrais fans, c'est-à-dire de personnes qui achètent tout ce qu'il produit. À 100 dollars de marge par fan et par an, cela fait 100'000 dollars de revenu.
Kelly pose deux conditions :
- Produire assez chaque année pour que chaque fan ait de quoi dépenser cette somme. Il est plus facile de donner davantage à ses clients actuels que d'en trouver de nouveaux.
- Garder une relation directe, sans intermédiaire qui prélève l'essentiel ou qui garde le contact à votre place.
Le chiffre est un ordre de grandeur, pas une loi. À deux, il faut deux mille fans. À 50 dollars par an, il en faut aussi deux mille. Autour de ce noyau gravitent des cercles de fans occasionnels : on ne travaille que pour le centre, et le reste suit.
Ce qui a changé depuis
| Modèle | Combien | Ce que chacun paie par an | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Kevin Kelly, 2008 | 1'000 vrais fans | 100 dollars | Artistes, auteurs, créateurs |
| Li Jin, 2020 | 100 vrais fans | 1'000 dollars | Experts, formateurs, offres à forte valeur |
| Ma transposition en B2B | Quelques dizaines de comptes | Plusieurs milliers de francs | Logiciels et services de niche |
En 2020, Li Jin, alors chez Andreessen Horowitz, propose de diviser le nombre par dix : cent personnes prêtes à payer 1'000 dollars par an. Kelly a salué cette extension. La différence n'est pas qu'arithmétique : à ce prix, on ne vend plus un soutien, on vend un résultat.
Trois choses ont bougé depuis 2008 :
- Les outils de la relation directe existent : lettre payante, abonnement, communauté privée.
- Les plateformes se sont interposées. Un algorithme décide de qui voit quoi, et une IA répond parfois à votre place. La seconde condition de Kelly est devenue la plus difficile à tenir, d'où l'importance de l'email (section 21) et des rencontres (section 22).
- Le contenu est devenu abondant. Quand tout le monde peut produire, on s'attache à des personnes, pas à des textes.
La critique la plus juste : mille vrais fans, c'est beaucoup. Peu de gens achètent tout ce que produit quelqu'un, et il faut des années pour les réunir. La théorie ne vaut pas non plus pour un achat unique : on ne devient pas le fan d'un produit qu'on n'achète qu'une fois.
Comment je m'en sers
- Définir le vrai fan par un comportement mesurable, pas par un sentiment.
- Les compter honnêtement. Le chiffre est toujours plus petit qu'on ne le croit.
- Connaître les cent premiers par leur nom et leur parler directement.
- Tenir un canal qu'aucune plateforme ne peut couper.
- Leur donner chaque année une raison d'acheter, de revenir ou de recommander.
- Suivre la part de l'activité qui vient d'eux.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Le fiduciaire voit venir la retraite d'un patron des années avant tout le monde : elle se lit dans ses comptes. S'il pense à LEEZ à ce moment-là, la transmission se prépare à temps au lieu de s'improviser.
En pratique. Une place de marché bouscule la théorie. Le cédant vend son entreprise une seule fois : il ne sera jamais un fan au sens de Kelly. Les vrais fans sont ailleurs.
- Les fiduciaires et les courtiers qui apportent chaque dossier. C'est le modèle des cent vrais fans : cent partenaires actifs valent plus que dix mille visiteurs.
- Les repreneurs en veille active, qui ouvrent chaque alerte et signent plusieurs accords de confidentialité. Le site affiche un peu plus de 300 inscrits : je viserais mille repreneurs vérifiés et réellement actifs.
- Les anciens cédants et repreneurs qui acceptent de témoigner.
Deux définitions mesurables : un partenaire qui a apporté au moins trois dossiers en douze mois, et un repreneur qui obtient au moins une mise en relation qualifiée par trimestre. Le vrai fan est aussi la meilleure réponse à la désintermédiation : il revient sur la plateforme alors même qu'il pourrait s'en passer.
Ces fans-là méritent mieux qu'une campagne. Il existe un message que presque plus personne n'envoie, et qu'on ne jette pas sans le lire.
Section 24
La boîte aux lettres : écrire à la main, une pratique oubliée
Quick take
La boîte aux lettres est moins encombrée que la boîte email. Une lettre écrite à la main se lit comme un effort, donc comme une marque de respect. Je la réserve aux cinquante personnes qui comptent : vingt lettres par mois à des décideurs choisis valent souvent mieux que 2'000 emails froids.

Pourquoi ça marche encore
Une boîte aux lettres physique est moins encombrée qu'une boîte email ; une lettre manuscrite est perçue comme un effort, donc comme une marque de respect. C'est le principe de réciprocité dans sa forme la plus pure.
Données de réponse
Des éditions du Response Rate Report de l'ANA/DMA aux États-Unis, reprises par des sources secondaires, donnent pour le courrier physique des taux de réponse de 5 à 9 % sur les fichiers clients et de 3 à 5 % sur les fichiers de prospects (édition 2018), et un taux moyen de 4,4 % pour le courrier contre 0,12 % pour l'email. Ces chiffres sont anciens et américains : le mieux reste de mesurer vos propres taux avec un code ou une adresse dédiés.
Les formats
- Lettre manuscrite authentique : pour les 50 prospects ou clients les plus importants.
- Lettre « manuscrite » robotisée : des services utilisent des robots tenant de vrais stylos pour produire des lettres à l'apparence manuscrite à grande échelle. Efficace si le texte est réellement personnalisé ; contre-productif si le destinataire découvre une fausse intimité.
- Direct mail imprimé : cartes, catalogues, échantillons.
Le contexte suisse
La Poste propose des offres de courrier publicitaire adressé et non adressé (PromoPost). Attention : de nombreux ménages affichent l'autocollant « Stop publicité », qui doit être respecté pour les envois non adressés. Pour les envois adressés, la nLPD s'applique à l'utilisation des adresses : leur provenance doit être licite et le destinataire doit pouvoir s'opposer.
Mon conseil
Combinez : un email d'annonce, une lettre manuscrite pour les comptes clés, un suivi téléphonique. Pour une PME B2B romande, 20 lettres manuscrites par mois à des décideurs ciblés valent souvent mieux que 2'000 emails froids.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Beaucoup de patrons proches de la retraite ne cherchent rien en ligne. Ils n'ont pas encore décidé de vendre, et aucune publicité en ligne ne les atteindra. Une lettre va les trouver là où ils sont, pendant qu'il est encore temps de préparer la suite.
En pratique. Vingt à cinquante lettres par mois, sur un segment étroit, par exemple les restaurateurs d'un canton : une carte manuscrite, une phrase sur la discrétion, un code QR vers l'estimation gratuite. Les adresses viennent de sources licites, chaque lettre offre un moyen simple de ne plus en recevoir, et un code QR propre à chaque envoi permet de mesurer.
La lettre touche cinquante personnes. Pour en toucher cinquante mille dans une région, un canal que l'on disait fini reprend des couleurs : la radio régionale.
Section 25
La publicité à la radio et son recyclage en podcast
Quick take
Les radios privées régionales gagnent des auditeurs pendant que tout le monde regarde ailleurs : One FM a signé en 2025 sa meilleure audience depuis quatre ans. Un spot ne se mesure pas au clic, mais aux recherches de marque. Et il se recycle en podcast, puis en page.

Les audiences en Suisse
Selon Mediapulse, au second semestre 2025, les personnes de 15 ans et plus ont écouté en moyenne 76 minutes de radio en direct par jour, une audience restée solide malgré l'arrêt partiel de la FM. La pénétration quotidienne atteignait 76 % en Suisse italienne, 70 % en Suisse alémanique et 65 % en Suisse romande. Au premier semestre 2026, la radio comptait plus de 5 millions d'auditeurs quotidiens et près de 7 millions d'auditeurs hebdomadaires ; en Suisse romande, 64 % des habitants l'écoutent chaque jour, pour une durée moyenne de 88 minutes par auditeur.
L'effet de l'arrêt de la FM. La SSR a abandonné la FM fin 2024. Selon des chiffres cités par les radios privées, la RTS a perdu près d'un quart de ses auditeurs au premier semestre 2025 (-19 % pour La Première, -46 % pour Couleur 3, -49 % pour Espace 2), au profit notamment des radios étrangères et privées. One FM a revendiqué 341'000 auditeurs hebdomadaires au premier semestre 2025, sa meilleure audience depuis quatre ans, et Radio Lac 180'000. Selon la SSR, plus de 80 % des minutes de radio sont désormais écoutées en numérique (Internet ou DAB+).
Lecture growth. Les radios privées régionales romandes gagnent des auditeurs et restent abordables : un canal sous-estimé pour une marque locale. Les tarifs se demandent directement aux régies.
Efficacité
La radio est un média de répétition et de contexte (voiture, matin, travail). Elle excelle pour la notoriété locale, les offres datées et les messages simples. Elle se mesure mal en attribution directe : utilisez une URL courte dédiée, un code promo ou un numéro spécifique, et observez les recherches de marque pendant la campagne.
Les podcasts
Deux formats dominent : les publicités lues par l'animateur (host-read), perçues comme une recommandation, et l'insertion dynamique (DAI), qui permet de cibler et de remplacer les spots dans le catalogue d'épisodes.
Recycler la radio en podcast et inversement
- Spot radio → pré-roll podcast : même script, adapté à une lecture par l'animateur.
- Interview radio → épisode de podcast : récupérez les droits, publiez la version longue, découpez en extraits vidéo pour les réseaux.
- Podcast → chronique radio : proposez à une radio locale une chronique de 2 minutes tirée de vos épisodes.
- Tout → texte : transcrivez, structurez et publiez sur votre site pour le SEO et le GEO.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. L'artisan ou le restaurateur qui approche de la retraite écoute la radio régionale dans sa voiture ou son atelier. Lui dire là, simplement, que vendre est possible et discret, c'est lui montrer une porte qu'il ne savait pas chercher.
En pratique. Le message tient en une phrase : « Vous pensez à remettre votre entreprise ? Estimez-la en cinq minutes, en toute discrétion. » Une adresse courte par station permet de mesurer. Une chronique mensuelle, « une entreprise à reprendre », devient ensuite un épisode de podcast, puis une page du site.
Un spot, un podcast, une page : à force de produire des contenus, une question finit par se poser. Faut-il aller au bout, et devenir soi-même un média ?
Section 26
Pourquoi créer un média d'entreprise
Quick take
Un média d'entreprise, c'est une petite rédaction logée dans l'entreprise, qui sert son public avant de servir la vente. Il vaut l'investissement si l'entreprise détient une matière que personne d'autre ne possède, et si elle a la patience de le financer deux ans.
La question
Faut-il engager un rédacteur, aménager une media room, produire ses vidéos et signer des éditos ? Autrement dit, une entreprise a-t-elle intérêt à se comporter comme un média, plutôt qu'à confier ses contenus à son département marketing ?
Je ne parle pas de lancer un média indépendant, qui vivrait de ses abonnés ou de sa publicité. Je parle d'un média financé par une entreprise, pour servir son activité.
Ce qui sépare un média d'un département marketing
| Département marketing | Média d'entreprise | |
|---|---|---|
| Point de départ | Le produit et la campagne | Le public et ses questions |
| Rythme | Des temps forts, puis le silence | Un rendez-vous fixe, tenu toute l'année |
| Voix | La marque | Des personnes : un rédacteur en chef, des signatures |
| Sujets | L'offre | Le métier des clients, y compris ce qui ne se vend pas |
| Audience | Louée aux plateformes, campagne après campagne | Possédée : les abonnés d'une lettre, d'une chaîne, d'un podcast |
| Mesure | Contacts et coût d'acquisition, au trimestre | Abonnés fidèles, recherches de marque et citations, sur deux ans |
| Budget | Une dépense | Un actif |
Le test tient en une question : si l'entreprise cessait de vendre demain, le public continuerait-il à lire ? Si oui, c'est un média.
L'idée a plus d'un siècle
- John Deere publie depuis 1895 The Furrow, un magazine pour les agriculteurs.
- Michelin édite depuis 1900 un guide qui donne aux automobilistes des raisons de rouler, donc d'user des pneus.
- Coop et Migros publient les hebdomadaires qui restent en tête des titres imprimés les plus lus de Suisse.
- Red Bull a fondé en 2007 Red Bull Media House, une société de production à part entière.
- HubSpot a racheté en 2021 la lettre d'information The Hustle, plutôt que de continuer à louer l'audience des autres.
À l'échelle d'une PME, c'est ce que nous avons fait avec Tayo Tayo (section 6) : un média pour le monde immobilier, tourné jusque dans les bureaux de nos clients.
Pourquoi la question se repose en 2026
- Le contenu générique ne vaut plus rien. Une IA rédige en quelques secondes un article correct sur n'importe quel sujet. Ce qui garde de la valeur, c'est ce qu'elle ne peut pas fabriquer : des données propres, un accès au terrain, des visages, un avis assumé.
- Les machines citent des sources. Un média qui produit des chiffres et des analyses originales devient une source pour les assistants IA (section 15).
- L'audience possédée protège des algorithmes. Une liste d'abonnés ne dépend ni d'un moteur ni d'un réseau social.
- Produire coûte moins cher. Une pièce calme, deux caméras et de bons micros suffisent pour tenir un format régulier.
Ce qu'il faut mettre en place
| Brique | À quoi elle sert | En interne ou à l'extérieur |
|---|---|---|
| Un rédacteur en chef | Tenir la ligne, choisir les sujets, refuser les contenus promotionnels | En interne. C'est le seul poste indispensable |
| La production vidéo | Tourner et monter les formats | À l'extérieur au début, en interne quand le volume le justifie |
| Une media room | Enregistrer vite et souvent, sans louer de studio | En interne, quand le rythme devient hebdomadaire |
| Les éditos | Donner un avis signé par un dirigeant | En interne, écrits avec le rédacteur en chef |
| La distribution | Amener chaque contenu à son public : lettre, LinkedIn, YouTube, podcast | En interne |
Quand il vaut mieux s'abstenir
- Sans matière propre. Sans données, sans accès au terrain et sans expertise rare, le média ne produira que du contenu générique.
- Sans patience. Les résultats demandent 12 à 24 mois.
- Avec une direction qui veut tout relire. Si chaque article doit vendre, l'équipe redevient un département marketing et le public s'en va.
- En comptant sur le trafic. Avec les réponses sans clic, il faut viser la notoriété et la citation, pas les visites.
- En comptant sur le budget. Le fonds américain Andreessen Horowitz a lancé son média, Future, en 2021 et l'a arrêté l'année suivante.
Mon conseil
Faites un test de 90 jours avant d'engager qui que ce soit : un sujet étroit, un format, un rendez-vous, une signature, et une production confiée à l'extérieur. Si les abonnés restent et répondent, engagez le rédacteur en chef. La media room vient en dernier.
Restez étroit et profond : « le growth hacking en Suisse romande » plutôt que « le marketing digital ». Trois formats suffisent : un format phare (le rapport annuel), un format récurrent (la newsletter mensuelle), un format humain (des rencontres ou un podcast).
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. On parle peu de transmission. Les patrons n'osent pas, et beaucoup de jeunes ignorent que reprendre est une autre façon d'entreprendre. Un média rend le sujet visible, avec des chiffres qui montrent où des PME risquent de disparaître.
En pratique. Le baromètre trimestriel est le format phare, la lettre mensuelle le format récurrent, les rencontres le format humain. Le guide de référence sur le financement de la reprise, dans son édition 2026, est un autre format phare. D'autres acteurs publient déjà une lettre sur la transmission en Suisse romande : LEEZ se distingue par ce qu'elle seule possède, les données de ses annonces.
Avec quels moyens. Pas de media room pour commencer. Une personne responsable de la ligne éditoriale, une production vidéo confiée à l'extérieur, et un rendez-vous tenu pendant un an avant d'investir dans un studio.
Un média se construit sur deux ans. À l'autre bout du spectre, il y a ce qui se joue en quarante-huit heures : le mème.
Section 28
Les images à l'heure de l'IA
Quick take
Une image ne se classe plus seulement dans Google Images. Des IA la lisent, la décrivent et parfois la reprennent. Je décide donc, image par image, si je veux qu'on la trouve ou qu'on la laisse tranquille, et je règle les robots un par un : la recherche ouverte, l'entraînement fermé.
Comment une image est trouvée
Google lit la page avant l'image. Sa documentation demande d'intégrer les images avec la balise HTML standard, et précise qu'il déduit leur sujet du contenu de la page : texte voisin, légende, titre. Une même image peut ensuite apparaître dans l'onglet Images, en vignette à côté d'un lien, dans Discover, dans Google Lens et dans les réponses générées.
La recherche visuelle a changé d'échelle. Google annonce plus de 25 milliards de recherches par mois dans Lens en mars 2026, dont une sur cinq à intention commerciale. Ce sont ses propres chiffres, non audités. La caméra du téléphone est devenue une barre de recherche : une photo de produit, de plat ou de lieu sert de porte d'entrée.
Les assistants IA lisent les pixels : les objets, le texte incrusté, les graphiques. Mais pour choisir et citer une image, ils s'appuient surtout sur ce qui l'entoure : la page, la légende, le texte alternatif, les métadonnées. Aucune étude indépendante ne mesure encore le poids de chacun de ces signaux.
Les robots qui viennent chercher les images
| Robot | Éditeur | À quoi il sert | Ce que coûte un blocage |
|---|---|---|---|
| Googlebot et Googlebot-Image | Recherche, Images, Discover, réponses générées | Toute la visibilité dans Google | |
| Google-Extended | Entraînement de Gemini | Rien dans la recherche, selon Google | |
| GPTBot | OpenAI | Entraînement des modèles | Rien dans ChatGPT |
| OAI-SearchBot | OpenAI | Recherche de ChatGPT, celle qui cite ses sources | La présence dans ChatGPT |
| ChatGPT-User | OpenAI | Lecture d'une page à la demande d'un utilisateur | Les lectures en direct |
| ClaudeBot et Claude-SearchBot | Anthropic | Entraînement pour le premier, recherche pour le second | Selon le robot bloqué |
| PerplexityBot | Perplexity | Recherche | La présence dans Perplexity |
| Applebot-Extended | Apple | Entraînement | Rien dans la recherche |
| CCBot | Common Crawl | Archive ouverte, très utilisée pour l'entraînement | Rien |
Deux pièges. Googlebot sert à la fois la recherche et les réponses générées de Google : on ne peut pas refuser les secondes sans perdre la première. Et OpenAI précise que ChatGPT-User, déclenché par un utilisateur, peut ne pas appliquer le fichier robots.txt.
Faire classer une image, et la faire reprendre par les IA
- Une image originale et utile : ma photo, mon schéma, mon graphique. Une image de banque présente sur dix mille sites n'a aucune raison d'être choisie.
- Placée près du texte qu'elle illustre, avec une légende visible.
- Une vraie balise d'image, avec un texte alternatif qui décrit ce qu'on voit. Jamais une image de fond.
- Un nom de fichier parlant :
atelier-menuiserie-vaud.webpplutôt queIMG_7489.jpg. - Un format léger, WebP ou AVIF, décliné en plusieurs tailles.
- Pas de chargement différé sur l'image principale, qui pèse sur le temps d'affichage (section 18).
- Une adresse stable et unique par image, reprise dans un sitemap d'images.
- Des métadonnées de droits : auteur, crédit et licence, en données structurées et dans le fichier lui-même. Google peut alors afficher le badge « Licenciable ».
- Une image de partage déclarée dans la page, large d'au moins 1'200 pixels pour Discover.
- Un fichier robots.txt qui laisse passer les robots de recherche que je veux voir venir.
Un assistant ne cite que ce que son robot de recherche peut lire. Bloquer GPTBot n'empêche pas d'être cité dans ChatGPT ; bloquer OAI-SearchBot, si.
Mon observation, que personne n'a encore chiffrée : les graphiques de données originales, les schémas annotés et les tableaux sont mieux repris que les photos d'illustration, parce qu'ils portent une information vérifiable.
| Erreur fréquente | Correction |
|---|---|
| Une image en fond de page | Une balise d'image |
| Un texte alternatif vide ou bourré de mots-clés | Une phrase qui décrit l'image |
| La même image sous cinq adresses | Une seule adresse par image |
| Le logo comme image de partage | Une image qui représente le contenu |
| Une infographie publiée seule | Ses chiffres repris dans le texte de la page |
| Tous les robots d'IA bloqués d'un coup | L'entraînement bloqué, la recherche ouverte |
Dire d'où vient une image
| Dispositif | Ce que c'est | Limite |
|---|---|---|
| C2PA, ou Content Credentials | Des métadonnées signées sur l'origine et les retouches d'un fichier | Perdues quand une plateforme efface les métadonnées |
| Champ IPTC « Digital Source Type » | Une mention, dans le fichier, qu'une image a été créée par IA | Déclaratif |
| SynthID | Le filigrane invisible que Google place dans les images de ses modèles | Propre à Google |
| Article 50 du règlement européen sur l'IA | Le marquage lisible par machine des contenus synthétiques, et le signalement des hypertrucages | Applicable depuis le 2 août 2026 (détail en section 30) |
En Suisse, aucune loi n'impose aujourd'hui d'étiqueter une image générée. Le Conseil fédéral prépare un projet de régulation de l'IA pour fin 2026. Une entreprise suisse qui diffuse vers l'Union européenne reste concernée par l'article 50 (section 30).
Protéger ses images : trois objectifs à ne pas confondre
- Ne pas servir à l'entraînement : que l'œuvre n'entre pas dans un jeu de données.
- Ne pas être repris dans les réponses : qu'un assistant ne montre pas l'image à la place du site.
- Ne pas être imité : qu'on ne génère pas « à la manière de ».
Un moyen efficace contre l'un peut être inutile contre l'autre.
| Objectif | Moyen | Efficacité réelle | Coût en visibilité |
|---|---|---|---|
| Pas d'entraînement | Fichier robots.txt contre GPTBot, Google-Extended, CCBot, ClaudeBot et Applebot-Extended | Bonne pour les acteurs déclarés, nulle pour les copies déjà faites | Presque nul si la recherche reste ouverte |
| Pas d'entraînement | Réserve de droits lisible par machine (TDMRep, C2PA, signaux de contenu de Cloudflare) | La plus utile en droit européen ; son respect technique n'est pas mesuré | Nul |
| Pas d'entraînement | Blocage par Cloudflare | Efficace au niveau du réseau | Risque de bloquer aussi Googlebot |
| Pas de reprise dans les réponses | Bloquer OAI-SearchBot, PerplexityBot et Claude-SearchBot ; balise noimageindex pour Google | Bonne | Élevé : on disparaît des réponses et de Google Images |
| Pas de reprise dans les réponses | Filigrane visible | Moyenne : dissuasif, et utile devant un tribunal | Moins de partages |
| Pas d'imitation du style | Glaze, Nightshade | Faible face à un acteur motivé | Légère dégradation de l'image |
| Pas d'imitation du style | Basse définition, choix de ce qu'on publie | Moyenne | Qualité perçue en baisse |
Glaze et Nightshade, deux outils de l'Université de Chicago, ajoutent à l'image une perturbation invisible : le premier brouille l'imitation d'un style, le second empoisonne l'entraînement. Ils ont été téléchargés plusieurs millions de fois. Leur limite est documentée : en 2025, des chercheurs ont montré que des méthodes simples les contournent, et l'outil LightShed détecte Nightshade dans 99,98 % des cas avant de retirer la perturbation.
Depuis le 15 septembre 2026, Cloudflare bloque par défaut les robots d'entraînement et les agents sur les pages financées par la publicité, pour les nouveaux sites et les comptes gratuits. Le réglage demande de l'attention : pour un robot à double usage comme Googlebot, la règle la plus stricte s'applique, et bloquer l'entraînement peut bloquer la recherche.
Ce que dit le droit
- En Suisse, la loi sur le droit d'auteur ne prévoit d'exception de fouille de données que pour la recherche scientifique (art. 24d LDA). L'entraînement commercial n'est pas couvert expressément. Le Parlement a adopté la motion Gössi, qui demande de mieux protéger la propriété intellectuelle face à l'IA : un projet de loi est attendu.
- Dans l'Union européenne, la directive de 2019 sur le droit d'auteur autorise la fouille de données, sauf si l'auteur a exprimé une réserve lisible par machine. À Hambourg, dans l'affaire Kneschke contre LAION, la cour d'appel a jugé en décembre 2025 qu'une réserve rédigée en langage naturel ne suffisait pas pour la période en cause.
- À Munich et à Londres, les deux jugements de novembre 2025 présentés en section 20 tracent la limite : restituer une œuvre mémorisée par le modèle est une reproduction (GEMA contre OpenAI), mais les poids d'un modèle ne sont pas une copie (Getty Images contre Stability AI).
- Pour les personnes, l'art. 28 du Code civil suisse protège l'image et la voix : la victime d'un hypertrucage peut en demander la cessation et réparation.
Mon avis
Ce qui protège vraiment tient en trois gestes : ne pas publier en haute définition ce qu'on ne veut pas voir copié, poser une réserve lisible par machine qui pèsera devant un tribunal, et trier les robots un par un. Le reste est surtout symbolique : les balises « noai », les registres d'opposition dont personne ne mesure le respect, et l'idée qu'un filtre rend une œuvre impossible à apprendre.
L'arbitrage est simple à énoncer et dur à vivre. L'artiste qui vit de commandes doit être trouvé : il bloque l'entraînement, laisse la recherche ouverte, filigrane ses aperçus et garde ses originaux hors ligne. L'artiste dont le style est le produit se protège davantage et accepte d'être moins visible.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Un patron ne met son entreprise en vente que s'il est sûr de rester anonyme. Or une seule photo peut le trahir : la recherche d'image inversée retrouve une devanture en quelques secondes, et les coordonnées GPS dorment dans le fichier. Bien gérées, les images servent pourtant la transmission : les graphiques du baromètre et les cartes par canton peuvent être repris par Google et par les IA, et faire connaître les entreprises à reprendre.
En pratique.
- Supprimer les métadonnées de localisation à l'import, côté serveur, sans compter sur le vendeur.
- Refuser façades, enseignes, vitrines, véhicules lettrés, machines rares et vues par la fenêtre.
- Aucune personne reconnaissable, ni employé ni client.
- Préférer des visuels d'illustration, signalés sous l'image : « Image d'illustration, ne représente pas l'entreprise ».
- Faire une recherche inversée avant chaque publication : si l'image mène au site ou à la fiche Google Maps de l'entreprise, elle est refusée.
- Ne jamais réutiliser une photo déjà en ligne chez le vendeur, même recadrée.
- Fermer les images d'annonces à l'indexation et aux robots des IA, et laisser ouverts le texte des annonces, le baromètre et les guides.
Ses images triées, reste à faire parler de soi. Un article de presse a désormais un lecteur de plus : l'IA qui le citera.
Section 29
La couverture médiatique : un buzz vaut-il encore quelque chose ?
Quick take
Un article de presse vaut moins par ses lecteurs que par les IA qui le citeront et les clients qui le retrouveront en me vérifiant. Je préfère une donnée inédite chaque trimestre à un coup d'éclat par an.
Les avantages en 2026
- Les IA citent ce que vous ne possédez pas. Muck Rack a analysé plus de 25 millions de liens cités par ChatGPT, Claude et Gemini (mai 2026) : 84 % viennent de sources ni détenues ni payées par les marques, dont 27 % de journalisme. Les sites des marques pèsent 13,7 %, les contenus payés 0,3 %.
- Le communiqué seul ne sert à rien. Selon BuzzStream, les communiqués diffusés par agence de presse représentent 0,04 % des citations.
- Les journalistes cherchent avec l'IA. 82 % d'entre eux s'en servent pour leurs recherches, selon Muck Rack. Être cité par une IA, c'est aussi être trouvé par le prochain journaliste.
- La preuve se réutilise sur le site (section 12), dans les dossiers de partenariat et auprès des banques.
- La marque se cherche. Une mention fait monter les recherches de marque et le trafic direct, les deux portes qui résistent (section 11).
Deux réserves. Muck Rack vend un logiciel de relations presse, et précise lui-même que ce chiffre ne signifie pas que les relations presse pèsent 84 % de la visibilité : la part du journalisme est de 27 %. Par ailleurs, seuls 2 % des journalistes habituellement sollicités par les attachés de presse figurent parmi ceux que citent les IA. Il faut viser les titres spécialisés et régionaux, pas les grands noms.
Un buzz repris par les médias est-il une bonne chose ?
| C'est une bonne chose si | C'est un piège si |
|---|---|
| L'histoire porte ce que vous faites : on ne peut pas la raconter sans décrire le produit | On parle du ton ou de la polémique, pas de vous |
| Elle contient un fait ou un chiffre que d'autres citeront ensuite | Elle ne laisse aucune trace réutilisable |
| Votre nom est écrit correctement, avec un lien | L'article est derrière un mur payant, illisible pour les robots |
| Vous pouvez absorber l'afflux et répondre dans la journée | Le site tombe, personne ne répond |
Deux faits pèsent dans la balance. Les sources citées par les IA tournent en un à trois mois (section 15) : un coup unique s'efface, une cadence reste. Et la mémoire numérique est permanente : un buzz raté ressort à chaque vérification, ce qui coûte cher dans un marché aussi petit que la Suisse romande.
Faut-il créer des campagnes inédites ?
Oui pour l'angle, non pour le coup d'éclat en soi. Je distingue trois niveaux.
- La donnée inédite, le plus rentable. Un baromètre, une étude, un classement que personne d'autre ne peut publier. C'est répétable, cité longtemps, et sans risque.
- Le format inédit. Une façon nouvelle de montrer quelque chose de vrai : le Burgerpass comme objet (section 4), une œuvre d'art tirée du code source de Tayo (section 6). Inédit ici suffit : un format éprouvé ailleurs est une nouveauté pour un journaliste romand.
- Le coup d'éclat pur. Très aléatoire. Il ne se tente que s'il ressemble à la marque, avec un plan de crise prêt.
Avant de lancer, cinq questions :
- L'histoire se raconte-t-elle sans nous ?
- Quel chiffre restera cité dans six mois ?
- À qui cela peut-il nuire ?
- Que fait-on si cela prend trop, ou pas du tout ?
- Comment le recycle-t-on : radio, podcast, page du site (section 25) ?
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. L'histoire d'un boulanger qui a trouvé son successeur convainc dix autres patrons que c'est possible. Et un chiffre publié chaque trimestre installe la transmission dans le débat public, là où se décident les aides, les garanties et la formation des repreneurs.
En pratique.
- La campagne récurrente : le baromètre trimestriel (section 15), envoyé d'abord à la presse régionale et spécialisée.
- Les histoires : un cédant et son repreneur, avec leur accord, pour les quotidiens et les radios des cantons.
- Un format inédit : une carte des entreprises à reprendre par canton et par secteur, mise à jour chaque trimestre. Elle respecte l'anonymat des annonces, se partage et se cite.
Encore faut-il quelqu'un pour porter l'histoire. Certaines marques ont choisi de fabriquer ce visage plutôt que de le trouver.
Section 30
Les ambassadeurs générés par IA
Quick take
Un visage synthétique peut produire des visuels à la chaîne. Il ne remplace pas une relation, et il se déclare : depuis le 2 août 2026, le règlement européen sur l'IA l'impose pour les contenus qui imitent le réel.
Des pratiques testées dans plusieurs industries
Mode : H&M (2025). H&M a travaillé avec la société suédoise Uncut pour créer des « jumeaux numériques » de 30 mannequins réels, dont Mathilda Gvarliani et Vilma Sjöberg. Les mannequins restent propriétaires de leur jumeau, peuvent le licencier à d'autres marques et sont rémunérés à l'usage ; les images portent un filigrane. La première campagne est parue le 2 juillet 2025. Le syndicat britannique Bectu et des défenseurs des mannequins ont dénoncé le risque pour les emplois, notamment dans l'e-commerce. Aucun résultat commercial chiffré n'a été publié.
Mode : Guess dans Vogue (été 2025). Une publicité de deux pages pour Guess dans le numéro d'août 2025 de Vogue US utilisait des mannequins générés par l'agence londonienne Seraphinne Vallora, avec pour seule mention une petite ligne indiquant une production par IA. La mannequin Felicity Hayward a qualifié la démarche de « paresseuse et bon marché » auprès de la BBC ; l'association britannique Beat, spécialisée dans les troubles alimentaires, l'a jugée « inquiétante », et des lecteurs ont annoncé résilier leur abonnement. Condé Nast a précisé qu'aucun mannequin IA n'était jamais apparu dans le contenu éditorial de Vogue.
Influence : Aitana López (The Clueless, Barcelone). Selon ses créateurs, cette influenceuse virtuelle peut gagner jusqu'à 10'000 euros par mois, avec une moyenne d'environ 3'000 euros (Euronews, mars 2024). Ces chiffres sont déclaratifs et datent de 2023-2024.
Santé et cause : Lil Miquela et NMDP (2025). L'influenceuse virtuelle Lil Miquela a mené avec NMDP (registre américain de donneurs de moelle osseuse) une campagne narrative dans laquelle on lui diagnostique une leucémie ; selon MM+M, la campagne a généré plus de 5 millions d'impressions organiques. Chiffres fournis par l'organisation, et choix narratif discuté.
Cinéma : Tilly Norwood (2025). La « comédienne » IA créée par Particle6/Xicoia a provoqué fin septembre 2025 une levée de boucliers à Hollywood. Le syndicat SAG-AFTRA a déclaré que Tilly Norwood n'est pas une actrice, mais un personnage généré par un programme entraîné sur le travail d'innombrables interprètes professionnels, sans autorisation ni compensation.
Tourisme : « Emma », Office national allemand du tourisme (octobre 2024). Un avatar IA interactif présenté comme ambassadeur de marque, développé pour environ 60'000 euros selon un site spécialisé ; son compte Instagram comptait à peine plus de 1'000 abonnés au lancement, et des créateurs de voyage ont protesté. L'influenceuse IA « Venus » de la campagne italienne « Open to Meraviglia » aurait elle aussi suscité un engagement limité.
Banque et automobile. On ne trouve que des études de cas de fournisseurs (avatars en agence bancaire, par exemple) sans résultats vérifiés de manière indépendante. Il faut les traiter comme des arguments commerciaux.
Ce que dit la recherche
- L'étude « Muse Two » de Billion Dollar Boy (fieldwork Censuswide, juin 2025, 4'000 consommateurs aux États-Unis et au Royaume-Uni) indique que 76 % des consommateurs font confiance aux influenceurs virtuels pour des recommandations de produits, mais que seuls 26 % préfèrent le contenu de créateurs généré par IA (contre 60 % en 2023) et que 57 % estiment que les jumeaux numériques érodent la confiance. Résultats contradictoires, issus d'une agence ayant un intérêt commercial.
- Une étude publiée dans le Journal of Business Research (2025, 255 participants) montre que lorsqu'un influenceur virtuel promeut un produit défectueux, le public blâme la marque plutôt que l'influenceur : le marketing par influenceur IA peut nuire davantage à la confiance que le marketing par influenceur humain.
Obligations de transparence
- AI Act, article 50 : applicable depuis le 2 août 2026. Les systèmes d'IA qui interagissent avec des personnes doivent signaler qu'il s'agit d'une IA ; les hypertrucages, ou « deepfakes » (images, sons, vidéos générés ou manipulés ressemblant à des personnes, lieux ou événements réels) doivent être déclarés comme tels. Le règlement « Digital Omnibus » (UE) 2026/1744, entré en vigueur le 27 juillet 2026, a reporté les obligations des systèmes à haut risque (Annexe III) au 2 décembre 2027, mais n'a pas reporté l'article 50 ; seule l'obligation de marquage lisible par machine (art. 50, par. 2) bénéficie d'un délai jusqu'au 2 décembre 2026 pour les systèmes déjà sur le marché. Les sanctions peuvent atteindre 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial.
- Plateformes : Meta, TikTok et YouTube exigent l'étiquetage des contenus réalistes générés par IA.
- Suisse : pas de loi spécifique équivalente à ce jour, mais la LCD sanctionne les indications trompeuses, la nLPD protège l'image et la voix en tant que données personnelles, et le droit de la personnalité (art. 28 CC) protège contre l'utilisation non autorisée de l'image ou de la voix. Une entreprise suisse qui cible le marché de l'UE est concernée par l'AI Act.
Mon avis
Les ambassadeurs IA fonctionnent pour l'e-commerce à volume (variantes de visuels produits), avec consentement et rémunération des personnes clonées. Ils échouent quand ils remplacent une relation humaine sans le dire. Règle simple : si vous aviez honte que le public le découvre, déclarez-le ou ne le faites pas.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Presque rien, et c'est l'intérêt de l'exemple. On confie la vente de l'œuvre d'une vie à des personnes. Un visage synthétique affaiblirait la confiance dont dépend toute transmission.
En pratique. Pas d'ambassadeur synthétique pour porter la marque. Deux usages restent acceptables, à condition d'être signalés : des vidéos explicatives déclinées en quatre langues avec une voix de synthèse, et des visuels d'illustration pour des annonces anonymes, jamais présentés comme des photos de l'entreprise.
Le visage synthétique n'est que la tentation la plus visible. Une autre est plus discrète et bien plus grave : se servir des données qui traînent.
Section 31
Fuites de données et créer un « Cambridge Analytica pour soi-même » : le vrai risque !
Quick take
L'IA rend banal ce qui demandait une équipe entière à Cambridge Analytica : croiser des données, deviner des profils, cibler chaque personne. La tentation existe donc, et les fuites de données la nourrissent. Ma réponse est non : aucun gain ne vaut une condamnation pénale et une marque détruite, et les données que les clients confient d'eux-mêmes sont légales et plus efficaces.
Cette section traite du risque. Elle ne fournit aucun mode d'emploi pour acquérir ou exploiter des données volées.
La tentation
Un growth hacker expérimenté, outillé d'agents IA, pourrait être tenté par un raccourci : croiser des bases de données ayant fuité, enrichir des profils, inférer des traits psychologiques et micro-cibler des messages. Techniquement, l'IA abaisse la barrière : la classification de textes, l'inférence d'attributs et la génération de messages personnalisés à grande échelle sont devenues triviales. C'est précisément pour cela qu'il faut en parler.
Ce qui circule
Les fuites massives se succèdent : des compilations de milliards d'identifiants circulent régulièrement, souvent agrégées à partir de fuites plus anciennes et de logiciels espions (« infostealers »). La Suisse n'est pas épargnée : en 2023, le piratage du prestataire Xplain a conduit à la publication sur le darknet de données de l'administration fédérale. Je n'avance pas ici de chiffre global pour 2025-2026, car les décomptes publiés par les entreprises de cybersécurité mélangent souvent doublons et anciennes fuites.
Le rappel Cambridge Analytica
En 2018, on apprenait que Cambridge Analytica avait exploité les données de jusqu'à 87 millions d'utilisateurs Facebook, recueillies via une application de quiz, pour du ciblage politique. Conséquences : faillite de l'entreprise, amende de 5 milliards de dollars infligée à Facebook par la FTC en 2019, amende de 500'000 livres par l'ICO britannique.
Ce que dit la recherche sur l'efficacité. Une étude de Matz et al. (PNAS, 2017) a montré que des publicités adaptées à la personnalité inférée pouvaient augmenter clics et achats dans des expériences contrôlées. Mais de nombreux chercheurs ont souligné que l'efficacité électorale réelle de Cambridge Analytica était largement surestimée, en partie par l'entreprise elle-même à des fins commerciales. Leçon : le danger tient moins à une manipulation toute-puissante qu'à la violation massive des droits et à la perte de confiance.
Le cadre légal et pénal
- nLPD (Suisse) : traitement illicite de données, violation des devoirs d'information ; amendes pénales jusqu'à 250'000 francs visant les personnes physiques responsables.
- Code pénal suisse : l'accès indu à un système informatique (art. 143bis CP), la soustraction de données (art. 143 CP) et l'utilisation de données obtenues illicitement peuvent être poursuivis ; la question du recel appliqué aux données est débattue en doctrine, mais l'utilisation de données volées expose à des poursuites sur plusieurs fondements.
- RGPD (UE) : amendes jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial ; traitement de données sensibles (opinions politiques, santé) soumis à des conditions strictes ; profilage encadré.
- DSA (UE) : interdit aux plateformes en ligne la publicité ciblée fondée sur des données sensibles, et celle qui vise les mineurs.
Les risques réputationnels
Une seule révélation suffit à détruire une marque. Dans un marché aussi petit que la Suisse romande, la réputation est un actif non remplaçable.
Les alternatives légales (et plus efficaces)
- Données first-party : comportement sur votre site et dans votre produit, avec consentement.
- Données zero-party : ce que vos clients vous déclarent volontairement (quiz, préférences, enquêtes).
- Enrichissement licite : fournisseurs B2B conformes, registres publics (Zefix), données d'entreprise.
- OSINT (renseignement en sources ouvertes) encadré : sources publiques, finalité légitime, proportionnalité, documentation.
- Données synthétiques : pour tester des modèles sans exposer de personnes réelles.
Ma position : il n'existe pas de growth hack assez rentable pour justifier un casier judiciaire et une marque détruite. Les outils puissants exigent une éthique plus forte, pas plus faible.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Un patron ne vend sereinement que si personne ne l'apprend trop tôt. Si son nom fuit, ses salariés, ses clients et ses concurrents savent qu'il part, et l'entreprise perd de sa valeur avant même d'être vendue. La confidentialité n'est pas une contrainte technique : c'est la condition du but.
En pratique. Une plateforme de transmission est une cible avant d'être un utilisateur de données.
- Collecter le minimum, et cloisonner la data room dossier par dossier.
- Tenir un journal des accès et faire tester la plateforme chaque année (section 12).
- Préparer la notification : qui prévenir, en combien de temps, avec quel message.
- N'acheter aucun fichier de dirigeants, quelle qu'en soit la provenance annoncée.
Refuser les données volées ne règle pas la question de la persuasion. Pour savoir où passe la limite, il faut regarder ceux qui l'ont franchie le plus loin.
Section 32
Ce que la propagande des régimes autoritaires enseigne (et ce qu'il ne faut jamais copier)
Quick take
Les régimes autoritaires ont perfectionné la persuasion de masse. J'en retiens la forme, c'est-à-dire la clarté, la répétition et les rituels, et je laisse le mensonge. Le test : une tactique qui ne fonctionne que si le public ignore ce qu'on fait est une manipulation.
Section volontairement provocante, mais rigoureuse et critique. Il ne s'agit en aucun cas de faire l'apologie de ces régimes, responsables de crimes de masse, mais de comprendre des mécanismes de persuasion pour s'en protéger et distinguer ce qui est légitime de ce qui ne l'est pas.
La littérature de référence
- Edward Bernays, Propaganda (1928) : le neveu de Freud fonde les relations publiques modernes, puis théorise en 1947 l'« ingénierie du consentement ». Ses travaux ont été lus par Goebbels, rappel que les outils de persuasion sont neutres, leurs usages non.
- Jacques Ellul, Propagandes (1962) : la propagande moderne est totale, continue, et répond à un besoin des individus de donner du sens dans une société de masse.
- Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme (1951) : la propagande totalitaire vise moins à convaincre qu'à créer un monde fictif cohérent où les faits n'ont plus d'importance.
- Edward Herman et Noam Chomsky, Manufacturing Consent (1988) : même dans les démocraties, des « filtres » structurels façonnent l'information.
- RAND, « The Russian "Firehose of Falsehood" Propaganda Model » (Paul et Matthews, 2016) : volume élevé, canaux multiples, rapidité, répétition, absence d'engagement envers la vérité et la cohérence.
- Oxford Internet Institute, travaux sur la propagande computationnelle : documentent l'usage organisé de comptes automatisés, de trolls et de campagnes d'astroturfing par des gouvernements et des partis dans de nombreux pays.
Les mécanismes, analysés
| Mécanisme | Ce que fait la propagande | Version légitime en marketing | Ligne rouge |
|---|---|---|---|
| Répétition | Matraquer jusqu'à ce que le message paraisse vrai (effet de vérité illusoire) | Répéter un message vrai et cohérent sur tous les points de contact | Répéter un mensonge |
| Simplicité | Réduire le monde à un slogan | Une promesse claire, une phrase | Simplifier jusqu'à tromper |
| Symboles et rituels | Uniformes, saluts, défilés | Identité visuelle forte, rituels de communauté (événements récurrents) | Rituels d'exclusion ou de soumission |
| Ennemi commun | Désigner un bouc émissaire | Se positionner contre un problème ou un statu quo (« contre la paperasse ») | Désigner un groupe humain comme ennemi |
| Contrôle du récit | Censure, monopole de l'information | Une narration de marque cohérente | Faire taire les critiques, faux avis, suppression d'avis négatifs |
| Saturation des canaux | « Firehose » : inonder pour noyer la vérité | Présence multicanal cohérente | Spam, contenu IA de masse trompeur |
| Astroturfing et trolls | Faux soutiens populaires | Programmes d'ambassadeurs réels et déclarés | Faux comptes, faux avis, bots non déclarés : illégal (LCD, droit européen de la consommation) |
| Culte de la personnalité | Leader infaillible | Un fondateur incarné qui assume ses erreurs | Interdire la critique du leader |
| Mobilisation communautaire | Organisations de masse encadrées | Communauté qui crée de la valeur pour ses membres | Pression sociale, enfermement |
Les leçons à retenir
- La clarté gagne : un message simple, répété, cohérent bat un message brillant mais changeant.
- Les rituels créent l'appartenance : un rendez-vous régulier vaut mieux qu'une campagne ponctuelle.
- L'histoire prime sur l'argument : les gens retiennent des récits, pas des listes de fonctionnalités.
- La saturation sans vérité finit par détruire la confiance : les régimes qui mentent perdent leur crédibilité quand le réel les rattrape, les marques aussi, et plus vite.
Les lignes rouges
- Aucun mensonge factuel, aucun faux avis, aucun faux compte (LCD suisse, directive européenne sur les pratiques commerciales déloyales).
- Aucune désignation d'un groupe humain comme ennemi.
- Aucun ciblage fondé sur des données sensibles sans base légale (RGPD, nLPD, DSA).
- Aucun ambassadeur IA ou bot non déclaré (AI Act, article 50).
Ma conclusion : on peut emprunter à la propagande ses techniques de forme (clarté, répétition, rituels, récit) à condition de les mettre au service de la vérité et de la liberté de choix du client. Le jour où une tactique ne fonctionne que si le public ne sait pas ce qu'on fait, c'est de la manipulation.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Pour qu'un patron pense à transmettre plutôt qu'à fermer, il faut qu'il ait entendu, plusieurs fois et simplement, que c'est possible. La répétition honnête d'un message clair y suffit.
En pratique.
- Un message, répété partout : transmettre sans s'exposer.
- Un adversaire qui est un problème, pas un groupe : la fermeture d'entreprises saines faute de repreneur.
- Un rituel : le baromètre, à date fixe, chaque trimestre.
- La ligne rouge propre aux places de marché : ne jamais gonfler l'offre ni la demande. Aucune annonce fictive, aucun faux repreneur, aucun compteur arrangé. C'est la tentation classique du démarrage, et c'est une tromperie au sens de la LCD. Un repreneur trompé une fois ne revient pas.
Les lignes rouges sont tracées. Reste le terrain libre : voici ce que je vois le moins exploité autour de moi.
Section 33
Angles morts et pistes inédites
Quick take
Un levier rapporte tant que peu de monde s'en sert. Je cherche donc ce que mes concurrents ne regardent pas encore : les annuaires de connecteurs, les requêtes que les IA tapent à la place des clients, le français de Suisse, la radio locale. Aucune piste n'est une recette : ce sont des paris, à tester un par un.
- L'optimisation pour les agents acheteurs. Rendre son catalogue lisible et achetable par des agents (schema.org Product complet, UCP via Shopify, ACP via Stripe). Presque personne en Suisse romande ne le fait encore.
- La distribution via les annuaires MCP et les apps d'assistants. Lister un serveur MCP dans le registre officiel et proposer une app dans ChatGPT ou Claude, c'est occuper un nouveau store avant la foule.
- Les données propriétaires comme actif de citation. Un baromètre annuel, un indice de prix, une enquête : la monnaie du GEO.
- Les marchés de langue non anglaise. La plupart des outils et contenus GEO sont pensés en anglais. Le français de Suisse, avec ses spécificités juridiques et culturelles, est un marché de citation peu disputé. Attention : d'après le panel cité en section 15, un prompt français déclenche des recherches en français et en anglais, il faut donc exister dans les deux langues.
- Les canaux physiques et locaux. Radio régionale en croissance, courrier manuscrit, événements : coûts relatifs en baisse face à des canaux numériques saturés.
- Les outils gratuits comme aimants. Un calculateur, un générateur, un audit gratuit, d'autant plus faciles à construire avec le vibe coding, et naturellement cités par les IA.
- Les skills et serveurs MCP comme lead magnets. Publier une Agent Skill gratuite (par exemple « audit GEO selon la méthode X ») qui fait connaître votre méthode à chaque exécution. C'est exactement ce que fait ChatSEO en publiant ses skills GEO.
- Les communautés privées sur WhatsApp et Telegram. Les messageries sont devenues l'interface même des agents (OpenClaw est piloté via WhatsApp et Telegram) : les canaux et communautés y prennent une valeur nouvelle.
- Le programmatic SEO revisité. Des pages générées à l'échelle mais nourries de données réelles et uniques (comme l'annuaire des parcs à chiens démontré par Nicholas Dulait), et non du texte vide.
- La voix. Podcasts transcrits, chroniques radio, interfaces vocales des assistants : la voix d'un expert est un signal d'authenticité difficile à imiter crédiblement à long terme.
- Le contrôle des crawlers comme levier de négociation. Avec les modèles de type pay-per-crawl ou pay-per-use, un éditeur de niche pourrait monétiser l'accès à ses contenus de qualité.
- La conformité comme argument commercial. Être visiblement conforme à l'article 50 de l'AI Act et à la nLPD rassure les entreprises clientes, qui doivent elles-mêmes se conformer.
- Le fan-out comme étude de mots-clés. Suivre les requêtes courtes que les IA tapent dans Google plutôt que les prompts des utilisateurs. La méthode est publique depuis peu et presque personne ne l'applique en français (section 15).
- Les petits sites de niche plutôt que les grands médias. Selon le panel de la section 15, une mention sur un petit site pertinent est citée aussi longtemps qu'une mention environ cent fois plus chère dans un grand média. Un réseau de partenaires de niche, assumé et transparent, vaut mieux qu'un coup de presse.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Ces pistes ont un point commun : elles mettent une entreprise à vendre sous les yeux de personnes qui ne la cherchaient pas encore.
En pratique. Trois d'entre elles passent en premier : les données que LEEZ est seule à posséder (le baromètre), les requêtes courtes que les IA génèrent à la place de ses clients, et la présence dans les annuaires de connecteurs, où un repreneur demandera bientôt à son assistant de chercher pour lui.
Il reste trois leviers, plus anciens et plus rapides à lancer. Le premier a l'âge du web : le forum.
Section 34
Le forum à l'ancienne : un hack parfait ?
Quick take
Le forum redevient un levier en 2026, parce que les IA y lisent ce qu'elles ne peuvent pas inventer : une question précise et une réponse vécue. Le hack n'est pas d'ouvrir le sien, c'est de répondre là où la question est déjà posée. Il n'est pas parfait pour autant : dans un métier qui exige le secret, comme la cession d'entreprise, un forum libre ne tient pas. Il y faut des questions anonymes et des réponses signées.
Pourquoi les forums comptent de nouveau
- Les IA les lisent. Selon une analyse d'OtterlyAI portant sur plus d'un million de citations, les forums communautaires pèsent entre 5,9 % et 16,9 % des sources citées, selon l'assistant.
- Le format s'y prête. Une question précise suivie d'une réponse vécue est exactement ce qu'un modèle sait extraire.
- Ce qui se dit sur Discord ou WhatsApp est invisible pour les moteurs et pour les IA. Un forum public reste indexable pendant des années.
- L'expérience ne s'invente pas. Une IA ne peut pas raconter ce que la banque a demandé à celui qui a repris une boulangerie à Morges.
Une réserve : les chiffres sur Reddit se contredisent. Tinuiti mesurait une forte hausse des citations de Reddit fin 2025, le panel de la section 15 une chute dans les réponses françaises de ChatGPT à l'été 2026. Ma lecture reste la même : une grande plateforme saturée par les marketeurs finit rétrogradée, un petit forum de niche et précis reste cité.
Le hack : répondre là où la question est déjà posée
Je n'ai trouvé aucun forum suisse consacré à la transmission d'entreprise. Les discussions existent, mais ailleurs.
| Forum | Ce qu'on y trouve | Ce que LEEZ y ferait |
|---|---|---|
| English Forum Switzerland, rubrique « Business & entrepreneur » | Des fils d'expatriés sur l'achat d'une société suisse depuis l'étranger, la reprise par un non-Européen, la vente d'une boutique en ligne | Répondre en anglais aux acheteurs étrangers, une audience que les plateformes romandes ne servent pas |
| Mustachian Post, forum suisse d'épargnants et d'investisseurs | Un fil qui demande si quelqu'un a déjà racheté une petite entreprise en Suisse, avec des échanges sur le financement | Apporter des données : prix demandés par secteur, montage type entre fonds propres, banque et crédit vendeur |
À explorer aussi : les forums de frontaliers, les forums alémaniques d'entrepreneurs et surtout les forums de métiers. Avec 1'465 annonces en hôtellerie-restauration, les lieux où des restaurateurs parlent entre eux valent plus que n'importe quel forum généraliste. Avant d'y écrire, il faut lire les règles de chaque forum sur la présence des entreprises.
La méthode tient en cinq gestes :
- Lister trente fils existants, anciens compris, qui posent une question à laquelle LEEZ a une donnée. Un vieux fil bien classé est encore lu, par les humains comme par les IA.
- Répondre sous son vrai nom et sa fonction, avec un chiffre du baromètre, et sans lien dans la réponse. Le lien vit dans la signature du profil.
- Publier la réponse longue sur leez.ch, et n'y renvoyer que si quelqu'un la demande ou si les règles du forum l'autorisent.
- Proposer une séance de questions ouvertes, annoncée aux modérateurs, sur un sujet précis : par exemple reprendre un restaurant à Genève.
- Mesurer les recherches de marque, les visites venues du forum et les citations par les IA sur les requêtes concernées.
Les lignes rouges sont celles de la section 32 : aucun faux compte, aucun faux témoignage, un lien avec LEEZ toujours déclaré.
Faut-il ouvrir un forum sur LEEZ ?
| Pour | Contre |
|---|---|
| Du contenu de longue traîne écrit par les utilisateurs | La confidentialité : un patron ne peut pas discuter publiquement de sa vente sans inquiéter ses clients et ses salariés |
| Un format question-réponse lisible par Google, qui documente un balisage dédié aux forums et aux pages de questions, et par les IA | Le démarrage à froid : un forum vide fait fuir |
| Une raison de revenir entre deux annonces | La modération et la responsabilité : conseils fiscaux erronés, spam, propos diffamatoires |
| Un rôle visible pour les experts partenaires | Un petit marché en quatre langues, où la masse critique se divise |
Ma recommandation : des « Questions de transmission », pas un forum libre
- Des questions anonymes, posées sous pseudonyme, avec le canton et le secteur pour seul contexte, et relues avant publication.
- Des réponses signées par les experts partenaires, fiduciaires, avocats et courtiers, avec un lien vers leur fiche.
- Une page par question, balisée comme une page de questions-réponses.
- Cinquante questions réelles au lancement, tirées du support et des rendez-vous, pour que l'espace ne soit jamais vide.
- Le français d'abord, l'allemand ensuite.
Un critère d'arrêt, fixé d'avance : si l'espace ne reçoit pas une vingtaine de nouvelles questions par mois après six mois, LEEZ ferme le dépôt de questions et garde la base comme foire aux questions.
Les garde-fous : une mention rappelant que la réponse ne remplace pas un conseil personnalisé, aucun nom d'entreprise, et une modération avant publication. Les données des auteurs sont traitées conformément à la nLPD.
Le forum n'est pas la seule vieille idée qui retrouve un emploi. Tout un pan du web d'avant 2015 attend d'être ressorti, et une console de 1989 explique pourquoi.
Section 35
Les technologies oubliées (1990-2015) : ce que Nintendo nous apprend
Quick take
L'avantage ne vient pas de la technologie de pointe, mais de l'usage qu'on invente à une technologie mûre : c'est ce que Nintendo a montré avec le Game Boy. Le vieux web produisait du texte simple, ouvert, auquel on s'abonne. C'est exactement ce que lisent les agents de 2026, et presque plus personne ne s'en sert.

La leçon du Game Boy
En 1989, Nintendo lance une console portable que tout désigne comme dépassée. L'écran du Game Boy est monochrome, verdâtre, sans éclairage. Son processeur est un 8 bits d'une génération déjà ancienne. Ses concurrentes, la Lynx d'Atari puis la Game Gear de Sega, affichent des couleurs sur un écran lumineux.
Ce choix est voulu. Il porte la signature de Gunpei Yokoi, entré chez Nintendo en 1965 pour entretenir les machines de la chaîne de fabrication, devenu inventeur de jouets, puis père des Game & Watch en 1980 : des jeux de poche construits avec les écrans de calculatrice, alors bon marché et parfaitement maîtrisés. Yokoi a donné un nom à sa méthode, que l'on traduit par « la pensée latérale appliquée aux technologies éprouvées ». Le principe : ne pas courir après la technologie de pointe, mais prendre une technologie mûre, donc peu coûteuse, fiable et comprise de tous, et lui trouver un usage auquel personne n'avait pensé.
| Game Boy | Concurrentes en couleur | |
|---|---|---|
| Écran | Monochrome, sans éclairage | Couleur, rétroéclairé |
| Piles | Quatre | Six |
| Autonomie | Jusqu'à une trentaine d'heures | Trois à cinq heures |
| Prix | Le plus bas du marché | Nettement plus élevé |
Le refus de l'écran couleur, qui était alors la technologie de pointe, a donné au Game Boy son autonomie et son prix. Le public ne voulait pas le plus bel écran : il voulait jouer longtemps, partout, sans se ruiner. Le Game Boy et son successeur en couleur se sont vendus à 118,69 millions d'exemplaires. Les Game & Watch en avaient déjà écoulé 43,4 millions. Les concurrentes ont disparu.
J'en tire trois idées pour la croissance :
- La technologie mûre est bon marché, fiable et compatible avec tout. Personne ne la regarde, donc personne ne vous y concurrence.
- L'avantage ne vient pas de l'outil, mais de l'usage qu'on lui invente. C'est la moitié « latérale » de la formule, et la plus difficile.
- Le moment compte. Une vieille technologie redevient précieuse quand le monde autour a changé. En 2026, les formats simples du vieux web se trouvent être ceux que les agents d'IA lisent le mieux.
Pourquoi le vieux web redevient utile
- La plupart des robots des IA n'exécutent pas JavaScript (section 17). Les formats d'avant 2010 sont lisibles par construction.
- Le public s'y retrouve. Un cédant lit ses emails, imprime, téléphone.
À ressortir tout de suite
| Technologie | Née en | Ce que c'était | Ce que LEEZ en ferait |
|---|---|---|---|
| Flux RSS et Atom | 1999 | S'abonner aux nouveautés d'un site, sans algorithme | Un flux par canton, secteur et budget. Il alimente les alertes, les outils des courtiers et les agents IA : une source, trois usages |
| Alerte email en texte brut | 2003 | « Prévenez-moi quand… », popularisé par Google Alerts | L'alerte repreneur par critères, et un récapitulatif hebdomadaire par canton, écrit comme un email de personne à personne |
| Plan de site XML daté | 2005 | Dire aux moteurs ce qui existe et ce qui a changé | Un plan par canton avec des dates de modification exactes : la fraîcheur est un critère de citation |
| Agenda auquel s'abonner (.ics) | 1998 | Ajouter un calendrier externe au sien | L'agenda des rendez-vous de la transmission : soirées de sections, forums, webinaires des partenaires |
| Compteur public | vers 1996 | Le compteur de visites en bas de page | LEEZ le fait déjà à sa manière, avec un nombre d'annonces mis à jour chaque heure. À décliner par canton et par secteur |
À adapter
| Technologie | Née en | Ce que c'était | Ce que LEEZ en ferait |
|---|---|---|---|
| Annuaire classé à la main | 1994 | Des sites triés par des humains, comme Yahoo puis DMOZ | L'annuaire d'experts existe : l'enrichir par canton, spécialité et langue, avec une fiche à télécharger au format carte de visite |
| Bouton 88 × 31 et badges | vers 1996 | La petite image « partenaire de » | Un badge « Partenaire LEEZ » et, avec l'accord du cédant, « Entreprise transmise via LEEZ » |
| Wiki et glossaire | 1995 | Des pages de définition liées entre elles | Un glossaire de la transmission en quatre langues (goodwill, earn-out, crédit vendeur) : des définitions courtes, ce que les IA citent le plus volontiers |
| Liste de diffusion | années 1990 | Un email collectif pour une communauté fermée | Une liste privée des experts partenaires, pour faire circuler recherches de repreneurs et mandats |
| SMS | 1992 | Le message court | L'alerte pour un critère rare, sur consentement explicite |
| PDF et code QR | 1993 et 1994 | Le pont entre papier et web | Une fiche d'annonce et un rapport d'estimation propres à imprimer, et un code QR sur les courriers de la section 24 |
| Livre d'or | années 1990 | Les visiteurs laissent un mot | Des témoignages datés et signés de cédants et de repreneurs, avec leur accord |
| Notification du navigateur | 2015 | Une alerte sans application | L'alerte repreneur sur mobile, sans rien installer |
À laisser dormir
- Le forum libre : voir la section 34.
- Les anneaux de sites : des liens réciproques en série, que Google range aujourd'hui parmi les schémas de liens.
- OpenSearch (2005) : l'ancêtre de l'ouverture d'un site aux machines, remplacé par MCP et WebMCP (section 14).
- AMP (2015) : la leçon reste, des pages légères en HTML simple, pas le format.
- Flash, barres d'outils et fenêtres surgissantes : non.
Par où commencer
- Le flux par canton et par secteur. C'est la brique de base des alertes et d'un futur serveur MCP (section 14).
- L'alerte email en texte brut.
- Le glossaire en quatre langues.
Ces technologies ont fait leurs preuves il y a vingt ans. Et aujourd'hui, pour ceux qui partent de zéro ? 290 fondateurs ont publié leurs chiffres.
Section 36
D'autres idées, tirées d'Indie Hackers
Quick take
Sur 290 fondateurs qui publient leurs revenus, ceux qui dépassent 10'000 dollars par mois ont trouvé leurs premiers clients par contact direct trois fois plus souvent que les autres, auprès d'une cible très étroite. Ensuite, c'est le contenu et le SEO qui font grandir. La publicité payante est l'échec le plus cité.
Ce que disent 290 fondateurs
Fin septembre 2026, Isaac Harold a dépouillé un an de publications de fondateurs sur leurs revenus, dans douze communautés Reddit : 290 fondateurs, dont 209 disent d'où sont venus leurs premiers clients payants.
| Moins de 10'000 dollars par mois | Plus de 10'000 dollars par mois | |
|---|---|---|
| Premiers clients trouvés dans des communautés | Environ un tiers | 8 % |
| Premiers clients trouvés par prise de contact directe | Environ un sur dix | Un tiers |
| Fondateurs seuls | 82 % (groupe sous 1'000 dollars) | 22 % |
| Délai médian pour atteindre ce revenu | 4 mois (groupe sous 1'000 dollars) | 10 mois |
Trois enseignements :
- La prise de contact directe ouvre, elle ne fait pas grandir. Passé 10'000 dollars, c'est le contenu et le SEO qui reviennent le plus comme moteur de croissance. Le contact direct n'est le canal principal que pour 16 % d'entre eux.
- Les cibles sont étroites. Ceux qui réussissent par contact direct visent les responsables administratifs de cabinets dentaires ou les photographes de mariage, jamais « les petites entreprises ».
- La publicité payante est l'échec le plus cité : 87 des 144 fondateurs qui nomment un échec la mentionnent.
L'auteur signale lui-même les biais : des déclarations non vérifiées, Reddit surreprésenté, et seuls ceux qui ont réussi publient. Pour les produits grand public, le résultat s'inverse : aucun n'a commencé par le contact direct.
Dix idées et leurs exemples
| Idée | Exemple sur Indie Hackers | Comment la reprendre |
|---|---|---|
| Choisir un canal où la plateforme distribue pour vous | Zigpoll, outil de sondage tenu par un fondateur seul, à 125'000 dollars de revenu mensuel : la boutique d'applications de Shopify apporte environ un tiers de ses inscriptions | Être la meilleure option d'un annuaire, d'une boutique d'applications ou d'un répertoire de connecteurs (section 14) |
| Construire pour ceux qui vous installent chez leurs clients | Zigpoll encore : un quart des inscriptions vient d'indépendants et d'agences qui l'installent chez chaque client. Depuis que Zigpoll ne leur facture plus les intégrations, le revenu par compte a progressé de 24 % sans hausse de prix | Repérer qui vous recommande sans qu'on le lui demande, et lever ses freins |
| Mesurer les IA comme un canal | Chez Zigpoll, environ 14 % des nouvelles inscriptions arrivent par ChatGPT, Claude et Gemini. À l'inverse, un autre fondateur a posé à quatre assistants les 24 questions de ses acheteurs : son application n'est sortie aucune fois | Faire ce test sur ses propres requêtes (section 15) |
| Poser une question au moment de vérité | Sur la page de remerciement, demander ce qui a failli empêcher l'achat | Ajouter une seule question après l'action clé, et une autre à l'inscription : comment nous avez-vous connus ? |
| Faire de son canal son produit | Post Bridge, 35'000 dollars de revenu mensuel : son fondateur publie des vidéos presque chaque jour pour un outil de publication sur les réseaux sociaux | Choisir le canal où vos utilisateurs font déjà ce que votre produit facilite |
| Devenir le comparateur d'une niche | Runometry, comparateur de chaussures de course : 841 modèles, six langues, aucune publicité | Des pages générées à partir de données réelles, en plusieurs langues |
| Vendre la brique plutôt que l'application | Polotno, 60'000 dollars de revenu mensuel avec un composant que d'autres intègrent dans leur produit | Proposer son moteur à ceux qui ont déjà l'audience |
| Transformer une prestation en produit | Bulk Mockup : un script écrit pour un client, devenu un produit à 150'000 dollars par an | Regarder ce que vous refaites à la main pour chaque client |
| Racheter plutôt que construire | Chess.com, acheté 55'000 dollars, a atteint près de 200 millions de dollars de revenu annuel en vingt et un ans | Acheter un site, une newsletter ou un forum qui a déjà l'audience |
| Publier ses chiffres tôt | Le fondateur de Zigpoll regrette de ne pas avoir écrit publiquement dès le premier jour ; Buttondown a atteint un million de dollars de revenu annuel en jouant le temps long | Un rendez-vous d'écriture régulier, avec de vrais chiffres |
Ces revenus sont déclarés par les fondateurs eux-mêmes, et une partie des articles est réservée aux abonnés : je les cite comme des témoignages, pas comme des données vérifiées.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Ces fondateurs montrent qu'une petite équipe touche beaucoup de monde quand d'autres la distribuent. Pour la transmission, cela veut dire passer par ceux que le patron écoute déjà.
En pratique.
- Les fiduciaires sont les prescripteurs de LEEZ. Comme les agences de Zigpoll, ce sont elles qui l'amènent chez leurs clients. Rien ne doit leur coûter.
- Une cible étroite pour les prochains cédants. Les restaurateurs genevois proches de la retraite plutôt que « les patrons de PME », et par courrier manuscrit (section 24) plutôt que par email de masse, que la LCD encadre.
- Deux questions à poser. À l'inscription : comment avez-vous connu LEEZ ? Après l'estimation : qu'est-ce qui a failli vous faire renoncer ?
- Le rachat comme levier. Reprendre un annuaire, une lettre d'information ou un petit site d'annonces peut coûter moins que de bâtir leur audience. C'est le métier de LEEZ, appliqué à elle-même.
Tous ces leviers mènent à la même question : s'il suffit d'orchestrer des agents, que reste-t-il du métier ?
Section 37
Conclusion : l'avenir du métier de growth hacker en 2026
Quick take
En 2026, mon métier ne disparaît pas, il monte d'un étage. Les agents exécutent, testent et mesurent. Il me reste ce qu'ils ne savent pas faire : choisir les paris, raconter, et savoir quelle idée mérite qu'on risque sa réputation.

Du « hacker » à l'orchestrateur
Le growth hacker de 2015 cherchait la faille dans un canal. Celui de 2026 orchestre des agents qui exécutent, testent et mesurent, pendant qu'il se concentre sur trois choses : le choix des paris, la qualité du jugement et la confiance de la marque.
Les compétences qui montent
- Orchestration d'agents : MCP, skills, automatisations, garde-fous.
- Données : SQL, statistiques, mesure de la visibilité IA.
- Éditorial : capacité à produire des contenus et des données originales que les machines citent.
- Humain : animation de communauté, négociation de partenariats, présence physique.
- Juridique : nLPD, RGPD, AI Act, LCD comme réflexe, pas comme frein.
Les compétences qui baissent
La production de contenu générique, la gestion manuelle de campagnes, le reporting répétitif : les agents les font déjà.
Le marché de l'emploi
Le titre « growth hacker » devient rare ; ses missions se répartissent entre growth engineers, lifecycle marketers, spécialistes GEO et responsables de l'IA marketing. Les équipes se réduisent (une personne et dix agents), mais la demande pour les profils capables de relier produit, données et récit reste forte. Cette lecture est une analyse, pas une statistique.
Ce qui reste humain
Le goût, le courage de dire non, la relation de confiance, la rencontre physique, l'éthique. Les IA peuvent générer mille idées ; elles ne savent pas laquelle mérite que l'on risque sa réputation.
Prospective 2027-2030
- 2027 : les agents acheteurs deviennent un canal mesurable dans l'e-commerce ; les standards (MCP, UCP, ACP, WebMCP) se consolident.
- 2028 : la visibilité dans les assistants pèse autant que le SEO classique dans les budgets d'acquisition.
- 2029-2030 : la valeur se concentre sur trois actifs : les données propriétaires, la communauté et la confiance. Le growth hacker devient un architecte de ces trois actifs.
Ma conviction : ceux qui ne savaient qu'exécuter seront remplacés par des agents ; ceux qui savent décider, raconter et rassembler seront plus recherchés que jamais.
Appliqué à LEEZ
Ce que cela apporte. Les machines trouvent, trient et mettent en relation. La décision de transmettre l'entreprise d'une vie, elle, se prend entre des personnes. Tout le travail consiste à laisser aux machines ce qui fait gagner du temps, pour en rendre aux rencontres.
En pratique. Une petite équipe, des agents pour l'exécution (l'audit du site, la veille des citations, le contrôle mensuel), et des personnes pour ce qui ne se délègue pas : convaincre un patron de confier la vente de son entreprise, ou une association professionnelle de recommander LEEZ.
Continuons sur LinkedIn
Ce guide évoluera avec ce que le cas LEEZ m'apprendra. Pour suivre la suite, me contredire ou me raconter ce qui fonctionne chez vous, rejoignez-moi sur LinkedIn : linkedin.com/in/johanbavaud.
Sources
Les sources sont nommées dans le texte de chaque section. Voici les principales adresses.
- Nicholas Dulait sur X, données du panel Links Garden et méthode GEO : première publication (https://x.com/NicholasDulait/status/2105931560394330199), seconde publication (https://x.com/NicholasDulait/status/2093265964552856015)
- Billion Dollar Boy, étude « Muse Two » sur l'IA et l'économie des créateurs : billiondollarboy.com (https://www.billiondollarboy.com/news/new-research-real-impact-ai-creator-economy)
- Hive Security, la crise de sécurité d'OpenClaw : hivesecurity.gitlab.io (https://hivesecurity.gitlab.io/blog/openclaw-ai-agent-security-crisis-2026/)
- Ivinco, comparaison des protocoles UCP, ACP et MCP : ivinco.com (https://www.ivinco.com/blog/protocol-wars-ucp-acp-mcp)
- One FM et Radio Lac, audiences et DAB+ : onefm.ch (https://www.onefm.ch/categories/dab/feed/), radiolac.ch (https://www.radiolac.ch/categories/dab/feed/)
- MCP, spécification du 28 juillet 2026 : blog.modelcontextprotocol.io (https://blog.modelcontextprotocol.io/posts/2026-07-28/)
- WebMCP, documentation de Chrome : présentation (https://developer.chrome.com/docs/ai/webmcp), API déclarative (https://developer.chrome.com/docs/ai/webmcp/declarative-api)
- ACP : spécification sur GitHub (https://github.com/agentic-commerce-protocol/agentic-commerce-protocol), documentation d'OpenAI (https://developers.openai.com/commerce), Digital Commerce 360 sur le virage de mars 2026 (https://www.digitalcommerce360.com/2026/03/06/openai-shifts-checkout-plans-agentic-commerce-strategy/)
- UCP : ucp.dev (https://ucp.dev/), concepts de base (https://ucp.dev/documentation/core-concepts/), élargissement du conseil technique (https://ppc.land/amazon-meta-microsoft-salesforce-and-stripe-join-ucp-tech-council/), mise à jour de mars 2026 (https://www.semrush.com/blog/universal-commerce-protocol/), annonces de mai 2026 (https://searchengineland.com/google-expands-universal-commerce-protocol-and-launches-new-agentic-shopping-tools-478113)
- Cas LEEZ : leez.ch, listes de swisspeers (https://info.swisspeers.ch/firmensuche-schweiz)
- Embed et SEO : règles antispam de Google (https://developers.google.com/search/docs/essentials/spam-policies), JavaScript et référencement (https://developers.google.com/search/docs/crawling-indexing/javascript/javascript-seo-basics), qualifier les liens sortants (https://developers.google.com/search/docs/crawling-indexing/qualify-outbound-links), BizBuySell, annonces sur le site du courtier (https://www.bizbuysell.com/blog/how-to-make-your-bizbuysell-listings-appear-on-your-website/)
- Robots des IA et JavaScript : synthèse de seobro.com (https://seobro.com/blog/do-ai-crawlers-execute-javascript/)
- Arrêt Fashion ID : communiqué de la Cour de justice de l'UE (https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2019-07/cp190099en.pdf)
- Appareils : StatCounter, septembre 2026, monde (https://gs.statcounter.com/platform-market-share/desktop-mobile-tablet) et Suisse (https://gs.statcounter.com/platform-market-share/desktop-mobile-tablet/switzerland)
- Recherches sans clic : étude SparkToro et Similarweb (https://sparktoro.com/blog/in-2026-less-than-one-third-of-google-searches-still-send-a-click/)
- Trafic envoyé par les IA : SE Ranking (https://seranking.com/blog/chatgpt-referral-traffic-may-2026/), synthèse de l'étude Conductor (https://www.tryanalyze.ai/blog/ai-traffic-research), conversion mesurée par Adobe (https://www.elmohq.com/blog/ai-referral-traffic-conversion)
- Robots et humains : données Cloudflare Radar de juin 2026 (https://www.digitalapplied.com/blog/ai-crawler-bot-traffic-statistics-2026-data-reference)
- Usages en Suisse : IGEM Digimonitor 2026 (https://www.igem.ch/digimonitor/)
- Forums et citations par les IA : synthèse des chiffres OtterlyAI (https://www.getpassionfruit.com/blog/how-ai-search-treats-user-generated-content-reviews-forums-and-community-posts), rapport Tinuiti sur Reddit (https://www.cmswire.com/digital-marketing/reddits-rise-in-ai-citations-what-marketers-must-know-about-aeo-strategy/)
- Forums suisses : English Forum Switzerland (https://www.englishforum.ch/business-entrepreneur/), Mustachian Post (https://forum.mustachianpost.com/t/has-anyone-bought-a-small-business-in-switzerland/12605)
- Audit de site : serveur MCP Chrome DevTools (https://github.com/ChromeDevTools/chrome-devtools-mcp), seuils des Core Web Vitals (https://yassersoliman.com/blog/core-web-vitals-explained-marketers/), l'outil de désaveu en 2026 (https://almcorp.com/blog/google-disavow-tool/)
- Indie Hackers : l'analyse de 290 fondateurs (https://www.indiehackers.com/post/i-went-through-290-founders-mrr-posts-the-ones-past-10k-got-their-first-customers-a-different-way-ff0f3e5904), le cas Zigpoll (https://www.indiehackers.com/post/tech/hitting-125k-mrr-as-a-solo-founder-by-doubling-down-on-the-right-segment-c4o2Tfs6mjdpip5yZhaO), les autres exemples (https://www.indiehackers.com/)
- Crédibilité : enquête TrustedSite 2026 (https://www.trustedsite.com/resources/trust-badges), baromètre de confiance Edelman 2026, rapport sur les marques (https://www.edelman.com/trust/2026/trust-barometer/special-report-brands)
- Presse et citations par les IA : étude Muck Rack présentée par la PRSA (https://prsay.prsa.org/2026/10/01/ai-citations-spark-renaissance-moment-for-pr-and-communications), mise au point sur ce que mesure le chiffre de 84 % (https://machinerelations.ai/research/why-ai-citation-studies-disagree-source-register-2026), synthèse incluant le chiffre BuzzStream (https://www.shadow.inc/resources/earned-media-ai-citations)
- Campagnes virales : quinze cas analysés par DesignRush (https://www.designrush.com/agency/digital-marketing/trends/viral-marketing-campaigns)
- LEEZ : page de présentation
- Expérimentation : les taux de succès rassemblés par Ronny Kohavi (https://www.growthbook.io/blog/designing-a-b-testing-experiments-for-long-term-growth)
- Vrais fans : l'essai de Kevin Kelly (https://kk.org/thetechnium/1000-true-fans/), l'extension de Li Jin (https://a16z.com/1000-true-fans-try-100/)
- PME suisses : chiffres du portail PME de la Confédération (https://www.kmu.admin.ch/kmu/fr/home/savoir-pratique/politique-pme-faits-et-chiffres/chiffres-sur-les-pme/entreprises-et-emplois.html)
- Game Boy : Gunpei Yokoi (https://en.wikipedia.org/wiki/Gunpei_Yokoi), Game Boy (https://en.wikipedia.org/wiki/Game_Boy), Game & Watch (https://en.wikipedia.org/wiki/Game_%26_Watch)
- Images et IA : bonnes pratiques de Google pour les images (https://developers.google.com/search/docs/appearance/google-images), robots d'OpenAI (https://developers.openai.com/api/docs/bots), nouvelle politique de Cloudflare (https://techcrunch.com/2026/07/01/cloudflares-new-policy-pushes-ai-companies-to-pay-for-publishers-content/), limites de Glaze et de Nightshade (https://poisoning.ai/articles/lightshed-explained/)
- Images et droit : réglementation de l'IA en Suisse, point de SUISA (https://blog.suisa.ch/fr/ki-regulierung-stand-der-dinge/), GEMA contre OpenAI (https://se-legal.de/gema-openai-copyright-case-germany/?lang=en), Getty Images contre Stability AI (https://www.mishcon.com/news/getty-images-v-stability-ai-unpacking-the-high-courts-judgment), calendrier du règlement européen sur l'IA (https://www.gibsondunn.com/eu-ai-act-omnibus-agreement-postponed-high-risk-deadlines-and-other-key-changes/)
- Plateformes de transmission, annonces affichées le 5 octobre 2026 : CessionPME (https://www.cessionpme.com/), BusinessesForSale.com (https://www.businessesforsale.com/search/businesses-for-sale), BizBuySell (https://www.bizbuysell.com/businesses-for-sale/), Place des Commerces (https://www.placedescommerces.com/), BusinessBroker.net (https://www.businessbroker.net/about.aspx), RightBiz (https://www.rightbiz.co.uk/), DealStream (https://www.dealstream.com/businesses-for-sale), IndiaBizForSale (https://www.indiabizforsale.com/business/business-opportunities-for-sale), SEEK Business (https://www.seekbusiness.com.au/businesses-for-sale), CommercialRealEstate.com.au (https://www.commercialrealestate.com.au/business-for-sale/), Kumo (https://www.withkumo.com/), Bourse de la transmission de Bpifrance (https://reprise-entreprise.bpifrance.fr/), Bsale (https://www.bsale.com.au/businesses-for-sale), Daltons Business (https://www.daltonsbusiness.com/search/), BATONZ (https://batonz.jp/), nexxt-change (https://www.nexxt-change.org/SiteGlobals/Forms/Verkaufsangebot_Suche/Verkaufsangebotssuche_Formular.html), Fusacq (https://www.fusacq.com/), Brookz (https://www.brookz.nl/bedrijven-te-koop)
- Plateformes suisses de transmission, annonces affichées le 5 octobre 2026 : LEEZ, Remicom (https://www.remicom.com/fr/dernieres-offres), Firm4sale (https://www.firm4sale.ch), Capital First (https://capitalfirst.ch/fonds-de-commerce-entreprises-vendre/), Nachfolgeportal (https://nachfolgeportal.ch/marktplatz), Firmo (https://firmo.ch/kategorie/firmenangebote/), companymarket.ch (https://www.companymarket.ch/), présentation de Relève PME, mai 2026 (https://www.fmb-ge.ch/wp-content/uploads/2026/06/Pres_RPME-FMB-27052026.pdf), Business Broker AG (https://www.businessbroker.ch/de/firma-kaufen/angebote), Nachfolger-Börse (https://nachfolger-boerse.ch/angebote)
- Médias d'entreprise : The Furrow de John Deere (https://www.thedrum.com/news/2018/05/24/john-deere-the-og-content-marketer-how-its-123-year-old-magazine-endures), histoire du Guide Michelin (https://www.finedininglovers.fr/article/histoire-guide-michelin), audience de Coopzeitung et de Migros-Magazin (https://www.kleinreport.ch/news/wemf-zahlen-coopzeitung-und-migros-magazin-bleiben-unangefochtene-spitzenreiter-104919/), Red Bull Media House (https://www.redbullmediahouse.com/en/about-us/), rachat de The Hustle par HubSpot (https://blog.hubspot.com/marketing/why-hubspot-is-acquiring-the-hustle), arrêt de Future (https://mediagazer.com/221201/p17)
- Transmission d'entreprise en Suisse, repères tirés du guide de référence 2026 de LEEZ sur le financement de la reprise et relus sur leurs sources : CHDU sur le portail PME du SECO (https://www.kmu.admin.ch/de/sorgfaeltig-geplante-nachfolgen-staerken-langfristig-die-schweizer-wirtschaft), KMU Next dans Blick (https://www.blick.ch/wirtschaft/firmenuebergabe-experte-joerg-sennrich-sagt-was-es-zu-beachten-gilt-rund-ein-drittel-aller-nachfolgen-scheitern-id18208596.html), Banque cantonale de Zurich (https://www.zkb.ch/de/unternehmen/blog/firmen/nachfolge/firmenuebergabe.html), Centre Patronal, interview publiée par la FAE (https://fae-ge.ch/actu/releve-pme-catalyser-les-transmissions-pour-preserver-le-tissu-economique-romand/), Auditrium (https://www.auditrium.ch/blog/articles/aktiengesellschaft-verkaufen-in-der-schweiz), VZ, cas de MBO (https://www.vermoegenszentrum.ch/ratgeber/fachartikel/management-buy-out), commentaire de l'arrêt 4A_220/2013 (https://www.walderwyss.com/publications/1454.pdf), SG Nachfolge-Praxis, KMU Spiegel 2015 (https://www.sgnafo-praxis.ch/blog-25-kmufinanzierung/), Observatoire BCV des entreprises 2025 (https://mobile.bcv.ch/pointsforts/dans-le-canton/2026/observatoire-des-entreprises-2025/transmettre--fusionner--racheter.html)
- Croissance par le produit : glossaire de Pendo (https://www.pendo.io/glossary/product-led-growth/)
- Financement de la reprise : guide de référence 2026 de LEEZ, « Financer le rachat d'une entreprise en Suisse » ; étude de la Banque cantonale de Bâle sur la succession des PME du Nord-Ouest (https://www.bkb.ch/de/die-basler-kantonalbank/medien/medienmitteilungen/2025/bkb-studie-nachfolgeplanung-von-kmu-in-der-nordwestschweiz-viele-unternehmen-brauchen-eine-nachfolge)
Guide rédigé par Johan Bavaud, édition 2026.